Ebert, Friedrich (Heidelberg 1871-Berlin 1925) ; homme politique allemand.
Ebert, Friedrich (Heidelberg 1871-Berlin 1925) ; homme politique allemand.
Quatrième d'une famille pauvre de six enfants, fils d'un maître tailleur, E. apprend le métier de sellier. Il découvre la social-démocratie en 1889, se familiarise avec les écrits de Marx et de Engels, mais s'intéresse moins à la théorie qu'aux aspects pratiques qui peuvent servir à l'amélioration immédiate des conditions de vie des travailleurs. Après de nombreux déplacements, il s'établit finalement à Brême, où il devient président d'un groupe de syndicats. En 1900 il devient membre de la municipalité. En 1905, il est élu secrétaire du comité directeur du parti social-démocrate et s'installe alors à Berlin. À ce poste, médiateur entre le parti et le syndicat, entre l'aile droite et l'aile gauche de la social-démocratie, il se tient toujours éloigné de l'extrême gauche. Il acquiert de l'importance lorsqu'il est élu en 1912 au Reichstag en 1913 à la tête du comité directeur du parti, comme successeur de Bebel. En janvier 1916, il devient aux côtés de Scheidemann le président de la fraction parlementaire du parti social-démocrate. Il fait voter les crédits de guerre en août 1914. Cependant, en raison du refus des indépendants en mars 1916 d'allouer des crédits, il dissout la fraction qui liait les socialistes majoritaires et la minorité, et fait aussitôt alliance avec le centre et le parti progressiste. Il combat la politique d'annexion de l'Empire allemand mais affirme le devoir absolu de ses concitoyens de défendre leur pays. En janvier 1918, il s'efforce, à Berlin, d'arriver à un arrangement dans la grève des ouvriers d'une usine de munitions, grève où il est entraîné malgré lui. La proclamation de la République par Scheidemann le 9 novembre 1918 ne répond pas à ses voeux, car il préfère le maintien de la monarchie. Pourtant il accepte le même jour le poste de chancelier du Reich offert par le prince Max de Bade, en accord avec tous les secrétaires d'État, afin que l'ordre soit maintenu en Allemagne. Il détient la direction du Conseil des commissaires du peuple, formé le 11 novembre 1918 par des représentants du parti social-démocrate (SPD) et du parti social-démocrate indépendant (USPD). Il réprime alors les mouvements révolutionnaires de gauche, notamment le spartakisme, et justifie ainsi sa rupture avec les indépendants. Le 11 février 1919, il est élu président provisoire du Reich par l'Assemblée nationale de Weimar et demeure à ce poste après l'entrée en vigueur de la Constitution. Pour éviter une campagne électorale à un moment critique de l'histoire de la République de Weimar, le Reichstag décide de prolonger en octobre 1922 le mandat d'E. jusqu'au 30 juin 1925, grâce à une majorité décidée à modifier la Constitution. Tout au long de sa présidence, E. s'efforce de réduire les oppositions ; il fait ainsi appel comme chancelier à des hommes proches de la droite, tels Cuno ou Luther, et, pour protéger la démocratie, il utilise ses pouvoirs constitutionnels pourtant limités, afin d'agir contre les putschs de Kapp, de Hitler et les soulèvements spartakistes et communistes. Mais E. n'est pas épargné par les violentes campagnes menées par les cercles nationalistes. En décembre 1924, un tribunal de Magdebourg condamne à une amende le journaliste qui l'a accusé de haute trahison en raison de sa participation à la grève de Berlin en janvier 1918 ; cependant le tribunal reconnaît qu'E. était juridiquement coupable. Ce jugement n'est pas seulement un outrage personnel mais une atteinte portée au chef de l'Etat et E. en est profondément ébranlé. Bien qu'il soit gravement malade, il se refuse à entrer en clinique pour pouvoir se défendre. Il meurt d'une crise de péritonite. Avec lui la jeune République perd un de ses plus puissants soutiens.
EBERT, Friedrich (Heidelberg, 1871-Berlin, 1925). Homme politique allemand. Chancelier social-démocrate, il réprima le soulèvement spartakiste en 1919 et fut le premier président de la République de Weimar (1919-1925). Après avoir appris le métier de sellier, Ebert milita dans sa jeunesse dans les syndicats et le Parti social-démocrate (SPD). Collaborateur d'un journal socialiste de Brême, secrétaire du SPD en 1905, député au Parlement en 1917, il devint, à la mort de Bebel, président du parti (1913). Opposé à la guerre, il préconisa néanmoins l'entente et vota les crédits militaires. Après l'abdication de Guillaume II et la proclamation de la République par Scheidemann, le 9 novembre 1918, il fut nommé chancelier et forma un gouvernement afin de lutter contre les communistes. Avec l'aide du grand état-major de l'armée, il réprima dans le sang le soulèvement spartakiste de 1919 et contribua ainsi à sauver l'ordre et l'unité de l'Allemagne. Élu président de la République par l'Assemblée constituante réunie à Weimar (11 février 1919), ses six années de pouvoir furent marquées par la signature du traité de Versailles (juin 1919), mais aussi par les graves troubles qui agitèrent l'Allemagne vaincue : une inflation galopante qui atteignit son paroxysme en 1923, des insurrections ouvrières et des tentatives de coups d'État comme celui de Kapp à Berlin en 1920 et de Hitler à Munich en 1923. Haï par la presse de droite, Ebert mourut en 1925 et Hindenburg fut son successeur. Il reste pour l'Allemagne l'homme de la semaine sanglante de 1919 mais aussi celui qui a contribué à maintenir, dans des temps difficiles, l'unité du pays. Voir Luxemburg (Rosa), Spartakus (Ligue).
Liens utiles
- Ollenhauer Erich, 1901-1963, né à Magdebourg, homme politique allemand.
- Werner Jaeger1888-1961Cet helléniste allemand émigré aux États-Unis en 1936 a proposé une explication de la culturegrecque comme orientée toute entière (y compris dans sa culture politique) vers la réalisationd'un idéal d'homme.
- FREYCINET, Charles Louis de Saulces de (14 novembre 1828-14 mai 1923) Homme politique Polytechnicien, ingénieur des Mines, il se met au service de GambettaF284 en 1871, et participe auprès de lui à l'organisation de la Défense nationale.
- MARIN, Louis (1871-1960)Homme politique, il est député de 1905 à 1940.
- VIVIANI, René (1863-1925)Homme politique, il est le fondateur du Parti républicain socialiste.