COSAQUES
Paysans soldats qui habitaient diverses régions de l'ancien Empire russe et qui jouirent jusqu'à 1918 d'une certaine autonomie en échange du service militaire. Les Cosaques (du turc kazak, « rebelle », « homme libre ») furent formés à l'origine par des paysans fugitifs venus de l'Asie centrale sous domination turque (XVe s.) ; un autre groupe apparut au XVIe s. en Ukraine occidentale, composé de paysans petits-russiens, de religion orthodoxe, qui fuyaient la dureté de la condition paysanne dans l'État polono-lituanien, ainsi que de paysans et de marginaux grand-russiens qui fuyaient le servage et la loi du tsar.
Ce second groupe, établi sur les rives du Dniepr inférieur, prit le nom de Cosaques Zaporogues (« Cosaques d'au-delà des rapides » du fleuve). Sous la domination nominale des rois de Pologne, ils étaient, en fait, complètement indépendants, mais défendaient les frontières méridionales de la Pologne contre les Tatars. Au XVIIe s., la politique des rois de Pologne, persécuteurs des orthodoxes, provoqua plusieurs révoltes des Cosaques Zaporogues. La plus grave se produisit en 1648, sous la conduite de l'hetman Bogdan Chmielnicki, qui s'allia aux Tatars de Crimée contre les Polonais. En 1654, les Zaporogues firent reconnaître leur indépendance avec l'appui des Russes, mais ils tombèrent sous la coupe du tsar, auquel la Pologne dut céder la rive gauche du Dniepr (traité d'Androussovo en 1667). Lors de l'expédition de Charles XII, l'hetman Mazeppa s'allia avec le roi de Suède contre Pierre le Grand et tenta de détacher l'Ukraine de la Russie, mais son entreprise échoua. Après l'insurrection de Pougatchev (un Cosaque du Don), la Sietch des Cosaques Zaporogues, une puissante forteresse située dans une île du Dniepr, fut détruite (1775) et les dernières libertés cosaques furent abolies.
Les Cosaques du Don, établis sur le cours inférieur de ce fleuve, avaient reconnu la suzeraineté de Moscou dès le règne d'Ivan le Terrible, mais ils formaient, comme les Zaporogues, une république indépendante. Ils aidèrent les Russes dans la conquête de l'Oural, des rives de la Caspienne et de la Sibérie. Ils se révoltèrent avec Stenka Razine (1669/71) et avec Pougatchev (1773/74), et, après ce dernier soulèvement, perdirent leur autonomie. Cependant, au cours du XIXe s., le tsarisme sut se les attacher en leur accordant la propriété des terres en échange du service militaire. Ils servaient dans des régiments exclusivement composés de Cosaques.
Au début du XXe s., il y avait environ 5 millions de Cosaques en Russie. Les groupes les plus importants étaient les Cosaques du Don (1 500 000), les Cosaques du Kouban, Zaporogues transférés à la fin du XVIIIe s., et les Cosaques de l'Oural. On trouvait également des voiska de Cosaques au Caucase, en Transbaïkalie, à Omsk, à Irkoutsk, à Astrakhan, à Vladivostok. Le régime soviétique ayant supprimé le statut des Cosaques en juin 1918, la plupart d'entre eux combattirent avec les Blancs durant la guerre civile, sous le commandement du général Krasnov, qui se réfugia ensuite en Allemagne ; 30 000 autres Cosaques émigrèrent. Mais des Cosaques se distinguèrent aussi dans les rangs des bolcheviks, en particulier dans la cavalerie de Boudienny, au cours de la guerre polono-soviétique (1920). Sous le régime soviétique, les Cosaques furent intégrés dans les nouvelles circonscriptions administratives. Pendant la Seconde Guerre mondiale se formèrent des unités cosaques qui combattirent du côté allemand, sous le commandement d'un colonel allemand, devenu ataman (ou hetman), von Pannwitz. Capturés par les Britanniques à la fin de la guerre, 170 000 Cosaques, hommes, femmes et enfants, qui avaient suivi la retraite de la Wehrmacht, furent livrés aux Soviétiques à la fin de mai 1945. Pannwitz, le général Krasnov et d'autres chefs cosaques de la guerre civile de 1918/20 furent pendus à Moscou en janv. 1947.
COSAQUES. Nom donné aux populations guerrières, en majorité slaves, de l'ancienne Russie. À l'origine formés par des paysans fuyant l'Asie centrale dominée par les Turcs et la Moscovie, les Cosaques peuplèrent au cours du XVe siècle les steppes du sud de la Russie. Aux XVIe et XVIIe siècles, les communautés cosaques les plus importantes, pour la plupart organisées en démocraties militaires dont les chefs étaient élus, furent les « Cosaques du Don », les « Cosaques du Dniepr » et les « Zaporogues ». Après avoir perdu leurs dernières libertés sous Catherine II, les Cosaques furent intégrés dans l'armée russe. Au XIXe siècle, ils participèrent à l'expansion de l'Empire russe.