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DILTHEY (Wilhelm)

DILTHEY (Wilhelm). Philosophe et universitaire allemand (1833-1911). Certaines de ses idées ont influencé l’histoire, la sociologie et ce que l’on appelle de nos jours les « sciences humaines » : l’idée de Weltanschauung (conception du monde, Traité § 62) ; l’idée de compréhension, opposée à l’explication : expliquer, c’est réduire à des termes simples (sciences de la nature) alors que comprendre, c’est pénétrer la nature propre, originale d’une réalité (étude de l’homme individuel ou collectif).

DILTHEY

(Wilhelm, 1833-1911.) À la même époque que Nietzsche, ce philosophe allemand soutient que la philosophie est une « évaluation » et que chaque système philosophique a pour but de révéler la « vision du monde » (Weltanschauung) de son auteur. Attaquant le rationalisme et la méthode positiviste qui se proposent d'expliquer, par des relations causales, la réalité humaine, il formule une méthode compréhensive qui s'efforce de saisir, par intuition, la situation sociale et historique du sujet. D'où l'importance qu'il accorde à une psychologie capable de cerner le « style » de l'individu, c'est-à-dire sa relation vécue avec le monde. L'influence de Dilthey - qui alimenta notamment les critiques contre l'épistémologie durkheimienne - s'est exercée sur Max Scheler, sur l'existentialisme de Jaspers et, d'une manière plus générale, sur le courant phénoménologique.

Œuvres principales : Introduction à l'étude des sciences humaines (1883) ; Le Monde de ï esprit (1926).

DILTHEY (Wilhelm), philosophe allemand (Biebrich, Rhénanie, 1833 - Seis, Tyrol, 1911). Fils de pasteur, il commença à écrire vers la cinquantaine, et son influence s'exerça surtout après sa mort. C'est à lui qu'on doit la notion de « sciences de l'esprit » (Geisteswissenschaften), appelées aussi plus récemment «sciences humaines». Il s'efforça d'en délimiter le domaine par rapport aux sciences naturelles et aux sciences exactes. La psychologie en est, selon lui, le fondement le plus solide, du fait qu'elle est une science descriptive (au contraire de la morale et de la métaphysique). Cependant, si elle est soucieuse de s'annexer la méthode et la rigueur scientifiques, la philosophie telle que la conçoit Dilthey n'entend pas se limiter pour autant aux ressources de l'intelligence discursive : de la même façon qu'il existe dans les sciences de la nature une « intuition du monde sensible », il existe une intuition du monde humain, culturel et social,-dont l'organe, selon Dilthey, est la « compréhension spirituelle ». On lui doit notamment : Introduction aux sciences de l'esprit (1883), l'Essence de la philosophie (1907), la Construction du monde de l'histoire dans les sciences de l'esprit (1910). — Son but fut d'étendre la Critique de Kant au domaine des sciences de l'homme.

En fait, son œuvre reste surtout programmatique : son importance est d'ouvrir une voie, qui sera exploitée par le développement ultérieur de la sociologie et de la psychologie sociale.

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