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CASTRO Fidel

Homme politique et dictateur cubain. Après une première tentative d'insurrection contre le régime de Batista, en 1953, Castro fut arrêté, puis gracié (1954), et se réfugia au Mexique. Il reprit la guérilla de 1956 à 1959, dans la sierra Maestra, et parvint à chasser Batista. Devenu Premier ministre en févr. 1959, il se heurta, en raison de sa politique de nationalisation et de réforme agraire, à l'hostilité grandissante des États-Unis, qui décrétèrent le blocus économique de l'île. La crise de Cuba (v.) (1961/63), sanctionnée par l'échec d'une tentative d'installation de bases militaires soviétiques, consacra cependant la pérennité du régime castriste et ouvrit toute l'Amérique latine à la propagande antiaméricaine et à la révolution par l'action des guérilleros. Devenu le champion de la lutte anti-impérialiste, F. Castro put renforcer son pouvoir personnel sur Cuba bientôt enserré dans un régime policier, tout en réalisant de profondes réformes, avec l'aide économique de l'URSS et des pays de l'Est. Cependant, l'exécution du général Ochoa et de trois autres officiers supérieurs, en juill. 1989, témoignait des dissensions internes au régime, tandis que la chute du bloc soviétique le privait d'un soutien économique indispensable. Castro résista pourtant aux pressions des dirigeants latino-américains et espagnols, qui, dans les années 1990, redoublèrent leurs conseils de libéralisation du régime. Si l'asphyxie économique du pays a contraint Fidel Castro à admettre une faible libéralisation de l'économie et à écorner les acquis sociaux de la révolution, le régime politique, condamné par le Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU en avr. 1999, est resté totalitaire.

Castro, Fidel (né à Mayari [Oriente] en 1926) ; chef d’État cubain [depuis 1959].

Cet avocat issu d’un milieu aisé s’est illustré dès sa jeunesse par une opposition constante au régime de Batista en qui il voit le symbole de la dépendance de Cuba vis-à-vis des États-Unis. Partisan de l’action, il fonde un groupe armé qui échoue dans l’attaque d’une caserne le 26 juillet 1953. Emprisonné, puis libéré deux ans plus tard, il s’exile au Mexique où il rencontre Guevara. Il débarque à Cuba et mène, avec ses barbu-dos, dans la Sierra Maestra une lutte armée à partir de 1956 : une légende se forme. En 1958, C. porte de rudes coups au régime de Batista. Son mouvement rallie désormais paysans et classes moyennes urbaines. Victorieux en janvier 1959, C. installe un régime décidé à réformer profondément le pays. Il évolue lentement vers le socialisme. En 1960, C., Lider maximo, proclame l’appartenance « au camp socialiste » et nationalise les entreprises privées, en particulier les biens américains. En octobre, les Etats-Unis imposent un embargo économique : Cuba devient un enjeu stratégique. Le blocus américain, la rupture des relations diplomatiques par les États-Unis en janvier 1961, le soutien de la CIA aux exilés cubains (débarquement de la « Baie des cochons », avr. 1961) rapprochent encore C. de l’URSS. Le 1er mai 1961, Cuba devient « république socialiste ». En octobre 1962, l’URSS, à la suite d’une très grave crise internationale, doit retirer de l’île les fusées atomiques qu’elle y avait installées. En 1965, C. instaure officiellement à Cuba le parti unique. Orateur du mouvement des non-alignés, il tente de diffuser le modèle cubain dans le tiers-monde, en Amérique du Sud par la guérilla, en Afrique où ses troupes interviennent en Angola (1975). Économiquement dépendant de l’URSS, Cuba ne peut se départir d’une soumission de plus en plus étroite à son puissant allié. L’écroulement de ce dernier en 1991 isole un régime de plus en plus dur, contesté et que la population abandonne.

Bibliographie : F. Castro, Révolution cubaine, 1968 (Citations), H. de La Vega et R. Sorin prés., 1981 ; J.-J. Nattiez, F. Castro, et textes essentiels, 1968 ; H. Matthews, Fidel Castro, 1970 ; C. Delmas, 1961-1962, Crises à Cuba, Bruxelles, 1983 ; T. Szulc, Castro, trente ans de pouvoir absolu, 1987 ; J.-L. Fogel et B. Rosenthal, Fin de siècle à La Havane. Les secrets du pouvoir cubain, 1992.

CASTRO, Fidel (Mayari, prov. d'Oriente, 1927-). Homme politique cubain, Premier ministre (1959) puis chef de l'État depuis 1976. Marxiste, l'un des porte-parole du tiers monde, allié inconditionnel de l'URSS, Fidel Castro se trouve aujourd'hui isolé dans un contexte intérieur et international hostile. Fils d'un planteur aisé, élevé dans des collèges de jésuites, il s'inscrivit en 1943 à la faculté de droit de La Havane, devint président de la fédération universitaire des étudiants puis s'engagea dans l'action révolutionnaire. Il prit une part active dans la tentative de renversement du dictateur dominicain Rafael Trujillo et en Colombie participa au soulèvement populaire provoqué par l'assassinat d'un leader libéral. Avocat à La Havane, il défendit les déshérités et décida, après le coup d'État qui porta Batista au pouvoir (1952), de passer à l'action directe afin de rétablir la démocratie. Le 26 juillet 1953, il prit d'assaut, avec 150 jeunes militants, la caserne de Moncada à Santiago de Cuba, échoua et fut condamné, ainsi que son jeune frère Raul, à quinze ans de prison. Après avoir bénéficié de l'amnistie générale de 1956, Castro s'exila au Mexique où il rencontra Ernesto « Che » Guevara et lança le Mouvement du 26 juillet. Il débarqua le 2 décembre 1956 sur la côte méridionale de Cuba et avec 12 compagnons rescapés, prit le maquis. À partir de 1958, les barbudos déclarèrent la « guerre totale » au régime Batista. La résistance s'étendit à tout le pays et obligea le dictateur à s'enfuir (janvier 1959). Castro devint Premier ministre et engagea le pays dans une profonde transformation économique - nationalisation des banques, de l'industrie, expropriation des entreprises sucrières étrangères, collectivisation des terres -tandis que les États-Unis qui donnaient asile à un grand nombre d'opposants politiques, s'opposèrent de plus en plus à son régime. Toutes les tentatives des exilés pour renverser le pouvoir de Castro furent des échecs, en particulier le débarquement, soutenu par les États-Unis, de la baie des Cochons (avril 1961). Castro s'engagea alors dans une alliance plus étroite avec l'Union soviétique qui installa dans l'île environ 40 rampes de lancement de missiles (octobre 1962), retirés sous la pression américaine (crise de Cuba). Tandis que les États-Unis s'employaient, sans grand succès, à isoler le régime castriste devenu le symbole de la lutte pour l'indépendance, l'URSS soutint le premier régime socialiste d'Amérique latine. Cuba reçut une aide financière en vendant son sucre à Moscou largement au-dessus du cours mondial et en achetant le pétrole soviétique bien au-dessous du cours de l'OPEP. Castro accepta en contrepartie d'intervenir militairement en Angola, et de devenir le porte-parole de l'URSS en Amérique latine et en Afrique. L'intervention militaire américaine à la Grenade (1983) décidée par le président Ronald Reagan pour éviter la création d'un « relais de la subversion soviéto-cubaine » et les problèmes économiques et financiers créèrent d'importantes difficultés à Fidel Castro, sans parler des atteintes aux droits de l'homme dénoncés par Amnesty International, malgré la libération, sur intervention de la France, de l'écrivain cubain Armando Valladares, emprisonné pendant 22 ans.

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