Databac

CONCENTRATION (camps de)

Sites d'internement et de travail forcé pour des opposants politiques mis en place par des États. Ainsi firent les Espagnols à Cuba en 1896 et les Anglais durant la guerre des Boers en 1901/02. Le premier État qui établit un système concentrationnaire durable fut l'URSS, dès 1920. On estime qu'entre 1930 et 1953, près de quinze millions de personnes sont passées par les camps du goulag (acronyme d'« administration centrale des camps »), révélés par Alexandre Soljenitsyne, auteur de L'Archipel du goulag, publié en Occident en 1973/74. Avant la mort de Staline, le goulag enfermait près de 2,5 millions de personnes, main-d'œuvre abondante pour creuser des canaux, construire le second Transsibérien, travailler dans les mines de nickel de Norilsk, de charbon du Kouzbass ou d'or de la Kolyma. La mort de Staline permit de détruire un système lourd à gérer, secoué par des révoltes, mais des camps existaient encore dans les années 1970 pour des condamnés de droit commun, des croyants irréductibles et des membres de minorités nationales et d'opposants au régime. Dans l'Allemagne nazie, des camps de concentration furent ouverts, dès févr. 1933, pour interner des opposants politiques. Le système concentrationnaire prit forme lorsque Himmler devint le chef de la police allemande en 1936. En janv. 1937 existaient les camps de Dachau et de Sachsenhausen ; furent ouverts ensuite les camps de Buchenwald (juill. 1937), de Mauthausen (1938), de Neuengamme, de Ravensbrück (pour les femmes), de Flossenburg. Le 10 avr. 1939, la population des camps s'élevait à 280 000 individus. De 1940 à 1942 les camps de Lublin, d'Auschwitz, de Theresienstadt, de Dora, du Struthof (en Alsace), de Bois-le-Duc (Pays-Bas) furent ouverts et, en 1943, celui de Bergen-Belsen. Environ huit millions de personnes souffrirent de l'univers concentrationnaire nazi dont l'administration dépendait de la SS (Schutzstaffel). Elle s'appliquait à mélanger les détenus de toutes sortes (opposants politiques, résistants, homosexuels, trafiquants de marché noir, etc.). Les détenus ont constitué une main-d'œuvre très bon marché pour des entreprises industrielles. La mortalité y dépassait couramment les 50 %. Certains camps nazis avaient une fonction particulière ; au nombre de six, ils étaient des camps d'extermination par gazage, mis en place à partir des derniers mois de 1941 : Chelmno, Belzec, Sobibor, Treblinka étaient uniquement des camps de la mort, Majdanek et Auschwitz-Birkenau, étant à la fois camp de travail et camps de la mort. Au début de 1941, la « solution finale » pour les Juifs fut leur extermination ; de toute l'Europe occupée, des Juifs furent conduits dans les camps de la mort et, au cours des derniers mois de 1942, Himmler décida de faire d'Auschwitz le grand centre de gazage : 2,7 millions de Juifs furent ainsi exterminés, dont 1 million à Auschwitz, et 300 000 moururent dans des camps de concentration. Les Tziganes furent également victimes de la persécution nazie et on estime à 500 000 le nombre de ceux qui périrent dans les camps.

CONCENTRATION ET D'EXTERMINATION (Camps de). Camps d'internement et de travail forcé établis par certains États pour y emprisonner des civils considérés comme politiquement indésirables. Des camps de concentration furent organisés par les Espagnols lors du soulèvement de Cuba (1896), par les Anglais lors de la guerre des Boers ( 1899-1902) et par les États-Unis lors des guerres contre les Indiens d'Amérique. Le premier État qui institua un système concentrationnaire durable (le Goulag) fut l'URSS, les camps de concentration nazis restant, depuis la Seconde Guerre mondiale, le comble de l'horreur et de la barbarie. Dans l'Allemagne hitlérienne, s'ouvrirent à partir de mars 1933 plusieurs camps de concentration (Dachau, Oranienburg, Sachsenhausen, Buchenwald) où furent enfermés d'abord les opposants allemands au régime. Placé dès 1936 sous le contrôle des Sections spéciales (SS) et de Heinrich Himmler, le système des camps fut étendu dès 1939 à tous les pays occupés par les Allemands (Auschwitz et Treblinka en Pologne, Mauthausen en Autriche mais aussi en Bohême, en Alsace et dans les Pays baltes) et étendu à toute l'Allemagne (Bergen-Belsen, Dora-Mittelbau, Ravens-brück). Parmi la population des camps de concentration se trouvaient en grande majorité des juifs et des membres de mouvements de résistance contre le nazisme, mais aussi des tsiganes, des homosexuels, des handicapés mentaux et physiques. Les conditions d'existence des détenus furent dramatiques (sous-alimentation, froid, insalubrité, brutalités quotidiennes des « ka-pos ») ainsi que leurs conditions de travail. Cette main-d'oeuvre gratuité fut exploitée sans limites pour divers travaux dans les camps et dans les usines produisant pour l'effort de guerre et appartenant aux grands groupes industriels comme Krupp, I. G. Farben ou Siemens. Des expériences médicales furent de plus menées sur des cobayes humains. À partir de 1942, afin de régler la « solution finale » du problème juif, fut lancé un programme d'extermination systématique par asphyxie dans les chambres à gaz (gaz Zyklon B), en particulier à Auschwitz (il prenait la suite des Einsatzgruppen qui exterminaient les juifs là où ils se trouvaient). On estime à près de 6 millions les juifs victimes des camps d'extermination, auxquels il faut ajouter environ 2 millions de morts causées par les mauvais traitements, la malnutrition et les épidémies. Après la guerre, les responsables du système furent jugés par les tribunaux alliés puis, plus tard, par les tribunaux allemands. Voir Eichmann (Adolf), Nuremberg (Tribunal de).

Liens utiles