BIAFRA (guerre du)
BIAFRA (guerre du)
Petits commerçants et fonctionnaires établis sur l’ensemble du Nigéria, les Ibo, chrétiens ou adeptes de la religion traditionnelle africaine, ont été les premiers partisans d’un État unitaire, comme leurs voisins les Yorouba, chrétiens, adeptes de la religion traditionnelle ou musulmans. Ce sont pourtant eux qui furent à l’origine de la guerre de sécession du Biafra (1967-1970) qui fit près de un million de morts. À cette époque, la raison essentielle du ressentiment des « sudistes » est la domination des musulmans du Nord (Haoussa-Fulani), dont l’engagement dans l’armée à l’époque coloniale leur a assuré une position dominante à l’indépendance en 1960. Un projet de découpage territorial, destiné à amoindrir les pouvoirs locaux au profit d’un centralisme fort, et touchant surtout les « sudistes », provoque en 1966 le coup d’État du général ibo Johnston Aguyi Ironsi. Il coûte la vie au Premier ministre fédéral Tafawa Balewa (1912-1966), nordiste, ainsi qu’à d’autres personnalités politiques du Nord, déchaînant de sanglantes émeutes contre les Ibo qui se replient sur le Biafra, leur région d’origine, au sud-est du pays. Peu après, J. Aguyi Ironsi est assassiné.
L'armée met à sa tête le général Yakubu Gowon (1934-). Au Biafra, le colonel Odumegwu Ojukwu (1933-) proclame l’indépendance (30 mai 1967), en incluant les petits peuples de la côte, comme les Ogoni, qui y sont opposés, et dont les territoires regorgent de gisements de pétrole off shore. D’emblée, les sécessionnistes reçoivent le soutien occulte de groupes pétroliers concurrents des compagnies ayant pignon sur rue et sont approvisionnés par un pont aérien à partir de Libreville (Gabon). De son côté, l’État fédéral s’appuie sur le Royaume-Uni, qui tient à rester dans la légalité comme dirigeant du Commonwealth, et sur les pays du tiers monde opposés à toute idée sécessionniste. Le conflit bénéficie d’une large couverture médiatique. Trois ans de guerre, un blocus grignotant un territoire toujours plus exigu où la famine décime la population, ont raison des Biafrais. Malgré une réintégration de la communauté ibo dans l’ensemble fédéral, les raisons profondes du conflit - la mainmise des militaires nordistes sur le pouvoir - n’ont pas disparu avant la fin de la sinistre dictature (1993-1998) du général Sani Abacha (1943-1998) en 1998.
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