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Hussein ibn-Talal (né à Ammân en 1935) ; roi de Jordanie [depuis 1953].

Hussein ibn-Talal (né à Ammân en 1935) ; roi de Jordanie [depuis 1953].

Il succède directement à son grand-père Abdallah assassiné en 1951 et assume le pouvoir dès 1953. L'héritage du « petit roi » est difficile. La présence en Jordanie d'une forte communauté palestinienne - les réfugiés et les populations de la Cisjordanie acquise à l'issue de la guerre de 1948-1949 -déstabilise un royaume récent (l'autonomie de la Transjordanie date de 1922) et dépendant (l'armée est commandée par l'Anglais Glubb Pacha de 1930 à 1956). Confronté d'abord à une opinion soulevée par le panarabisme (1956-1957), il se rapproche ensuite des dirigeants arabes et soutient en 1964 la création de l'OLP. La perte de la Cisjordanie en 1967 (guerre des Six Jours) et l'arrivée massive de nouveaux réfugiés palestiniens l'amènent à jouer un rôle important dans le conflit israélo-arabe. En septembre 1970, il fait massacrer les combattants palestiniens qui suscitent des représailles très dures d'Israël et constituent un dangereux contre-pouvoir. Il ne s'engage pas en 1973 mais il conteste la paix séparée de Camp David en 1978. Favorable à la création d'un État palestinien, il renonce à toute revendication sur la Cisjordanie en 1988 et il envoie une délégation commune avec les Palestiniens aux négociations de Madrid en 1991. À la tête d'un État fragilisé (70 % de la population est d'origine palestinienne) qui entame depuis peu une démocratisation : élections libres en 1989, H. a imposé une position modérée et originale (il a refusé de s'engager contre l'Irak en 1991) qui lui donne un rôle important au plan régional. A la suite de difficiles négociations avec le gouvernement Rabin, il conclut à Washington en juillet 1994 la fin de l'état de guerre avec Israël, puis signe le traité de paix d'Arava Crossing (26 oct. 1994).

Bibliographie : A. Gresh et D. Vidal, Les Cent Portes du Proche-Orient, 1992.

HUSSEIN ou HUSAYN Ibn Talal (Amman, 1935-). Roi de Jordanie depuis 1952. Petit-fils du fondateur de la monarchie hachémite (1946), Hussein fut élevé en Angleterre et monta sur le trône (1953) après la déposition de son père atteint de maladie mentale. Afin de rendre son pays pleinement indépendant et sous la pression des nationalistes pronassériens, il refusa d'adhérer au pacte de Bagdad (1955), décida le renvoi des conseillers britanniques dont Glubb pacha qui commandait alors l'armée et imposa le retrait des troupes anglaises. Afin de contrecarrer le panarabisme de Nasser, s'appuyant à l'intérieur sur les Bédouins, Hussein forma avec l'Irak une Union arabe (1958) - disloquée en 1959 par la mort de Fayçal - face à la création de la République arabe unie (union de l'Égypte et de la Syrie). Les multiples incidents de frontières entre la Jordanie et Israël dus aux actions palestiniennes (600 000 réfugiés) et l'opposition du parti Baath aggravèrent les difficultés du régime. Après la guerre des Six Jours contre Israël (1967), désastreuse pour la Jordanie qui perdait la Cisjordanie (région la plus riche) et Jérusalem, les Palestiniens, jugeant la politique d'Hussein trop modérée, menacèrent le trône. En septembre 1970, il lança son armée contre les fedayins et en 1971, fit éliminer les dernières bases de commandos palestiniens. Cette lutte affermit son pouvoir mais contribua aussi à isoler la Jordanie de la plupart des autres pays arabes et à durcir le caractère autoritaire du régime. Aidé financièrement par les Etats-Unis et l'Arabie Saoudite, Hussein se consacra au développement économique de son pays, resta à l'écart de la guerre du Kippour (1973) mais condamna les accords de Camp David signés en 1978 entre l'Égypte et Israël. Il se rapprocha de l'OLP avec laquelle il signa un accord en 1985. Dans le conflit Irak-Iran, il soutint l'Irak comme dans la guerre du Golfe. Voir Arafat (Yasser).

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