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HINDENBURG Paul von Beneckendorff und von

Maréchal et homme politique allemand. D'une vieille famille militaire prussienne, il participa comme officier aux campagnes de 1866 et 1870/71. Il est ensuite attaché à l'état-major. Rappelé au début de la Première Guerre mondiale, il prend, le 22 août 1914, le commandement de la VIIIe armée en Prusse-Orientale et arrête l'offensive russe par ses victoires de Tannenberg et des lacs Mazures. Devenu dès lors l'un des chefs militaires les plus populaires en Allemagne, il est nommé en nov. 1914 commandant en chef des armées allemandes sur le front oriental, avec la dignité de feld-maréchal. Durant la campagne de 1915 en Pologne, ses conceptions l'opposent à celles de Falkenhayn, chef d'état-major général de l'armée, qu'il remplace à la direction suprême le 29 août 1916. Secondé par son fidèle adjoint Ludendorff, Hindenburg s'efforce d'imprimer une direction plus énergique à la guerre : élimination militaire de la Roumanie (1916), début de la guerre sous-marine à outrance (janv. 1917), appui aux Autrichiens sur le front italien. Bientôt l'influence de Hindenburg et de Ludendorff s'exerce d'une manière prédominante sur toute la vie politique allemande. Après l'échec de ses grandes offensives sur le front occidental (mars/juill. 1918), Hindenburg doit reconnaître la défaite allemande, et il demande au gouvernement de solliciter l'armistice auprès des Alliés (3 oct. 1918). Cependant, il n'a pas le courage de prendre ouvertement ses responsabilités devant le peuple allemand et se dérobe derrière les civils. Cette attitude eut des conséquences extrêmement graves car elle permit plus tard aux nationalistes et à Hitler de répandre la légende du « coup de poignard dans le dos », porté par la révolution de novembre 1918 à une armée allemande invaincue. Mis à la retraite en juill. 1919, Hindenburg se tient à l'écart de la vie publique durant quelques années. À la mort d'Ebert (1925), la droite et les chefs de la grande industrie présentent sa candidature à la présidence de la République, et il se laisse élire contre Marx, candidat du centre et des socialistes (27 avr. 1925). Réélu président de la République, contre Hitler, le 10 avr. 1932, il se laisse bientôt convaincre par Papen d'appeler Hitler à la chancellerie (30 janv. 1933). Dès lors son prestige ne sert plus qu'à faciliter les débuts du régime national-socialiste en rassurant l'opinion modérée. Sans élever une protestation, il laisse ouvrir les premiers camps de concentration, dissoudre les partis politiques et s'accomplir le sanglant règlement de comptes de la « nuit des Longs Couteaux » (30 juin 1934).

Hindenburg, Paul von Beneckendorff und von (Poznan 1847 - Neudeck, Prusse orientale, 1934) ; maréchal allemand et chancelier du Reich.

Fils d’un junker prussien et d’une mère issue de la bourgeoisie, H. entre à l’École des cadets malgré sa santé fragile, participe aux guerres de 1866 et 1870-1871 en tant que jeune lieutenant, et fait une brillante carrière d’officier jusqu’au grade de général de corps d’armée. Il prend sa retraite en 1911, à l’âge de 64 ans. Au début de la Première Guerre mondiale, il est nommé le 22 août 1914 commandant en chef de la 8e armée, et il écrase les Russes, pourtant plus nombreux, à Tannenberg ; il a pour chef d’état-major Ludendorff. H., jusqu’alors inconnu du public, entre dans la légende après cette « nouvelle bataille de Cannes ». Promu commandant en chef du front oriental et feld-maréchal en novembre 1914, il est nommé chef de l’état-major le 29 août 1916 avec Ludendorff à l’intendance générale, jouant ainsi pratiquement le rôle de commandant en chef de l’armée. Sous l’influence de Ludendorff et face à la faiblesse de l’État, il se voit amené à prendre de plus en plus de décisions politiques ; mais les revendications de l’époque, qui appellent de leurs voeux une monarchie parlementaire, lui demeurent étrangères. Après le revers des opérations de l’été 1918 sur le front Ouest et la contre-offensive des Alliés, qui oblige fin septembre le commandement suprême de l’armée à un armistice précipité, révèle l’échec d’une politique militaire trop rigide et entraîne la destitution de Ludendorff, H. conseille à Guillaume II de s’exiler en Hollande (provisoirement, selon ses projets), et dirige pour finir le rapatriement de l’armée, dont il ne quitte le commandement qu’après la signature du traité de Versailles. Mis à la retraite, il reste la personnalité la plus populaire de la vieille Allemagne. À la mort d’Ebert en 1925, les partis de droite unis demandent à H. d’être leur candidat ; il accepte, mais à contrecoeur, et il est élu président du Reich devant Wilhelm Marx, le candidat du Zentrum (14,7 contre 13,8 millions de voix). S’il se considère comme administrateur du Reich et gardien de la monarchie, il n’en est pas moins attaché au serment prêté à la République. A la grande déception des groupes nationalistes et de la noblesse, il ne s’oppose pas à la politique de réconciliation de Stresemann. Avec la crise économique mondiale, qui s’accompagne de la montée rapide des partis extrémistes, il se voit obligé, au début des années 1930, de s’immiscer de plus en plus dans la politique gouvernementale, qui lui reste pourtant foncièrement étrangère. Il soutient par son autorité le gouvernement présidentiel de Brüning, qui essaie d’enrayer la crise avec des lois d’urgence tolérées par le Parlement. Les nouvelles élections présidentielles du printemps 1932 prouvent l’énorme popularité de H., dernier rempart face à l’assaut national-socialiste. C’est ainsi qu’à 82 ans, considéré comme « le seul président qui puisse arrêter Hitler », il est élu président du Reich par les partis du centre et la gauche modérée. Mais il les déçoit en abandonnant soudain, en mai 1932, son chancelier qu’il avait jusqu’alors soutenu (sous l’influence de son entourage, il rejette la politique agraire de Brüning à l’Est, ainsi que l’interdiction des groupes de défense nationaux-socialistes). C’est le début de la fin pour la République de Weimar, à laquelle l’arrivée de Hitler au pouvoir donnera le coup de grâce. Après l’échec des gouvernements présidentiels de von Papen et de Schleicher, H. ne peut plus se permettre de refuser la Chancellerie au dirigeant du parti le plus puissant. Le 30 janvier 1933, il charge à contrecoeur le « caporal bohémien », qu’il avait empêché peu de temps auparavant d’accéder au gouvernement, de former un cabinet de coalition des partis de droite. H. est déjà gravement malade quand naît le IIIe Reich. Durant les dernières semaines de sa vie, les événements (la mise au pas de l’Église, la Nuit des longs couteaux du 30 juin 1934) prouvent qu’il n’est plus en mesure de prendre des décisions assez fermes pour faire barrage à la dictature. Sa mort marque la fin de l’État de droit, et le début de la domination de Hitler sur l’Allemagne.




HINDENBURG, Paul von Beneckendorff Und von (Posen, 1847-Neudeck, Prusse Orientale, 1934). Maréchal allemand. Chef d'état-major lors de la Première Guerre mondiale, président de la République de Weimar à partir de 1925, il nomma Hitler chancelier en 1933. Entré à l'école des cadets en 1859, Hindenburg participa aux campagnes de 1866 contre l'Autriche et de 1870-1871 contre la France. Admis à l'Académie de guerre, il servit ensuite sous les ordres de Molkte et de Schlieffen puis entra au ministère de la Guerre. Commandant en 1903 du IVe corps d'armées de Magdebourg, il prit sa retraite à Hanovre en 1911. En août 1914, après l'effondrement de l'armée allemande en Prusse orientale, il fut rappelé, à 67 ans, et arrêta, par ses victoires de Tannenberg et des lacs Mazures (septembre), l'offensive russe. Il reçut en novembre 1914 le commandement de tout le front oriental et dirigea des campagnes victorieuses en Pologne et en Lituanie. Plusieurs fois opposé à Falkenhayn, il remplaça celui-ci, le 29 août 1916, au commandement suprême des forces allemandes et autrichiennes. Il mit hors de combat l'armée roumaine (1916), entama la guerre sous-marine à outrance (1917), apporta son appui à l'Autriche en Italie et parvint en novembre à conclure un armistice avec la Roumanie et la Russie. Déjà l'un des chefs les plus populaires en Allemagne, il exerça aussi, secondé par son célèbre collaborateur Ludendorff, une grande influence politique. Il imposa ses vues à Guillaume II, provoquant le renvoi du chancelier Bethmann Hollweg (juillet 1917), puis celui du secrétaire d'État aux Affaires étrangères, von Külhman (juillet 1918), leur attitude étant jugée trop modérée à l'égard de l'ennemi. Après l'échec des offensives à l'ouest contre les armées alliées commandées par Foch, il demanda à son gouvernement de solliciter la demande d'armistice auprès des Alliés (octobre 1918). Cependant, il refusa d'assumer la responsabilité de cet acte, se dérobant derrière les civils, ce qui justifiera la thèse (reprise plus tard par Hitler), du « coup de poignard dans le dos » porté à l'armée invaincue. Mis à la retraite en 1919, il se tint à l'écart de la vie publique. Après la mort d'Ebert, les partis de droite l'incitèrent à présenter sa candidature à la présidence, ce qu'il accepta après beaucoup d'hésitation. À 78 ans il fut élu (avril 1925) contre Marx, candidat du centre (Zentrum) et des socialistes. Réélu contre Hitler en avril 1932, il se laissa convaincre par von Papen, en janvier 1933, de prendre pour chancelier Hitler, ce « caporal bohémien ». Sa popularité rassura les modérés. C'est cependant sans opposition qu'il laissa Hitler installer la dictature nazie. Après sa mort, Hitler fit élever à Tannenberg un immense mausolée, détruit par les Soviétiques en 1945. Voir Brest-Litovsk (Traité de), Rethondes (Armistice de).

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