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CONVENTION

Du latin conventio, «assemblée», «pacte» (de convenire, «se rassembler», « tomber d'accord »).

- Ce qui résulte d’un accord entre deux ou plusieurs personnes. - Au pluriel (les conventions), ce qu’il convient d’admettre, ce qui est tenu pour normal dans une société donnée.

• Dans le dialogue de Platon intitulé Cratyle, Hermogène affirme que les noms n'ont pas de rapport objectif avec les choses qu'ils désignent ; ce sont de simples conventions librement adoptées par les hommes.

CONVENTION, n.f. (lat. cum venio « venir avec »). ♦ 1° Le sens originel est donc celui d’un rassemblement de personnes qui se réunissent pour prendre en commun des décisions de portée générale. C’est en ce sens que la Convention désigne la forme de gouvernement adoptée par la France de 1792 à 1795 et qu’on parle de « conventions internationales » pour désigner des accords internationaux. ♦ 2° Un sens dérivé très usuel est celui d’accords ou d’affirmations qui reposent, non sur la nature des choses, mais sur une décision volontaire, qui peut comporter certains éléments d’arbitraire : c’est par convention que les voitures, en France, roulent à droite. Aucune nécessité naturelle ou logique ne l’impose. Dans le même sens, en soulignant l’absence de fondement absolu, on parle de « conventions sociales ». ♦ 3° En philosophie des sciences, Henri Poincaré et à sa suite de nombreux penseurs ont montré que les sciences reposent sur un certain nombre de principes qui n’ont pas de fondement absolu. Les axiomes, par exemple, sont des conventions. D’autres géométries que la géométrie euclidienne sont concevables, mais elles sont moins « commodes ». Il faut se garder ici de donner au mot « convention » un caractère arbitraire. Les décisions scientifiques, si elles ne s’imposent pas, sont néanmoins réfléchies, rationnelles et correspondent aux indications de la nature. Les principes de la science sont des choix libres de l’esprit, mais fondés, rationnels et féconds.

CONVENTION

Indépendamment de ses connotations parfois péjoratives, ce terme désigne tout accord entre différentes personnes ou groupes. Il est utilisé plus particulièrement par certains théoriciens du droit ou de la morale (Hobbes, Rousseau) pour évoquer les principes délibérément choisis par la collectivité afin d’instituer un ordre permettant la coexistence humaine. C’est dans le même sens que l’on peut souligner l’aspect conventionnel du langage. ♦ En épistémologie, Henri Poincaré emploie ce mot pour désigner des principes scientifiques ne reposant ni sur l’expérience ni sur des a priori rationnels : tels seraient les axiomes mathématiques.

CONVENTIONNALISME

Point de vue admettant, depuis Poincaré, que tous les principes scientifiques ou philosophiques sont des conventions, ce qui a pour conséquence d’affirmer une validité semblable à tous les systèmes cohérents. Dans cette optique, les conventions initiales d’un système peuvent être modifiées, non parce qu’elles seraient réfutables (notamment par l’expérience), mais parce qu’on peut en produire de nouvelles, et en conséquence d’autres théories, qui seront plus utiles (elles permettent par exemple d’effectuer des prédictions plus nombreuses).

CONVENTION (n. f.) 1. — Décision prise en commun sur certains points. 2. — Ce qui résulte d’une convention au sens 1. 3. — Ce qui est arbitraire ; par ext., ce qui est arbitraire sans être convention au sens 1 ou 2. 4. — Accord tacite : « Deux hommes rament ensemble sur un bateau, par une convention commune, dans un intérêt commun, sans nulle promesse ni contrat... c’est ainsi que la parole, les mots, la langue sont fixés par une convention et un accord communs » (Hume). 5. — Pour Poincaré, les axiomes géométriques sont des conventions ; ils ne sont ni des nécessités a priori, ni des faits expérimentaux, nous les choisissons parmi d’autres possibles, guidés par des faits expérimentaux (leur commodité), c’est pourquoi ils ne sont pas arbitraires, mais leur choix demeure libre, ils pourraient être autres. 6. — Conventionnel : qui résulte d’une convention ou en est une. 7. — Conventionalisme : doctrine qui considère les axiomes scientifiques ou les principes moraux comme des conventions (Protagoras, Poincaré, Carnap, Popper).

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