Databac

DE GASPERI Alcide (1881-1954)

DE GASPERI Alcide (1881-1954)

Homme d’État italien.

Né dans le Trentin autrichien, Alcide De Gasperi est député catholique à Vienne avant 1914 et entre en 1920 au secrétariat du Parti populaire italien (PPI), créé en 1919. Député en 1921, chef du groupe parlementaire, il soutient en 1922 le cabinet Mussolini, mais il rompt vite et dirige le parti quand don Luigi Sturzo (1871-1959), fondateur du PPI, part en exil en octobre 1924. Arrêté en 1927 au moment où il veut s’expatrier, A. De Gasperi passe seize mois en prison puis est jusqu’à la fin du fascisme bibliothécaire au Vatican. Pivot, en 1942, du nouveau parti catholique clandestin, la Démocratie chrétienne (DC), il le représente en 1943 au Comité de libération nationale (CLN). Ministre sans portefeuille puis aux Affaires étrangères en 1944, premier chef de gouvernement catholique de l’Italie en 1945, il dirige neuf gouvernements successifs. Pour conserver l’électorat modéré et l’attacher à la démocratie, il chasse les ministres socialistes et communistes en 1947. Contre la tentation intégriste, il maintient l’alliance avec les laïcs (libéraux, républicains et sociaux-démocrates), utilisant l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique nord) et la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier) pour lier le pays aux démocraties libérales. Oscillant entre répression et progrès social (réforme agraire, crédits au Mezzogiorno), il veut renforcer l’exécutif pour désarmer la Curie qui pousse à l’alliance avec l’extrême droite. Mais, aux législatives de 1953, la prime majoritaire inspirée des apparentements parlementaires français de la IVe République suscite un tollé, et sa coalition n’atteint pas les 50 %. Fragilisé, son dixième gouvernement n’est pas investi. Il reste président d’honneur de la DC mais meurt sans vrai successeur.

De Gasperi, Alcide (Pieve Tesino 1881 -Sella di Valsugana 1954) ; homme politique italien.

Originaire du Trentin, D. étudie la philosophie à Vienne et fait parler de lui, dès cette époque, lorsqu’il est condamné à vingt-deux jours de détention pour avoir pris part à des manifestations antiautrichiennes. Sa revue II Trentino en fait le précurseur du rattachement du Trentin au royaume d’Italie, réalisé en 1919. D. entre au parti populaire italien (Popolari) et devient rapidement l’un des collaborateurs les plus actifs de Luigi Sturzo, homme politique, prêtre et sociologue sicilien de renommée nationale. Député à la Chambre à partir de 1921, il tente, à l’encontre des réserves émises par don Sturzo, de faire abandonner aux Popolari leur rôle de parti d’opposition, pour les amener à participer au gouvernement. Après la marche sur Rome, il se fait le porte-parole de ceux qui espèrent rétablir le calme et l’ordre et résoudre la question sociale en s’associant stratégiquement à Mussolini.

Successeur de don Sturzo à la direction du parti en 1923, D. devient, après l’assassinat de Matteotti, l’un des dirigeants les plus actifs de l’opposition lors de la « retraite sur l’Aventin » et se voit exposé tout particulièrement aux attaques brutales des fascistes. Accusé à tort d’avoir tenté de fuir le pays et de porter un passeport périmé, il est condamné en mai 1927 à quatre ans de prison ainsi qu’à une lourde amende. Lorsqu’il est libéré après seize mois de détention, il trouve refuge à la bibliothèque du Vatican où il est employé durant une décennie. Après la chute de Mussolini en 1943, il s’emploie à reconstituer le parti populaire italien et en fait la démocratie chrétienne, reprenant volontairement le nom que Romolo Murri, le père du modernisme politique, entré en conflit avec le pape, avait donné à son mouvement. Il se rattache en même temps à la tradition du libéralisme catholique du XIXe siècle (Ozanam. Toniolo) et au néo-guelfisme de Gioberti, attirant ainsi des couches plus larges de la population. De décembre 1944 jusqu’en 1953, il est Premier ministre dans huit gouvernements successifs. Bien que son parti, aux élections d’avril 1948, remporte près de 49 % des suffrages et la majorité absolue à l’Assemblée, D. décide de maintenir le gouvernement de coalition des partis du centre dans l’intérêt de la reconstruction d’après-guerre. Sous ses mandats, l’Italie connaît une période de continuité et de travail fructueux au sein d’une alliance d’orientation anticommuniste. Mais d’un autre côté, ses compromis ralentissent la résolution de la question sociale et son propre prestige comme celui de son parti subissent en 1953 des dommages considérables. En matière de politique extérieure, D., fervent partisan d’une fédération européenne, fait entrer l’Italie dans le Pacte atlantique et devant lui-même, en mai 1954, président de la Communauté du charbon et de l’acier. A cause de cette politique en avance sur son temps, on lui reproche de négliger les intérêts nationaux ; d’autant plus que le fervent irrédentiste antiautrichien d’autrefois signe avec Gruber un accord qui concède une importante autonomie aux populations germanophones de l’Italie du Nord. La vie et l’oeuvre de D. traduisent ainsi, dans un contexte de Guerre froide, la réconciliation de l’Église catholique et des exigences de la démocratie moderne.

DE GASPERI, Alcide (Pieve Tesino, Trentin, 1881-Sella di Valsugana, 1954). Homme politique italien. Chef de file des démocrates-chrétiens, président du Conseil (1945-1953), il fut l'un des « pères de l'Europe » avec le Français Robert Schuman et l'Allemand Konrad Adenauer. Originaire du Trentin, alors province autrichienne, De Gasperi défendit très tôt le mouvement irrédentiste et devint en 1905 directeur du journal II Nuovo Trentino qu'il dirigea pendant plus de vingt ans. Député au Parlement autrichien, il défendit l'italianité de sa province. Citoyen italien après la victoire de 1918, De Gasperi devint président du Parti populaire italien d'inspiration démocrate-chrétienne (1919) puis, élu député au Parlement italien, il prit très tôt des positions hostiles au fascisme. Après l'arrivée au pouvoir de Mussolini (1922) et la dissolution des partis politiques, il fut arrêté et condamné à quatre ans de prison (1926). Libéré en 1928, il occupa jusqu'à la chute du Duce un poste à la bibliothèque du Vatican. La fin du régime fasciste le ramena bientôt au premier plan de la vie politique. Il représenta la démocratie chrétienne au sein du Comité de libération nationale. Ministre dans les deux gouvernements Bonomi (juin 1944-novembre 1945), il devint, après la proclamation de la République, président du Conseil (décembre 1945) et demeura à ce poste dans huit cabinets successifs (décembre 1945-juillet 1953), dominant désormais la scène politique nationale. Il signa avec les Alliés le traité de paix et entérina les accords du Latran conclus avec Mussolini en 1929. Dans le nouveau contexte de la guerre froide, il élimina les ministres communistes de son cabinet et, après un voyage officiel aux États-Unis (janvier 1947), obtint la renonciation aux réparations de guerre puis l'aide du plan Marshall grâce auquel il entreprit le redressement économique du pays. De Gasperi s'aligna résolument sur le Pacte atlantique et fut, avec Robert Schuman et Konrad Adenauer - comme lui démocrates et chrétiens -, le principal artisan de la mise en place des premières institutions européennes : Conseil de l'Europe (1949), Communauté européenne de défense (1952). Il amorça enfin l'intégration économique de l'Europe en faisant adhérer l'Italie à la CECA (Communauté européenne du charbon et de l'acier) en 1951. Il est considéré en Italie comme le « président de la reconstruction ».

Liens utiles