HOMME (droits de l')
L'idée des droits de l'homme est une idée fort ancienne. Il faut sans doute remonter aux stoïciens pour mettre au jour un système de pensée universel selon lequel chaque disciple du sage inscrit son action dans sa cité et plus largement dans l'humanité. À Rome, le sage refuse, en l'ignorant le despotisme imposé par un pouvoir, qu'il soit politique, social, religieux. En mettant en avant l'idée essentielle que chacun peut trouver son chemin, le christianisme affirme l'universalité et la liberté de la conscience. La révolution spirituelle du XVIe s. place l'homme, l'individu seul devant Dieu : le roi, le pouvoir temporel ou le pouvoir spirituel n'ont plus l'exclusivité de la lecture vraie des textes religieux. C'est alors l'émergence de l'homme comme individu doté de droits intellectuels et moraux inattaquables. Il faut attendre l'époque moderne pour que l'idée de déclaration transforme ces droits en loi écrite et positive. La Constitution américaine de 1776 affirme les droits essentiels des citoyens américains : ils sont libres (car ils sont propriétaires), désireux de s'émanciper de la puissance coloniale. C'est l'acte de naissance du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ». La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, adoptée le 26 août 1789 par l'Assemblée constituante, est l'archétype de toutes les déclarations à venir : elle dit simplement les « droits naturels » des individus, et souhaite les rendre obligatoires en les rendant constitutionnels. Cette déclaration énonce les droits inaliénables de l'individu : « la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression ». C'est un événement capital dans l'histoire de France et dans l'histoire du monde. La Déclaration des droits de l'homme de 1793 ou de l'an I pousse les perspectives plus loin, reconnaît le droit au travail et à l'insurrection, donne comme but à la société le « bonheur commun ». Elle ne fut jamais mise en application. La Déclaration des droits et des devoirs de l'homme et du citoyen du 5 fructidor an III traduit un retrait en limitant les droits par des devoirs ; elle donne la propriété comme la base de la société « civilisée ». Le préambule et les premiers chapitres de la Constitution du 4 novembre 1848 instaurant la IIe République affirment l'existence de droits individuels antérieurs ou supérieurs au droit de l'État, en y ajoutant les premiers éléments d'un droit social ainsi que la proclamation de la liberté de l'enseignement. L'Assemblée générale de l'ONU a adopté la Déclaration universelle des droits de l'homme le 10 décembre 1948 à Paris. Elle marque ainsi le souhait véritable d'une constitutionnalisation des droits élargis au monde entier. Cette déclaration est l'écho direct de la déclaration de 1789, même sans y faire explicitement référence. La Convention européenne des droits de l'homme a été signée à Rome le 4 nov. 1950 ; la Convention interaméricaine des droits de l'homme a été signée en 1969. La Convention des droits de l'enfant date du 20 nov. 1989.
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