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FLEURY André Hercule de

Cardinal et homme politique français. Arrivé au pouvoir à l'âge de soixante-treize ans, il allait exercer pendant dix-sept ans, jusqu'à sa mort, une autorité absolue auprès du jeune Louis XV. Son ministère marqua pour la France un retour à la stabilité. Fleury rétablit les finances par des économies sévères. Grâce à lui, la monnaie fut stabilisée jusqu'à la Révolution. La hausse des prix et l'équilibre du budget (1739) favorisèrent l'essor économique. L'industrie fut encouragée ainsi que le commerce (notamment avec les Antilles). Fleury détruisit le jansénisme officiel en obligeant les parlements à enregistrer comme loi d'Église et d'État la bulle Unigenitus (1732), mais il s'ensuivit une longue crise entre le ministre et les cours souveraines. Dans la guerre de la Succession de Pologne, il fut obligé de soutenir Stanislas Leszczynski, beau-père de Louis XV, mais ne cessa de rechercher une solution de compromis : par le traité de Vienne (1738), il amena l'Autriche à céder à Stanislas, en compensation du royaume de Pologne, les duchés de Lorraine et de Bar, et fit stipuler que ces duchés, à la mort de Stanislas, reviendraient à la France.

Fleury, André Hercule de (Lodève 1653 -Issy 1743) ; cardinal et homme politique français.

Toujours aimable et courtois, l’abbé de F. se hisse lentement et prudemment au pouvoir, en éliminant systématiquement ses adversaires. Grâce à ses manières agréables, cet élève des jésuites devient aumônier de la reine Marie-Thérèse puis de Louis XIV (1683), évêque de Fréjus (1698) et en 1714 précepteur du dauphin et futur Louis XV, qui le nomme finalement en 1726 cardinal et ministre d’État. En fait, c’est une fonction de Premier ministre, dont il s’acquitte avec tellement de circonspection que son gouvernement compte parmi les plus féconds que la France ait jamais connus, d’autant qu’il se situe à une période où, après les épreuves endurées sous Louis XIV et les troubles de la Régence, la France a le plus grand besoin d’une telle prudence. Le cardinal, âgé de soixante-treize ans, exerce le pouvoir sans rencontrer beaucoup de contestation. Bien qu’il combatte les jansénistes soutenus par le Parlement, il parvient grâce à une politique d’apaisement à rapprocher les éléments modérés des deux camps, en sorte que les querelles religieuses connaissent jusqu’à sa mort une période de répit. Grâce à une politique financière austère et des économies sévères, il parvient pendant quelques années à équilibrer le budget, avec l’assistance de quelques collaborateurs zélés, à commencer par le contrôleur général des Finances Le Peletier des Forts, qui, en 1726, stabilise la monnaie jusqu’à la Révolution, et surtout son successeur Philibert Orry (1730-1745), le «Colbert » du règne de Louis XV. C’est à lui que revient le mérite d’avoir amélioré le système des routes et des ponts en France grâce à la célèbre instruction de 1738, qui instaure il est vrai à cette fin la corvée royale, reposant essentiellement sur les paysans ; mais les routes de France deviennent à cette époque les meilleures d’Europe, tandis que l'industrie et surtout le grand commerce prospèrent. En politique extérieure, F. cherche avant tout le maintien de la paix. Il chassera en 1737 son secrétaire d’État aux Affaires étrangères Chauvelin, trop belliqueux. En s’appuyant sur Walpole, dont le frère, Horace, séjourne en France, il cherche d’abord à maintenir l’alliance franco-anglaise, en vue d’enrayer les complications guerrières qui menacent de surgir en Europe du fait de l’Autriche et de l’Espagne. Il doit toutefois affronter la pression croissante d’un fort parti anti-autrichien qui lui reproche d’acheter la paix en sacrifiant les intérêts français. La querelle liée à la succession au trône de Pologne (1733) entraîne la France dans une guerre contre l’Autriche pour défendre les intérêts de Stanislas Leczinski, beau-père de Louis XV. Résigné, F. toutefois assigne certaines limites à cette lutte pour maintenir la possibilité d’un rapprochement avec l’Autriche. Sa politique remporte effectivement un triomphe avec la paix de Vienne (1738), grâce à laquelle il consolide la position d’arbitre de la France en Europe et, tout en acceptant en contrepartie la pragmatique sanction, renforce les frontières françaises par l’acquisition au profit de Stanislas des duchés de Lorraine et de Bar, qui deviendront français à la mort du duc (1766). Cette réalisation, certes précaire à bien des égards, est remise en question en 1740, lorsque la mort de l’empereur Charles VI éveille les convoitises, et que la France, sous la pression du parti anti-autrichien (Belle-Isle), est entraînée dans la guerre aux côtés de Frédéric II, tandis que l’Angleterre se bat du côté de l’Autriche. Ceci redonne vie à l’antagonisme séculaire franco-anglais et F. meurt en 1743, affaibli par l’âge et par le chagrin que lui inflige cette politique fatale aux intérêts français.

Bibliographie : M. de Sars, Le Cardinal de Fleury, apôtre de la paix, 1942 ; H. Méthivier, Le Siècle de Louis XV, 1966, p. 35-47




FLEURY, André Hercule, cardinal de

(Lodève, 1653-Issy-les-Moulineaux, 1743). Cardinal et homme politique français. Gestionnaire efficace sous le règne de Louis XV, il tenta sans succès de maintenir la France hors des querelles européennes. Précepteur de Louis XV (1716), il fut nommé par le roi ministre d'État (1726-1743). À l'intérieur, il assainit les finances et apaisa la querelle avec les jansénistes. À l'extérieur, malgré son désir de paix, il fut entraîné dans deux guerres : la guerre de Succession de Pologne (1733-1738) et surtout celle de la Succèssion d'Autriche (1740-1748). Voir Jansénisme.

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