Brutus, Marcus lunius (v. 85-42 av. J.-C.) ; meurtrier de César.
Brutus, Marcus lunius (v. 85-42 av. J.-C.) ; meurtrier de César. Ses propres goûts et la culture soignée habituelle à l'aristocratie romaine ont fait du jeune B., neveu par adoption et plus tard beau-fils de Caton d'Utique, un des orateurs et des écrivains politico-philosophiques les plus en vue de son temps. Cicéron se vantait d'être l'ami de cet homme réputé pour son intégrité et son indépendance d'esprit. En 58, il accompagne Caton à Chypre ; en 53, il est questeur, en Cilicie. Pendant la guerre civile, il se range aux côtés de Pompée qu'il avait pourtant brocardé en 52. Après la défaite des Pompéiens à Pharsale (48), il se rend à César qui lui pardonne et dont il gagne l'amitié. En 46 César lui confie le gouvernement de la Cisalpine et en 44, il le fait préteur urbain, avec promesse de consulat. Les pouvoirs extraordinaires et les honneurs presque divins obtenus par César poussent les « républicains » (or, B. comptait Lucius lunius Brutus, le premier consul, parmi ses ancêtres) de conviction à mettre sur pied une conjuration contre le dictateur. B. est l'âme du complot ; Cassius en est le cerveau. Sous les coups des « libérateurs », César est poignardé, le 15 mars 44, au pied de la statue de Pompée. L'opinion populaire se tourne alors contre les assassins qui ne savent que faire de leur meurtre. Réfugié avec Cassius en Orient, B., investi par le Sénat d'un pouvoir légitime, puis mis hors-la-loi par les triumvirs (Marc Antoine, Lépide, Octave) en novembre 43, rassemble des hommes et de l'argent pour les combattre. A Philippes (automne 42), à deux reprises, les républicains sont battus par Antoine et Octave. Cassius se tue le premier ; B. quelques jours plus tard, après avoir cité les paroles qu'un poète grec faisait prononcer à Hercule mourant : « Vertu, tu n'es qu'un mot. » Ses contemporains et la postérité l'ont érigé en exemple de pureté et de fermeté. B., qui était plus un lettré, lié à la tradition, qu'un général et un homme d'État créateur, a été l'un des derniers représentants d'un groupe social et politique qui repoussait le dessein révolutionnaire de César pour une République de plus en plus chimérique. Bibliographie : R. Étienne, Les Ides de Mars, 1973 ; P.M. Martin, Tuer César, Bruxelles, 1988.