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CONGO

État de l'Afrique équatoriale formé par l'ancienne colonie française du Moyen-Congo ; capitale Brazzaville. Accostée par les Portugais en 1482, l'embouchure du Congo resta longtemps sous leur influence. Le royaume du Kongo, qui contrôlait l'ensemble de la région, se christianisa et le portugais devint la langue de la cour. Au XVIIIe s., des commerçants français, principalement des trafiquants d'esclaves et d'ivoire, commencèrent à visiter les côtes avoisinant l'embouchure du Congo. Mais l'exploration systématique de la région congolaise par la France fut inaugurée seulement en 1875, par Savorgnan de Brazza, qui remonta le cours de l'Ogooué. Les initiatives de Léopold II de Belgique, qui venait d'engager Stanley, poussèrent la France à s'assurer rapidement des droits à l'occupation des terres congolaises. En sept. 1879, Brazza passa un traité avec Makoko, roi des Tékés, et les bases de la souveraineté française sur la rive droite du Congo étaient déjà établies lorsque Brazza rencontra Stanley au Stanley Pool, en déc. 1882. Un poste avait été fondé à Ntamo, qui devait devenir Brazzaville. Le traité de 1887 fixa les frontières des possessions françaises et de l'État libre du Congo, et, en 1891, fut fondée la colonie du Congo français. Lors de la création de l'Afrique-Équatoriale française (1910), les régions explorées par Brazza furent divisées en deux territoires, le Gabon à l'ouest, le Moyen-Congo à l'est. À la suite de la crise marocaine, la France, pour avoir les mains libres au Maroc, céda à l'Allemagne, par le traité du 4 nov. 1911, une partie du Congo (la vallée de la Sangha jusqu'au fleuve Congo), qui devait être réannexée en 1919. Le Congo, qui s'était rallié à de Gaulle dès 1940, devint en 1946 un territoire français d'outre-mer, représenté à l'Assemblée nationale. À la suite du référendum de 1958, le Congo devint une république au sein de la Communauté française. Il connut dès sa naissance des troubles sanglants qui opposaient les Kongos Balalis, partisans de l'abbé Fulbert Youlou, et les Tékés Mbochis, qui soutenaient le parti populaire congolais de Jacques Opangault. Les partisans de Fulbert Youlou obtinrent la majorité aux élections de juin 1959 et le Congo proclama son indépendance complète le 15 août 1960. Élu président, l'abbé Fulbert Youlou fut renversé par un coup d'État en août 1963. Le Congo adopta une ligne « socialiste » sous la conduite d'Alphonse Massemba-Debat (1963/68). Après sa démission forcée, (sept. 1968), le pouvoir passa à des militaires et le capitaine Ngouabi devint chef de l'État. En 1971, le Congo devint République populaire, l'économie fut étatisée et les sociétés étrangères quittèrent progressivement le pays. En 1977, Ngouabi fut renversé par le général Yhombi-Opango, qui s'effaça deux ans plus tard devant l'homme fort du parti congolais du travail, le colonel Denis Sassou-Nguesso. Celui-ci, sans remettre en question les dogmes marxistes, sut se rapprocher de la France. En 1991, une conférence nationale opta pour le multipartisme et l'abandon du marxisme. En 1992, Pascal Lissouba réunit une coalition qui remporta les législatives et il fut lui-même élu à la présidentielle qui suivit. Les nouvelles élections législatives de juin 1993, favorables au président, furent vivement contestées par l'opposition. La violence embrasa alors le pays, et l'organisation d'un troisième tour, en nov. 1993, dans les circonscriptions contestées, n'enraya pas les violences ni la multiplication de milices partisanes encadrées par des militaires. 00020000034C00000DC4 346,En juin 1997, des troubles meurtriers éclatèrent à Brazzaville, entre les soldats du président Pascal Lissouba et les miliciens de l'ancien président Denis Sassou-Nguesso. L'armée française intervint afin d'évacuer les ressortissants étrangers. Après des combats intermittents, la victoire revint en oct. 1997 aux miliciens « Cobra » de D. Sassou-Nguesso qui s'autoproclama président de la République, sur les milices « Cocoye » et « Ninja », proches de l'ancien président Pascal Lissouba. Des centaines de milliers de réfugiés se trouvaient alors coupés de tout approvisionnement. Un cessez-le-feu, signé en sept. 1999 avec la médiation du président gabonais Omar Bongo, permit le retour d'une partie d'entre eux, mais la restauration de la paix s'annonçait difficile. En oct. 2002, D. Sassou-Ngesso a été élu président de la République.

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