Garlande ; famille française, xie-xiiie siècle.
Garlande ; famille française, xie-xiiie siècle. L'origine du lignage des G., qui a occupé une position aussi essentielle qu'envahissante et contestée auprès des Capétiens, est obscure. Il s'agit sans doute d'une famille de chevaliers et moyens seigneurs, posses-sionnés à Noisiel, Lagny, peut-être Senlis, bientôt Paris même où ils donnent leur nom au célèbre « clos Garlande », vignoble proche de la place Maubert et dont le souvenir est perpétué par l'actuelle rue Galande. Les G. se propulsent au premier rang à la fin du XIe et dans les premières années du XIIe siècle, bénéficiant manifestement de la faveur du jeune prince Louis (le futur Louis VI), qui gouverne de fait le royaume, et surtout l'étroit domaine royal, avant même la mort de son père Philippe Ier en 1108. Les cinq frères Gilbert, Etienne, Anseau, Guillaume et un autre Gilbert se taillent une place prépondérante dans l'entourage du Capétien, au prix de multiples revers et disgrâces (1104-1105, 1127-1132) et de solides inimitiés chez d'autres lignages (Bouteillers de Senlis, Rochefort) ou conseillers du roi (Suger). Gilbert, Anseau, Guillaume, Étienne même en dépit de son statut de clerc, sont successivement sénéchaux royaux. Gilbert y ajoute un temps la bouteillerie. Étienne, qui est aussi chancelier du roi (1105-1106-1127 et 1132-1137), accumule les bénéfices ecclésiastiques (chanoine puis doyen d'Orléans, archidiacre de Paris, doyen de Sainte-Geneviève de Paris), mène de sombres intrigues dans l'Église parisienne, échoue à se faire reconnaître comme évêque de Beauvais (1101-1104) et de Paris (1113). Le règne de Louis VII met un terme à cet envahissement. Si Manassès de G. devient évêque d'Orléans (1146-1185), la famille se fait plus discrète à la cour. Il faut attendre le règne de Philippe Auguste, pour retrouver deux G., Guillaume père et Guillaume fils, à une position élevée. Guillaume père combat à Gisors et à Mantes, lors des campagnes de 1188, et il est l'un des membres de la régence en 1190. Son fils accompagne le roi à la croisade. À la veille de la conquête de la Normandie, Guillaume, probablement le fils, commande un contingent de troupes à la frontière ; il se voit ainsi confier Neufmarché. Plus tard, il se trouve à Bouvines, auprès du roi. Sur le plan administratif, il rend des jugements sur la régale de Châlons en 1202 et sur les droits forestiers du comte de Soissons en 1215. Les services militaires de Guillaume lui valent des récompenses. Des pensions lui sont accordées (1202-1203) et le roi donne des terres à celui qui est désigné comme « notre ami et féal » et « notre chevalier ». Un réseau serré d'alliances accompagne cette réussite. Guillaume épouse la sur de Gaucher de Châtillon en 1193 et ses trois filles épousent le comte de Beaumont, le comte de Grandpré et l'échanson du roi. Les chartes royales concernant les G. sont si nombreuses qu'un scribe de la chancellerie les compile dans un dossier spécial, les Carte Guillelmi de Gallanda. Ce dossier est constitué en 1216 peu après la mort de Guillaume, lorsque la cour royale adjuge son héritage aux époux de ses trois filles.
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