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foi

foi (du lat. fuies, engagement, confiance), croyance aux dogmes, aux vérités, aux enseignements d’une religion, confiance en Dieu et en une révélation divine sans recherche rationnelle et acceptation pure et simple des mystères exposés dans les Livres saints. — La «profession de foi» en est l’affirmation. C’est l’adhésion de tout l’être à une doctrine ou à une religion, un engagement.

FOI

Vulgairement synonyme de garantie, d’assurance valable, ou bien de fidélité à un engagement (la « foi jurée »), la notion se rencontre par exemple dans les expressions bonne foi, sincérité, et mauvaise foi, duplicité, ou, chez Sartre, attitude de la conscience qui, se masquant la vérité, se ment à elle-même. La formule « avoir foi en quelqu’un » manifeste la confiance absolue en une personne fondée sur des témoignages dont la raison ne saurait totalement garantir la valeur. La foi désigne alors une croyance ferme, une certitude qui ne s’appuie pas sur des preuves rationnelles. Telle est la foi religieuse, adhésion aux dogmes qui sont considérés comme des vérités révélées.

♦ Si le problème du rapport entre le savoir rationnel et la foi est fréquemment traité en philosophie en termes d’opposition et résolu au bénéfice du premier, il demeure que les philosophes appartenant à la tradition chrétienne essayent de concilier foi et raison philosophique (Malebranche) et que Kant fait appel à une « foi morale » et rationnelle - bien que non démontrable - pour accéder à certaines vérités métaphysiques (liberté, existence de Dieu, immortalité de l’âme).

foi, croyance en une religion, en un idéal, en une personne. — Le problème philosophique est celui des rapports du savoir et de la foi : la réflexion philosophique peut-elle résoudre tous les problèmes que l'homme se pose (comme le pensent Descartes, Spinoza, Fichte, Hegel), ou est-elle, au contraire, nécessairement limitée et inapte à résoudre les problèmes fondamentaux de l'immortalité de l'âme, de l'origine du monde et de l'existence de Dieu (comme le pensent Kant, Auguste Comte)? Les doctrines qui conçoivent le savoir comme limité et font place à la foi relèvent du fidéisme ou de l'agnosticisme. C'est Feuerbach qui, avant Marx, a fait la critique de la foi (dans Essence du christianisme, 1841), en montrant que la foi ne peut se rapporter qu'à ce qui n'existe pas, car « ce qui existe » est l'objet d'un « savoir réel » ; toutefois, il est une chose qui existe, mais dont le caractère infini échappe à tout savoir, c'est l'homme : la foi en l'homme peut se définir comme un espoir dans les progrès de la civilisation, dans l'élévation du niveau de vie et la vocation pacifique des hommes.

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