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DEVENIR

Du latin devenire, « arriver à ».

Passage d’un état à un autre, changement ininterrompu de toutes choses.

Heraclite est considéré comme le philosophe du devenir universel. Pour lui, rien n'est stable, tout s’écoule sans fin, comme le suggère la formule : « On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve ». • La notion joue un rôle important dans le système de Hegel, puisque c'est dans le devenir que s'unissent l'être et le néant (troisième moment de la logique de l'être).

DEVENIR. n.m. ♦ 1° Concept philosophique majeur chez Héraclite : Tout s’écoule (« panta rheï »), est en perpétuel changement (concept repris avec des usages différents par Hegel et par Bergson). Platon et Aristote montreront que le devenir marque un des aspects essentiels des phénomènes naturels et humains, par opposition à l’Être (les Idées pour Platon, Dieu pour Aristote) ; ces métaphysiciens établissent que, dans ce monde naturel et humain, les êtres qui se meuvent (ou deviennent) ont en eux une participation à l’Être immuable, faute de quoi ils ne seraient pas. ♦ 2° Dans le quatrième évangile, le verbe « devenir » (guenesthaï) s’applique aux créatures, et s’oppose à « être » (eïnaï), qui n’est adéquat que pour Dieu ; ainsi Jésus-Christ affirme : « Prin Abraham guenesthaï, ego eïmi (avant qu’Abraham devienne, apparaisse, soit créé, Je suis) » (viii, 58). Opposition qui se trouve déjà dans le Prologue pour marquer la différence absolue entre Jean-Baptiste et Jésus-Christ ; « ego eïmi (je suis) » reprend le texte célèbre dans lequel Dieu avait donné son nom propre à Moïse (Exode, 3, 12-3).

DEVENIR

Le problème du devenir se pose à la philosophie depuis les présocratiques. Alors que pour Parménide, l’existence de l’être est incompatible avec le changement propre au devenir - qui n’est qu’illusion -, pour Héraclite, en revanche, rien n’est stable, « tout s’écoule » et se trouve soumis à un devenir fait de la perpétuelle métamorphose des choses qui évoluent, d’ailleurs, non pas d’une façon linéaire, mais selon un cycle où se réalise la coïncidence des contraires. Parmi les philosophes qui se réclament d’Héraclite, citons Hegel qui, trouvant dans le devenir le fondement de l’Histoire (et de celle de l’Être en particulier), le conçoit comme synthèse dialectique « dépassant » les contradictions.

DEVENIR (v. et n. m.) Opposé à être. 1. — Série des transformations d’un être dans le temps. 2. — Au sens concret, fait de se transformer. 3. — (Ant.) Traduction du grec genesis, surgissement à l’être de ce qui n’est pas et disparition de ce qui est.

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