Église
Église (lat. ecclesia, assemblée). Ce mot est spécialement chrétien. Il désigne l’ensemble des fidèles se réclamant du Christ, mais il s’agit plus particulièrement de l’Église catholique rattachée à Rome, à tel point que l’histoire de l’Église est en fait l’histoire du catholicisme. L’Église est issue des apôtres du Christ qui ont choisi leurs successeurs et transmis leurs pouvoirs à ceux qui sont devenus les évêques, les Pères et les prêtres formant une hiérarchie, dont le pape, successeur de Pierre, est le sommet. Cette première Église a défini les dogmes et les disciplines ecclésiastiques et en a affirmé les caractères d’«unité», de «sainteté», d’«apostolicité» et de «catholicité». Les théologiens donnent aussi à l’Église les trois caractères d'Église militante, d’Église souffrante et d'Église triomphante. Mais l’unité a été difficile à sauvegarder. Dès le concile de Chalcédoine (451), on put voir les Églises d'Orient se différencier des Églises d'Occident, puis la rupture de Constantinople avec Rome, en 1054, établit, d’une part, l'Église latine, ou romaine, et, de l’autre, l'Église grecque, ou orthodoxe, qui elle-même se scinda en nombreuses Églises autocéphales, ou simplement particularisées par les langues et les coutumes des différentes communautés orientales. Les nombreuses tentatives d’union en rallièrent quelques-unes après le concile de Florence de 1439 : celles-ci sont dites uniates. En Occident, à l’époque déjà Réforme, on vit s’établir des Églises nationales, comme l'Église anglicane; on a parlé d’Église constitutionnelle de la Constitution civile du clergé, puis de l'Église libérale, enfin de la Petite Église, survivance des communautés dissidentes formées vers 1801, surtout dans l’ouest de la France, qui n’admettaient pas les modifications apportées par le Concordat. Si l’Église est une structure administrative, une institution, elle désigne aussi l’édifice qui réunit les fidèles pour la célébration du culte, la maison de Dieu. Les premières églises s’installèrent soit dans les temples romains, soit plutôt dans des basiliques païennes dont la forme oblongue, se terminant par un hémicycle, convenait parfaitement à la disposition de l’autel, du sanctuaire et du chœur et aussi à une grande assemblée. L’Occident fut fidèle à ce plan, tandis que l’Orient adopta la forme du plan central circulaire ou octogonal de certains temples antiques, qui se transforma en croix grecque : surmontée d’une coupole (symbolisant la voûte céleste), elle donna le type original des églises byzantines, dont l’influence se répandit aussi en Occident. Le haut Moyen Age en a laissé quelques beaux témoignages, mais l’art roman, caractérisé par le plein cintre et la voûte en berceau, répandit à profusion un type d’architecture religieuse dont l’Europe conserve de très nombreux et intéressants vestiges. Vers le XIIe s., les techniques architecturales permettant une plus grande élévation des murs et de plus larges ouvertures, on voit s’épanouir l’art magnifique du vitrail laissant pénétrer une lumière colorée à travers une iconographie narrative, expressive et symbolique. Telles sont les magnifiques cathédrales, dont les images de pierre, véritables visions des mondes céleste et terrestre, sont aussi une base d’enseignement religieux. La cathédrale, église par excellence du diocèse, siège de l’évêque, puis la collégiale, desservie par un collège de chanoines, et enfin l'église paroissiale, à laquelle est attaché un curé (et souvent un ou plusieurs vicaires), sont encore les édifices du culte catholique. Jusqu’au XVIIe s., les églises étaient toujours «orientées», leur chevet étant placé dans la direction de Jérusalem. Certaines constructions modernes, où l’architecte cherche avant tout l’atmosphère du silence et du sacré, sont des églises polyculturelles.