ESTONIE
État du N.-E. de l'Europe ; capitale Tallin (Reval). Les Estes (Eastlased), finnoougriens, furent soumis au début du XIIIe s. par les Allemands, puis par les Danois, qui fondèrent Tallin (1219) : c'est alors que le christianisme fut introduit dans cette région par l'évêque Albert Ier de Riga. L'Estonie passa entièrement dans la zone d'influence allemande après son rachat aux Danois par les chevaliers Teutoniques (1346). Tandis que les villes estoniennes faisaient un actif commerce avec la Hanse, les barons germaniques constituèrent de vastes domaines terriens. L'Estonie passa en 1561 à la Suède, qui y apporta le luthéranisme ; elle fut conquise en 1710 par la Russie et cédée par la Suède au traité de Nystad (1721). L'élément germanique des barons baltes restait cependant la principale force du pays et souffrit moins que la population estonienne, surtout paysanne, de la politique de russification systématique menée à la fin du XIXe s. sous Alexandre III. Occupée par les Allemands en févr. 1918, l'Estonie devint un État indépendant (nov. 1918), reconnu par la Russie soviétique au traité de Tartu (2 févr. 1920). La réforme agraire d'oct. 1919 affaiblit les barons baltes et profita à la paysannerie pauvre. Entre les deux guerres mondiales, l'Estonie fut continuellement soumise à une active propagande soviétique ; en mars 1934, une dictature fut instaurée par le président Konstantin Päts. En sept. 1939, l'Estonie dut consentir à la cession de bases militaires et navales à l'URSS. Celle-ci occupa entièrement le pays en juin 1940 et l'Estonie devint, dès le 1er août 1940, une république socialiste soviétique, intégrée à l'URSS. Elle fut conquise en août 1941 par la Wehrmacht. En oct. 1939, Hitler avait résolu le problème séculaire de la minorité allemande en décidant, lors du Pacte germano-soviétique de 1939, son rapatriement dans le Reich. Occupée par l'armée soviétique à compter de 1944, l'Estonie redevint une république socialiste fédérative de l'URSS. À la fin des années 1980, l'ouverture amorcée par Mikhaïl Gorbatchev encouragea les mouvements nationalistes. En 1989, l'estonien fut reconnu langue officielle. Sortis victorieux des élections de mars 1990, les nationalistes organisèrent, en mars 1991, un référendum sur l'indépendance, approuvée à plus de 75 % des voix mais reconnue par l'URSS seulement en sept. En juin 1992, une Constitution démocratique fut adoptée. Le pouvoir fut cependant, dès 1992, confronté aux manifestations de l'importante minorité russophone, privée de la nationalité estonienne et du droit de vote. Le souci de ne pas heurter Moscou contraignit Tallin à accorder des garanties aux Russes d'Estonie. Membre du Conseil de l'Europe en mai 1993, l'Estonie chercha, dans les années 1990, à se rapprocher de l'UE. En 1996, le président Meri fut réélu. Les élections législatives de mars 1999 virent la victoire du centre droit et la création d'un gouvernement de coalition dirigé par Mart Laar. La nouvelle assemblée approuva le projet du gouvernement visant à accélérer l'entrée dans l'UE et dans l'OTAN. En sept. 2001, l'ex-communiste Arnold Rüütel fut élu président. Depuis le 1er mai 2004, l'Estonie fait partie de l'Union européenne. Voir BALTES (pays).
ESTONIE. Habitée par des peuples d'origine finno-ougrienne, l'Estonie, christianisée au XIIIe siècle, fut d'abord dominée par les Vikings, les Danois et chevaliers Teutoniques puis occupée par la Suède. Conquise par Pierre le Grand (1721) et russifiée jusqu'en 1914, elle devint une République indépendante en 1920 en même temps que la Lettonie et la Lituanie. De nouveau annexée par l'URSS en 1940, puis occupée par les Allemands (1941-1944), elle devint après la Seconde Guerre mondiale une République de l'URSS. Le 20 août 1991, son indépendance a été proclamée. Voir Germano-soviétique (Pacte).