BOUMEDIÈNE Houari (1932-1978)
BOUMEDIÈNE Houari (1932-1978)
Homme politique algérien, chef de l’État de 1965 à 1978.
Né le 23 août 1932 dans une famille rurale pauvre de la région de Guelma, Mohammed Boukharouba s’est donné un nom de guerre associant les saints patrons d’Oran (Sidi El Houari) et de Tlemcen (Sidi Boumediène). Après avoir fréquenté l’école primaire française et l’école coranique, il poursuit ses études dans les institutions islamiques, El Kettania (Constantine), la Zitouna (Tunis) et El-Azhar (Le Caire). Nationaliste de conviction, son adhésion à une organisation politique commence avec le FLN (Front de libération nationale). Son premier mentor, Ahmed Ben Bella, l’envoie au Maroc en 1955 dans un yacht transportant des armes. « Prends-le avec toi, dit Larbi Ben M’hidi (1923-1957) à Abdelhafid Boussouf (1926-1982), il en sortira peut-être quelque chose ». Paroles prémonitoires.
Boumediène, qui suivra A. Boussouf comme son ombre jusqu’en 1960, devient un des chefs marquants de l’ALN (Armée de libération nationale). Il participe aux côtés de son patron au premier coup de force contre la direction désignée par le congrès de la Soummam (août 1956) et cautionnera comme président du tribunal la condamnation à mort des colonels Amouri et Nouaoura des Aurès (1958). Deux mutineries mettant en cause les aptitudes militaires de Boumediène, celle du capitaine Arbaoui (1957) et celle du capitaine Hamadia Tahar dit Zoubir (1959), sont réglées à son avantage par le colonel Lakhdar Bentobbal (1923-), juge et médiateur. Après avoir assuré le commandement de l’Ouest, H. Boumediène est nommé chef de l’État-Major général de l’ALN extérieure à l’issue d’une longue crise. La mission de faire entrer les contingents armés en Algérie étant restée sans suite, il choisit en compagnie de ses adjoints les commandants Ali Mendjili (1922-1998) et Kaïd Ahmed (1921-1978) la fuite en avant et, avec la caution de A. Ben Bella, alors emprisonné, se pose en alternative au GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne). Démis de ses fonctions le 30 juin 1962, il sera un des principaux acteurs de la crise du FLN après les accords d’Évian qui reconnaissent l’indépendance. Vice-président et ministre de la Défense dans l’Algérie indépendante, il s’oppose à l’autogestion et à toute séparation entre le FLN et l’armée rebaptisée Armée nationale populaire (ANP). La redistribution des cartes à son détriment à l’intérieur du gouvernement le pousse au coup d’État au nom de la « lutte contre le pouvoir personnel ». Il cumule cependant le poste de chef de l’État, le ministère de la Défense, la présidence du Conseil de la Révolution et celle du Conseil des ministres. Il marque, plus que tout autre, le destin des Algériens. Tiers-mondiste convaincu et dirigiste, il préside à la récupération des richesses nationales et prend ses distances à l’égard de ses alliés du 19 juin en gauchissant son action (étatisation de l’économie, réforme agraire, gratuité des soins, salarisation massive, arabisation de l’enseignement et de la justice, etc.). Mal conçus et mal appliqués dans le cadre d’un système autoritaire et donc incontrôlé, ses projets seront après sa mort en 1978 perçus négativement. Il a pour successeur Bendjedid Chadli (1979-1992), désigné par l’armée.
Boumediene, Houari (Guelma 1932-Alger 1978) ; général et homme politique algérien.
D’une famille rurale assez pauvre, il reçoit une éducation arabe soignée à l’école coranique locale puis à la Médersa de Constantine, à la Zitouna de Tunis et à la célèbre université El-Azhar du Caire. Fin 1954, il rencontre Ben Bella au Caire et rejoint le Front de libération nationale. Devenu spécialiste des questions militaires (acheminement d’armes, etc.), il dirige la cinquième wilaya (région militaire) du FLN en Oranie. En 1960, il commande à Tunis l’état-major de l’Armée de libération nationale et il organise l’armée des frontières en s’inspirant des tactiques de guérilla décrites par Fidel Castro et Mao. En septembre 1962, ses troupes rentrent dans Alger, assurant le pouvoir à Ben Bella. Ministre de la Défense, il est chargé de transformer l’ALN en Armée nationale populaire. Les troubles de 1965 en Kabylie lui permettent de s’affirmer et de renverser Ben Bella (19 juin 1965). À partir de 1965, le socialisme algérien est renforcé : un Conseil de la Révolution remplace l’Assemblée nationale, le FLN reçoit plus de pouvoir et l’État joue un rôle économique croissant grâce aux nationalisations (de 1966 à 1974). Les revenus du pétrole (nationalisé en 1971) financent les investissements publics : création d’une industrie lourde avec de grands complexes modernes comme celui de Skidda. Le débat ouvert en 1975 pour modifier les institutions (nouvelle Constitution et Charte du peuple algérien en 1976) stabilise le régime ; des élections législatives ont lieu en 1977. La mort inattendue de B. en décembre 1978 ne suscite pas de crise et son successeur, Chadli Ben Djedid, assure une certaine continuité sans parvenir à enrayer au sein du FLN un lent processus d’usure du pouvoir. Bibliographie : C.-R. Ageron, Histoire de l’Algérie contemporaine, 8e éd., 1983.
Colonel et homme politique algérien. Rallié dès 1945 au nationalisme algérien, il milita d'abord dans le parti du peuple algérien (PPA) de Messali Hadj. En 1954, lorsque se déclencha l'insurrection algérienne, il fut volontaire auprès de la délégation du FLN au Caire pour combattre dans les maquis. Il fut nommé commandant de la wilaya V (Oranais en 1956), puis commandant en chef de l'Ouest algérien (1958), enfin chef d'état-major général de l'Armée nationale de libération (1960). Il appuya Ben Bella, qui, devenu chef du gouvernement, le nomma ministre de la Défense (sept. 1962), puis vice-président du Conseil révolutionnaire (mai 1963). En désaccord avec la politique autogestionnaire de Ben Bella, il le renversa dans la nuit du 18 au 19 juin 1965. Chef de l'Algérie, il déjoua les manœuvres de ses divers opposants, nationalisa les compagnies pétrolières, mit en œuvre une politique d'arabisation et engagea le pays dans un programme d'industrialisation massive. Ayant fait adopter par référendum une Constitution en 1976, il fut élu président de la République.
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