CORÉE DU NORD
État d'Asie situé au N. de la péninsule coréenne ; capitale Pyongyang. Lors de l'indépendance, l'ancienne zone d'occupation du Nord fut évacuée en déc. 1948 par les troupes soviétiques, qui y laissèrent un important matériel militaire. Déjà secrétaire général du parti communiste de Corée en 1945, Kim Il-sung devint secrétaire général du parti du travail en 1946. Soutenu par l'URSS et la Chine, il engagea les hostilités contre le Sud en juin 1950 (v. Corée, guerre de). À l'origine des idéologies autarciques et volontaristes Juch'e et Tcheullima Undong, Kim Il-sung procéda à la collectivisation totale de l'économie. Élu président en 1972, il céda au culte de la personnalité et favorisa l'ascension de son fils dans la hiérarchie de l'armée et du parti. Après la rupture de 1958 entre l'URSS et la République populaire de Chine, il essaya de maintenir une politique d'équilibre entre ses deux puissants voisins. En janv. 1984, il proposa des négociations entre les États-Unis et les deux Corées pour la paix et la réunification. Ces négociations n'aboutirent qu'avec l'arrivée au pouvoir en Corée du Sud de Roh Tae-woo ; un traité de réconciliation fut conclu qui permit l'admission simultanée des deux pays à l'ONU en sept. 1990. Maintenant un contrôle sans partage sur son pays, Kim s'opposa à toute libéralisation jusqu'au début des années 1990. À la suite de l'effondrement de l'URSS, le bilan économique du régime s'aggrava et provoqua des émeutes sporadiques de populations affamées. Le décès de Kim Il-sung, en juill. 1994, donna lieu à de grandioses funérailles orchestrées par son fils Kim Jong-Il, qui le remplaça à la tête du parti du travail de Corée en 1997, s'emparant ainsi du pouvoir effectif. Le pays continua à souffrir de la famine - dans des proportions difficiles à évaluer - à cause de conditions climatiques difficiles mais aussi d'une planification inefficace. En mai 1999, la Corée du Nord reconnaissait 220 000 morts, tandis que des ONG évaluaient leur nombre de 1 à 3 millions et que le Programme alimentaire mondial (PAM) évoquait une amélioration de la situation. Sur le plan diplomatique, le pays oscilla entre menaces et négociations. Le possible développement de l'arme nucléaire, le survol du Japon par un missile intercontinental en août 1998, la véritable bataille navale qui opposa en juin 1999 des navires des deux Corées apparurent comme des moyens de pression dans les négociations avec les États-Unis et la Corée du Sud qui se déroulaient depuis 1993, portant tour à tour sur une aide alimentaire ou sur le gel du programme nucléaire militaire. L'été 2000 sembla marquer un changement de politique. En juin eut lieu la première rencontre entre les présidents des deux Corées ; elle aboutit à un texte assez vague qui abordait pourtant l'idée d'une réunification. Au mois d'août, il y eut des retrouvailles de familles séparées depuis la guerre de Corée et le processus de réconciliation s'accéléra avec le projet de créer une ligne de chemin de fer qui relierait les deux pays.