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Chamberlain, Joseph (Londres 1836-id. 1914) ; homme politique britannique.

Chamberlain, Joseph (Londres 1836-id. 1914) ; homme politique britannique.

Bien qu'il ne soit jamais devenu Premier ministre, Joseph C. est incontestablement la principale personnalité de la scène politique britannique de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Né dans la moyenne bourgeoisie, il fait fortune dans les affaires. Conseiller puis maire (1873-1876) de la grande cité de Birmingham, il révolutionne l'administration communale anglaise en réformant les services de santé de la ville, en éliminant les bidonvilles et en municipalisant la distribution du gaz et de l'eau. Il contribue également d'une manière décisive à l'introduction de la scolarité obligatoire en Angleterre, en organisant une vaste campagne de propagande. Élu en 1876 à la Chambre des communes et appelé en 1880 par Gladstone au ministère du Commerce, C. se prononce, comme Dilke, pour un aménagement de l'organisation du parti libéral, pour un changement de pouvoir au sein du parti, pour la transformation d'un parti gouvernemental en un mouvement de masse et pour un vaste programme de réformes sociales revêtant parfois un caractère socialiste. Consécutive à l'attribution par le gouvernement de l'autonomie à l'Irlande (1886), ce qui entraîne la fusion progressive des « unionistes libéraux » conduits par C. avec le parti conservateur, sa rupture avec Gladstone a plusieurs conséquences : elle détourne les travailleurs des libéraux, accélère la mutation du parti conservateur en un parti populaire et marque un tournant dans l'histoire politique de la Grande-Bretagne. En 1895, Salisbury nomme C. ministre des Colonies. Celui-ci soutient le projet de Cecil Rhodes d'étendre la domination anglaise à l'Afrique du Sud et constituer ainsi un empire colonial africain, qui serait parcouru du nord au sud par une ligne ferroviaire reliant Le Caire au Cap. Dans ce but, il entreprend la guerre contre les Boers (1899-1902). Par sa foi en la mission universelle des Anglo-Saxons et par sa sympathie clairement affichée à l'égard des pays coloniaux (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande) déjà plus démocratisés que la mère-patrie, il est le principal représentant de la nouvelle génération des impérialistes britanniques. Sa conception d'une étroite association fédérative des parties de l'Empire habitées par une population blanche, qui doit être économiquement consolidée par un système de préférences mutuelles protégeant l'Empire de la concurrence étrangère, provoque de vives secousses au sein du parti conservateur sensible à la tradition anglaise du libre-échange, et entraîne la victoire libérale de 1906. Personnalité dominante des gouvernements Salisbury (1895-1902) et Balfour (1902-1903), C. contribue dans une large mesure à une révision de la diplomatie traditionnelle britannique qui, jusqu'alors, refusait les alliances, préférant un « splendide isolement » : il s'évertue à renforcer les relations anglo-américaines, se prononce pour une alliance avec l'Allemagne et - après la rupture des pourparlers germano-britanniques (1898-1901) sur le sujet - entame avec la France des négociations qui débouchent sur la proclamation d'une « Entente cordiale ».



CHAMBERLAIN, Joseph

(Londres, 1836-Birmingham, 1914). Homme politique britannique, il fut à la fin de l'ère victorienne l'un des grands promoteurs de l'expansion coloniale et impérialiste britannique. Enrichi dans l'industrie, il devint maire de Birmingham ( 1873-1876) puis député libéral aux Communes (1876). Ministre du Commerce (1880-1885), il prit la tête du Parti libéral unioniste (partisan du maintien de l'union entre l'Irlande et l'Angleterre) qui se rapprocha des conservateurs et provoqua ainsi la scission du Parti libéral. Ministre des Colonies ( 1895-1903), il mena à bien la guerre des Boers qui aboutit à l'annexion de l'Orange et du Transvaal (Afrique australe). Mais Chamberlain ne parvint ni à imposer le protectionnisme ni à maintenir le « splendide isolement » remis en question par la signature de l'Entente cordiale (1904) avec la France. Voir Chamberlain (Arthur Neville), Chamberlain (Joseph Austen), Home Rule, Unionistes, Victoria Ire.

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