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HONGKONG ou HONG KONG, Xiang-gang, « port parfumé » en chinois

Région administrative spéciale de la République populaire de Chine et ancienne colonie britannique, de 1842 à 1997. Le territoire est composé de l'île Victoria (île de Hongkong proprement dite), de la péninsule de Kowloon et des Nouveaux Territoires (comprenant la zone située au N. de Kowloon et de nombreuses îles, dont Lan Tao). Avant l'arrivée des Britanniques, l'île de Hongkong n'était qu'un petit port de pêche. Vainqueurs de la première guerre de l'Opium (1839/42) (v.), les Britanniques annexèrent cette île lors du traité de Pékin (1842), puis la péninsule de Kowloon lors de la convention de Nankin (1860). Les Nouveaux Territoires firent, en 1898, l'objet d'un bail cédé par les Chinois pour une durée de quatre-vingt-dix-neuf ans. Hongkong fut un port franc dès sa création et devint progressivement un grand port d'entrepôt. Les Britanniques en firent également une importante base navale. À partir de 1890 Hongkong servit de relais entre la Chine et le monde extérieur. Plus de 50 % des exportations britanniques vers la Chine transitaient par la colonie. Parallèlement aux activités légales, la contrebande et le trafic d'opium notamment y prirent une ampleur considérable. Les autorités britanniques tolérèrent ce genre d'activités car celles-ci, difficilement contrôlables, représentaient un intérêt économique et financier non négligeable pour la colonie. Les sociétés secrètes, comme la Triade, s'y établirent donc dès le début de la colonisation ; en cadrant la plupart des habitants de Hongkong, celles-ci furent très actives dans tous les domaines de la vie sociale et économique. Sur le plan politique, Hongkong a longtemps été une plaque tournante pour les différents mouvements révolutionnaires que la Chine a connus jusqu'en 1949, et accueillit de nombreux républicains et révolutionnaires chinois au début du XXe siècle (dont Sun Yat-sen) (v.). Après quatre années d'occupation japonaise (1941/45), Hongkong connut un taux de croissance économique très élevé (environ 10 % par an en moyenne pour une trentaine d'années). En 1949, plus de 200 000 Chinois fuyant la Chine devenue communiste s'y installèrent ; ils apportèrent une part importante du capital financier chinois, et contribuèrent beaucoup à l'industrialisation de la colonie. En trente ans, Hongkong devint un centre industriel important (textile et confection), orienté vers l'exportation. À partir de 1970, elle commença à se diversifier dans les domaines de l'électronique, de l'informatique et des services. Dans les années 1980, ce nouveau pays industrialisé (NPI) était le deuxième centre financier d'Asie et une plaque tournante du commerce mondial. Premier partenaire commercial de la Chine, Hongkong constituait pour Pékin au moment de son ouverture vers l'extérieur une indispensable source de devises, jouant ainsi un rôle non négligeable dans la modernisation du continent. La colonie restait cependant dépendante du continent, notamment pour les approvisionnements en vivres, en eau et en électricité. L'approche de la date de la restitution des Nouveaux Territoires provoqua en 1982 une grave crise de confiance à Hongkong. Le taux de croissance chuta à 2,4 %, alors qu'il était de 11 % en 1981. Les négociations sino-britanniques s'engagèrent sur l'avenir de l'ensemble de la colonie, qui ne pouvait subsister sans les Nouveaux Territoires. Un accord fut signé le 19 déc. 1984 entre les deux pays, prévoyant la restitution de la colonie à la Chine le 1er juill. 1997. Pékin promit de maintenir pendant cinquante ans le système capitaliste à Hongkong, pour laquelle fut prévu un statut de « zone administrative spéciale » (ZAS). Malgré ces promesses, la perspective de l'échéance de 1997 provoqua un début d'exode. Selon les statistiques officielles, plus de 100 000 personnes (notamment les plus fortunées et les plus qualifiées) émigrèrent de Hongkong durant la période 1984/88. Afin de fixer les élites locales tentées par l'émigration, la Grande-Bretagne accorda en 1990 la pleine citoyenneté à une partie infime des habitants de la colonie, ce qui, pour Londres, devait constituer une forme « d'assurance » pour les intéressés et fut considéré par Pékin comme un moyen de contrôle sur Hongkong après l'échéance de 1997. La fuite des cerveaux et des capitaux se ralentit dans les années 1990, une partie des émigrés revinrent y faire des affaires, munis d'un passeport étranger (surtout canadien et australien). En 1989, Hongkong fut une base de soutien pour les manifestants de Tian' anmen. Après une courte période d'inquiétude et d'indignation, les habitants de Hongkong se résignèrent à la situation politique en Chine continentale en cherchant à tirer profit de la formidable croissance de son marché. 0002000002B60000126A 2B0,En 1992, une libéralisation de la vie politique de Hongkong a été impulsée par le gouverneur Chris Patten. Le sort de cette démocratie asiatique, balbutiante, a progressivement constitué l'un des défis majeurs du processus de rétrocession de Hongkong à la Chine. Un Conseil législatif (Legco) fut démocratiquement élu le 17 sept. 1995, mais dès avant la rétrocession de Hongkong à la Chine le 1er juill. 1997, Pékin remplaça le Legco par une assemblée nommée et docile, principalement composée d'hommes d'affaires et dirigée par Tung Chee-hwa. Critiqué à cause d'une augmentation massive du chômage, celui-ci vit cependant le soutien de Pékin nettement réaffirmé à la fin de l'année 2000.

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