Frédéric III (1415-1493) ; roi allemand [1440-1493], empereur [depuis 1452].
Frédéric III (1415-1493) ; roi allemand [1440-1493], empereur [depuis 1452]. Le Habsbourg F. est élu roi le 2 février 1440, à l'âge de vingt-cinq ans (couronné le 17 juin 1442 à Aix-la-Chapelle). Depuis 1435, il était duc en Styrie, Carinthie et Car-niole. En 1439, deux décès lui permettent de commencer une recomposition de la nébuleuse des terres Habsbourg : il s'assure du Tyrol après la mort du duc Frédéric IV et saisit la tutelle des fils de son cousin, le roi Albert II/. Il hérite de la Haute- et Basse-Autriche après la mort de Ladislas le Posthume (1457) et de son frère le duc Albert (1463). L'état des terres et des finances est compromis, F. ne peut retenir que de vagues prétentions sur les royaumes de Bohême et de Hongrie (il se fait proclamer antiroi contre Mathias Corvin en 1459 et reçoit l'expectative du royaume en 1463, pour le cas où celui-ci mourrait sans enfant) ; en 1485 même, Mathias Corvin envahit l'Autriche et occupe Vienne, qui n'est reprise qu'en 1490. F. développe pourtant les visées impériales de la maison d'Autriche (c'est à lui que l'on doit la devise AEIOU, Austriae est imperare Orbi universo : « Il appartient à l'Autriche de gouverner l'univers » [chrétien]), alors même que la conscience nationale allemande se fait plus aiguë (c'est en 1477 qu'apparaît l'expression Romanorum Imperium nationis germanicae / « heilig römi-sches Reich der deutschen Nation »). Couronné empereur à Rome le 19 mars 1452, F. est en Allemagne confronté à un manque chronique de ressources et à la puissance des pouvoirs locaux et régionaux, qui laissent peu de marge à une action tenace, mais lente et prudente. Il légifère pourtant, promouvant la lutte contre les guerres privées. Le comte palatin du Rhin Frédéric le Victorieux et le marquis de Brandebourg Albert-Achille sont parmi ses adversaires les plus acharnés. Choisissant la neutralité dans le conflit ouvert entre le pape et le concile de Bâle, F. soutient en fait Eugène IV. Il en retire le « concordat de Vienne », conclu avec Nicolas V (1448, en vigueur jusqu'en 1806). Les principaux autres éléments de sa diplomatie sont son mariage avec Eléonore de Portugal, fille d'Alphonse V de Naples-Aragon, et ses relations avec la Bourgogne de Philippe le Bon et Charles le Téméraire. Après une rupture en 1474, il fiance son fils Maximilien à la fille et héritière du duc, Marie (1475), ce qui, après la mort du Téméraire, entraîne un considérable accroissement de la puissance Habsbourg. Le 16 février 1486, son fils Maximilien est reconnu roi (« roi des Romains »), sans que F. abandonne le gouvernement, contrariant plus d'une fois celui de Maximilien. Critiqué à la fois pour son attentisme et son autoritarisme, F. a fait tout son possible pour restaurer, dans l'ombre, la puissance Habsbourg, jusqu'à sa mort, survenue le 19 août 1493 à Linz. Bibliographie : F. Rapp, Les Origines médiévales de l'Allemagne moderne (1346-1519), 1989.
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