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Humbert Ier (Turin 1844-Monza 1900); roi d'Italie.

Humbert Ier (Turin 1844-Monza 1900); roi d'Italie. Lorsqu'il monte sur le trône (janv. 1878) pour succéder à son père Victor-Emmanuel II, il prend le nom d'Humbert Ier alors qu'il est le quatrième Humbert (Umberto) de la maison de Savoie, signe de la volonté - sur la pression des ministres - de distinguer la dynastie de Savoie de celle qui règne sur le nouvel État unitaire. Le jeune monarque et la reine Marguerite veulent donner au palais du Quirinal un lustre royal qui contraste avec la fin de règne bourgeoise de Victor-Emmanuel et de Rosina, son épouse morganatique. La vie de cour, les parties de chasse à l'anglaise, les grandes réceptions officielles - où sont invités les opposants de droite (la noblesse « noire ») et de gauche de naguère (Carducci, Crispi) - donnent ainsi une image nouvelle de la monarchie pié-montaise dans la Rome des papes dotée d'une architecture monumentale dite « hum-bertienne ». Le règne d'H., soucieux d'exercer pleinement les prérogatives garanties par le statut de 1848, est marqué à l'intérieur par le triomphe de la gauche modérée, le « transformisme » de Depretis, l'autoritarisme de Crispi - que le roi poussera finalement à démissionner (1896) - et le retour de la droite (Di Rudini). Les émeutes durement réprimées de 1894 et 1898, la tentative de régicide d'un chômeur (avr. 1897) donnent la mesure de cette fin de siècle marquée par la montée des conflits sociaux et de l'opposition politique. A l'extérieur, il favorise l'adhésion du pays à la Triple-Alliance (1882), se lance dans l'aventure coloniale (1885) et fait de l'Érythrée une colonie italienne (1890) avant de subir l'humiliante défaite d'Adoua (1896). Le 29 juillet 1900, le roi est assassiné à Monza par Gaetano Bresci, un anarchiste italien émigré aux États-Unis que son groupe du New Jersey a chargé de venger la répression de 1898. Ses cendres reposent à Rome au Panthéon.

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