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CRÉSUS

Dernier roi de Lydie (de 561 environ à 546). Fils d'Alyatte, de la dynastie des Mermnades, il conquit la Pamphylie, la Mysie et la Phrygie jusqu'à l'Halys. Il était célèbre par ses richesses, et sa cour, à Sardes, était le rendez-vous des philosophes et des poètes. Il organisa le système monétaire lydien sur la base d'un bimétallisme or et argent. La pièce courante était le statère. Le rapport or/argent fut fixé, après quelques hésitations, à 13,33/1 ; il s'imposa jusqu'au Ve s. à tout le monde grec. Solon étant venu lui rendre visite, Crésus lui montra avec orgueil ses palais et ses trésors, mais s'attira cet avertissement du sage Athénien : « N'appelons personne heureux avant sa mort. » Allié aux Assyriens contre Cyrus, Crésus fut battu, assiégé dans sa ville de Sardes, et il perdit son trône (546). Promis à mourir brûlé vif, il se serait écrié devant son bûcher, selon Hérodote : « Ô Solon, Solon ! » Cyrus lui fit demander l'explication de cette parole et, frappé à son tour par l'instabilité des choses humaines, lui fit grâce et le garda amicalement auprès de lui.

Crésus, Croesus ; dernier roi Mermnade de Lydie [v. 560-546 av. J.-C.].

Son nom est synonyme d’une fortune colossale. Et il est vrai que ses richesses comme son destin tragique frappèrent l’imagination des Anciens (cf. les récits d’Hérodote). Fils du roi Alyatte, à qui il succède après avoir éliminé un demi-frère, C. mène la Lydie au sommet de sa puissance, de la côte à l’ouest au fleuve Halys à l’est, avec comme capitale Sardes dont il fait une ville importante, riche, peuplée (50 000 habitants ?) et attractive. Ambitieux, conquérant, C. est le premier Barbare à soumettre les cités grecques de la côté d’Asie Mineure, en contraint certaines à payer tribut (une des sources de sa richesse), s’allie avec d’autres. Ses contacts avec la Grèce ne sont pas que guerriers : il entretient de bonnes relations avec Sparte, contribue à la reconstruction de l’Artémisium d’Ephèse, consulte l’oracle de Delphes après lui avoir consacré d’importantes offrandes et aurait, selon une tradition légendaire, reçu la visite de Solon le législateur. Il se trouve ainsi à la croisée des échanges culturels et commerciaux entre Orient et hellénisme, entre monde perse et monde grec. De cette situation, C. sait tirer un parti commercial et politique : il est un des premiers à frapper monnaie et à la faire circuler, plus pour signaler ses prérogatives politiques que pour en tirer un profit financier. Et il semble que son étalon monétaire s’imposât. Contre la Perse de Cyrus II, malgré une victoire, il ne peut résister. Sardes est prise ; C., prisonnier, aurait terminé ses jours comme conseiller du Grand Roi. De nombreuses légendes entourent la fin de C. ; elles brodent sur le thème « la richesse ne fait pas le bonheur ».

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