GUERRE DU GOLFE (première)
La dénonciation, le 17 septembre 1980, par l’Irak de l’accord d’Alger en 1975 portant sur la délimitation de la frontière avec l’Iran dans le Chatt el-Arab est à l’origine de l’une des guerres les plus longues et plus meurtrières de la seconde moitié du XXe siècle. L’armée irakienne pénètre au Khouzistan iranien le 23 septembre. La contre-offensive iranienne commence le 24 mars 1982. L’Irak propose à plusieurs reprises un armistice, mais l’Iran poursuit ses offensives de reconquête. En mars 1988, l’Irak est dénoncé pour avoir employé des armes chimiques pour reprendre la ville kurde irakienne de Halabdja. Le 18 juillet 1988, l’Iran accepte la résolution 598 (1987) du Conseil de sécurité de l’ONU et n’exige plus que l’Irak soit désigné comme l’agresseur. Un cessez-le-feu entre en vigueur le 20 août et des pourparlers de paix commencent à Genève le 25 août. La guerre aurait fait entre 500 000 et 1 000 000 de morts. Pendant le conflit, quoique agresseur, l’Irak de Saddam Hussein a profité de la bienveillance des puissances occidentales et de leurs alliés régionaux inquiets de la révolution khomeyniste de 1979 en Iran.
GOLFE (Guerre du, 17 janvier-28 février 1991). Nom donné au conflit qui opposa les États-Unis et leurs alliés (Royaume-Uni et France), sous l'égide de l'ONU, à l'Irak de Saddam Hussein après l'annexion du Koweït par ce dernier (août 1990). L'Irak, saigné à blanc par la guerre contre l'Iran (1980-1988) et qui convoitait depuis longtemps l'émirat du Koweït pourvu d'énormes richesses pétrolières, prit comme prétexte au conflit le refus du Koweït de respecter les quotas imposés par l'OPEP, contribuant ainsi à la stagnation du prix du pétrole. Il se heurta à l'intransigeance du président américain George Bush, soucieux non seulement d'affirmer le principe d'inviolabilité des frontières à moins d'un accord international mais aussi d'empêcher l'Irak de contrôler une importante partie du pétrole du Moyen-Orient et de détruire son potentiel militaire (notamment nucléaire). Après la résolution 678 du conseil de sécurité de l'ONU autorisant le recours à la force contre l'Irak, l'opération « Tempête du désert » fut déclenchée (17 janvier 1991). Sous le commandement militaire américain, avec la participation non seulement de la France et du Royaume-Uni mais aussi d'États de la région comme l'Arabie Saoudite, l'Égypte et la Syrie, l'opération (aérienne et terrestre), qui mit en oeuvre des armes particulièrement sophistiquées, se termina par la défaite de l'armée irakienne.