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FÉDÉRALISTES (insurrections, 1793) / FÉDÉRATION (fête de la, 14 juill. 1790)

Pendant la Révolution française, nom donné aux insurrections par lesquelles s'exprima le mécontentement des provinces devant la centralisation révolutionnaire et la dictature exercée par la capitale. Le refus des méthodes terroristes, la crainte des bouleversements sociaux, l'attachement à la religion catholique, contribuèrent également à la crise fédéraliste qui, en certains endroits, fut exploitée par des éléments ouvertement contre-révolutionnaires. Dès le printemps 1793, les Montagnards accusèrent les Girondins, représentants de la bourgeoisie provinciale, de sympathiser avec le fédéralisme et de préparer le démembrement de la République. Après la proscription des Girondins (2 juin 1793), la crise devint une révolte caractérisée. Des administrations locales se constituèrent en gouvernements indépendants et nouèrent des ententes. La révolte affecta surtout l'Ouest (Caen), le Sud-Ouest (Bordeaux) et le Sud-Est. Les insurgés de Normandie essayèrent de marcher sur Paris mais furent arrêtés par les troupes de la convention à Vernon (13 juill.) ; le mouvement de l'Ouest fut ainsi rapidement étouffé mais il avait inspiré Charlotte Corday qui vint à Paris assassiner Marat. À Lyon et dans le Midi, le fédéralisme, pénétré d'éléments royalistes, fut redoutable. Lyon soutint un siège de deux mois (août/oct. 1793) contre les forces de la Convention et la ville subit une répression impitoyable. Marseille s'insurgea également mais fut soumise dès le 25 août. Toulon reçut les secours des Anglais et ne fut prise qu'en déc. 1793, après un siège qui mit pour la première fois en valeur le jeune Bonaparte. Au moment le plus critique, une soixantaine de départements se trouvaient plus ou moins en état d'insurrection. La Convention triompha de cette crise en envoyant dans les départements des représentants en mission munis de pouvoirs dictatoriaux et en plaçant à la tête des administrations locales des agents nationaux, sous le contrôle de comités révolutionnaires. L'œuvre décentralisatrice des constituants de 1791 fut ainsi ruinée.


Fête célébrée au Champ-de-Mars, à Paris, le 14 juill. 1790, pour le premier anniversaire de la prise de la Bastille. Dès le début de la Révolution, des rencontres de fraternisation avaient eu lieu spontanément de ville à ville, puis de province à province. Ce mouvement populaire aboutit à la fête de la Fédération nationale à Paris. Elle rassembla 14 000 gardes nationaux de tous les départements qui assistèrent à une messe que l'évêque Talleyrand, entouré de 300 prêtres ceints de l'écharpe tricolore, célébra sur l'autel de la Patrie. Louis XVI, présent à cette fête, prêta serment à la Constitution. Une autre fête de la Fédération eut lieu, également au Champ-de-Mars, le 14 juill. 1792, mais dans un climat tout différent, celui des divisions et des haines qui préludaient à la journée du 10-Août. En 1815, pendant les Cent-Jours, on tenta de renouveler les anciennes fédérations, en Bretagne et à Paris, mais sans aucun résultat.

FÉDÉRALISTES (Insurrections). Lors de la Révolution française, nom donné aux soulèvements qui éclatèrent en province après l'élimination des girondins (juin 1793). Violemment réprimées par la Convention montagnarde, les insurrections fédéralistes provoquèrent le renforcement de la Terreur et du pouvoir central. Dès l'installation de la Commune insurrectionnelle à Paris (10 août 1792), s'exprima le mécontentement des provinces devant la centralisation révolutionnaire et la dictature de Paris. La crise se transforma en insurrection lors de la proscription des chefs girondins qui, pour la plupart, fomentèrent les révoltes. L'insurrection toucha particulièrement l'Ouest, le Sud-Ouest et le Sud-Est. Marseille résista jusqu'en août. Lyon soutint un siège de deux mois et Toulon, secouru par les Anglais, se rendit en décembre 1793, en particulier grâce au jeune Bonaparte. Les représentants en mission, munis de pouvoirs dictatoriaux, réussirent à vaincre les soulèvements mais l'oeuvre décentralisatrice de la Constitution de 1791 fut définitivement ruinée. Voir Collot d'Herbois (Jean-Marie), Fouché (Joseph), Fréron (Stanislas).




FÉDÉRATION DE L'ÉDUCATION NATIONALE (FEN): Fédération syndicale française regroupant des syndicats de salariés de l'enseignement public. Créée en 1928, la FEN fit partie de la CGT jusqu'en 1948 avant de choisir l'autonomie. La partie la plus à gauche fit scission en 1993 afin de créer la Fédération syndicale unitaire (FSU). En déc. 2000, réunie en congrès, la FEN décida de changer son nom en UNSA-éducation, renforçant son intégration au sein de l'Union nationale des syndicats autonomes.

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