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icône

icône (du gr. eikôn, image), dans les églises orientales, au sens large, toutes représentations religieuses en peinture, fresque ou miniature, mosaïque et même broderie (car la sculpture est interdite), mais , au sens étroit, peinture sur bois, faite sur une préparation spéciale. La Russie a particulièrement développé l’art de l’icône portative à partir du XIIe s. D’inspiration byzantine, empreinte de traditionalisme, sa technique ne varie pas; recouverte d’un vernis épais (l’olifa) et souvent noircie par la fumée des cierges, l’icône paraît sombre, ce qui ajoute à son mystère car elle est souvent réputée miraculeuse et objet d’une grande vénération et même de pèlerinage. Les fonds d’or sont fréquents, mais très souvent, depuis le XVIIe s., l’icône ne laisse voir que les peintures des visages et des mains, le reste du tableau étant recouvert de métal (généralement argent) : c’est l’«oklad», orné parfois de perles ou de pierres précieuses. Les personnages représentés répondent à des thèmes très précis. Les saints et les ascètes sont toujours barbus, longs et très maigres, aux yeux élargis pour exprimer leur vision céleste. L’icône est leur support terrestre, elle donne une certaine présence. Leur vénération est grande sans être de l’idolâtrie. L’inspiration toute byzantine doit écarter le réalisme. Les icônes sont gardées non seulement dans les églises, mais dans toute maison pieuse ; elles sont placées dans une petite chambre de prière ou dans un angle de la pièce principale et sont accompagnées d’une petite veilleuse : chez les Russes d’autrefois, ce coin constituait une chapelle. L’influence occidentale, particulièrement celle de l’italianisme vers le XVIIe s. en Russie, a écarté les peintres d’icônes de leur traditionalisme byzantin. Les icônes anciennes étaient peintes généralement dans des monastères où l’on pratiquait la division du travail; utilisant souvent des poncifs, certains moines dessinaient, d’autres peignaient les visages, d’autres les vêtements, mais l’œuvre était accomplie dans le silence et le recueillement, et même souvent le jeûne et la prière, ce qui se pratique encore au mont Athos. Dans la Russie nouvelle, on veut n’apprécier que le caractère artistique de l’icône et l’on enseigne et l’on pratique toujours cet art.

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