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Ibrahim Pacha (Cavalla, Roumélie, 1789-Le Caire 1848) ; vice-roi d'Égypte.

Ibrahim Pacha (Cavalla, Roumélie, 1789-Le Caire 1848) ; vice-roi d'Égypte. Deuxième fils de Mehmed Ali, pacha d'Égypte et fondateur de la dynastie qui régna en Égypte jusqu'en 1952, c'est un brillant chef de guerre : il réorganise l'armée de son père et montre ses capacités dans la guerre contre les wahhabites (1816-1818). En 1825 il aide le sultan ottoman contre les Grecs : il attaque la Morée, prend Navarin puis en avril 1826 Missolonghi. L'intervention de l'Angleterre, de la France et de la Russie l'oblige à lâcher prise en 1828. Mais l'Égypte, réorganisée et sûre d'elle, avait des ambitions : en 1831 éclate le premier conflit contre les Turcs. I. y participe avec une fougue remarquable : il franchit l'isthme de Suez, prend Gaza, Jaffa, Saint-Jean-d'Acre, et bat l'armée des Ottomans à Homs en juillet puis à Konya en décembre 1832. Il atteint Smyme et va marcher sur Constantinople, quand les puissances européennes interviennent : la naissance d'un nouvel Empire arabe les inquiétait. Mais elles ont des objectifs différents : la Russie soutient le sultan et met la main sur les Détroits ; la France est favorable à Mehmed Ali, l'Angleterre lui est hostile. Finalement la paix de Kutayeh (14 mai 1833) sauve le sultan en assurant au vice-roi d'Égypte la mainmise sur la Syrie. I. en devient le gouverneur et modernise le pays. En réalité le sultan Mahmoud II n'a pas dit son dernier mot : encouragé par l'ambassadeur anglais, qui est soucieux de contrecarrer l'influence russe à Constantinople et française en Égypte, il rouvre les hostilités. I. reprend du service et remporte la victoire de Nizib (24 juin 1839). Aussitôt après on apprend la mort du sultan et la défection de la flotte ottomane qui se livre à Mehmed Ali. L'Empire turc semble sur le point de tomber aux mains du pacha d'Égypte. Une fois de plus les puissances occidentales (sans consulter la France et au prix d'une crise européenne) contraignent I. à abandonner la Syrie (1840). C'est la fin du grand rêve d'expansion : dès lors I. se consacre à l'administration intérieure de l'Égypte, dont il devient vice-roi à l'abdication de son père en 1848, mais il meurt la même année. Bibliographie : Histoire de l'Empire ottoman, sous la direction de R. Mantran, 1989, p. 436-458.

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