Berlinguer, Enrico (Sassari 1922-Padoue 1984) ; homme politique italien.
Issu d'une famille sarde d'origine aristocratique, ce fils de député socialiste entre au parti communiste pendant la Résistance (1943) et est élu secrétaire général de la Fédération des jeunesses communistes (1949). En 1957, il est nommé à la direction de l'école centrale du Parti. Membre du comité central et du bureau politique (1963), il devient parlementaire en 1968, un an avant d'être secrétaire adjoint de son parti et quatre ans avant le congrès de Milan qui le désigne comme secrétaire général (1972). À la fois distingué et chaleureux, cet intellectuel met son éloquence mesurée au service d'idées nouvelles - ou reformulées et plus efficaces. Il est ainsi l'inventeur du « compromis historique », formule qui apparaît dans un article de l'hebdomadaire Rinascita au lendemain du coup d'Etat de Pinochet (1973) : conscient des risques d'une situation « à la chilienne », il préconise une stratégie d'alliance avec la démocratie chrétienne au gouvernement, qui se traduit par un soutien sans participation (1976-1978) jusqu'à la mort d'Aldo Moro. Dans le sillage de Togliatti, il se fait le paladin de l'« eurocommunisme » pour rapprocher les partis français, italien et espagnol, dans la sauvegarde de leur identité, et condamne l'agression de l'Afghanistan par l'URSS (1979). C'est avec lui que le parti communiste italien atteint son meilleur score électoral de l'après-guerre (33,4 % des suffrages aux élections de 1976). Son agonie et sa mort, à la suite d'une hémorragie cérébrale, bouleversent l'ensemble de l'Italie (juin 1984).
Bibliographie : V. Gorresio, Berlinguer, 1976 ; M. Lazar, Maisons rouges. Les partis communistes français et italien de la Libération à nos jours, 1992.