Formuler la problématique (Méthodologie de la dissertation)
Méthodologie : La Construction Dialectique du Problème
Après l'analyse du sujet...
Cette méthode vise à construire le paradoxe au cœur du sujet pour aboutir à une problématique riche et justifiée.
1. Construire la Dialectique (Thèse X et Antithèse Y)
Thèse X (Première Réponse) :
Formuler une première réponse à la question, basée sur une première définition des concepts en jeu.
Elle correspond souvent à l'idée la plus évidente ou à l'opinion courante.
Elle doit être considérée comme valable mais limitée.
Antithèse Y (Opposition) :
Introduire l'antithèse Y en utilisant une opposition dialectique forte comme POURTANT ou CEPENDANT.
Cette antithèse doit être également vraie (ou du moins recevable) mais entrer en contradiction ou en tension avec la Thèse X.
Elle met au jour le caractère incomplet ou insuffisant de la définition utilisée pour la Thèse X.
2. Formuler le Problème et ses Enjeux
Une très bonne façon de faire est d’articuler la problématique en un petit cheminement :
- Pourquoi peut-on penser que X ?
- Pourquoi peut-on, au contraire, soutenir que Y ?
- Comment concilier ces deux positions ou dépasser leur opposition ?
3. Exemple pour le sujet : « Faut-il oublier la mort ? »
Question ouverte.
Thèse = Oui, il faut oublier/ ne pas penser à la mort. Pourquoi ?! Car elle est effrayante. Les hommes ont peur de la mort (1a). Car, en pensant à la mort, je peux oublier qu’il y a une vie avant la mort ! (1b) Car elle est impensable et indicible (1c).
Antithèse = Non, il ne faut pas oublier / il faut penser à la mort. Pourquoi ?! Car la vie serait invivable sans la mort (2a). Car philosopher, c’est apprendre à mourir (2b). Car la mort est inéluctable et omnipotente (2c).
3. Proposer une « Sortie de Crise » ou synthèse.
Dépassement (Perspective) : Proposer une suggestion de dépassement de l'alternative initiale (la Thèse Y) pour orienter vers une troisième perspective (qui correspondra à la 3ème partie de votre devoir) = Thèse Z
SYNTHESE (réconciliation Th et AnTh) = Vivre cet instant comme si c’était le dernier. Primultimité : chaque nouvelle fois peut être aussi la dernière fois. Vie intensifiée par la mort. Mort comme grand stimulant de la vie. Vie intense et libre. Cf. dissertation d’exemple.
PROBLEMATIQUE : Faut-il chercher à oublier la mort pour vivre plus sereinement, en se préservant de l’angoisse qu’elle suscite ? CEPEDANT / POURTANT, ne risque-t-on pas, en ignorant la mort, de se priver d’une compréhension essentielle de l’existence, puisque la finitude donne sens ? Comment alors penser la mort de manière à ne ni la fuir ni la subir, mais à en faire un aiguillon qui intensifie l’existence, afin de vivre chaque instant comme unique et irremplaçable ?