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Antonin le Pieux, Antoninus Pius

Antonin le Pieux, Antoninus Pius (86-161) ; empereur romain [138-161]. Né à Lanuvium, dans le Latium, T. Aurelius Fulvius Boionius Antoninus est issu de familles sénatoriales dont une branche était d'origine nîmoise. Familles illustres (un grand-père préfet de la Ville, l'autre proconsul d'Asie) et fortunées (avec des briqueteries et de vastes domaines), A. est un des plus riches sénateurs du milieu du siècle, richesse que son mariage avec Faustina (v. 110) renforce encore. Sa carrière est mal connue (questeur v. 111 ; préteur v. 117) avant le consulat qu'il revêt en 120. Puis il est nommé par Hadrien à la tête d'une circonscription judiciaire d'Italie avant d'être proconsul d'Asie (135-136). Appelé au Conseil impérial, il est adopté par Hadrien (25 févr. 138) dont il devient ainsi le successeur désigné. Obligation lui est alors faite d'adopter le neveu de sa femme, M. Annius Verus (le futur Marc Aurèle) et le futur Lucius Verus, fils d'Aelius César qu'Hadrien avait adopté et qui venait de mourir. Le 11 juillet, A. devient empereur. Une tradition explique son surnom de « pieux » par le soin avec lequel il défend la mémoire de son père adoptif pour lequel il obtient difficilement que le Sénat accorde l'apothéose. Les sources ne tarissent pas d'éloges sur les qualités de l'homme. Ce que l'on sait de lui, de ses goûts (simples et campagnards), va dans le même sens. A. meurt dans sa propriété de Lorium, le 7 mars 161. Une de ses dernières paroles serait le mot d'ordre donné à sa garde : « Aequanimitas - égalité d'âme ». De ce long règne paisible et prudent, au cours duquel on fêta (148) le 900e anniversaire de la fondation de Rome, peu d'événements saillants. La Paix romaine est à son apogée : les réserves de l'État augmentent, l'administration se perfectionne, les cultes orientaux progressent et sont souvent liés au culte impérial, l'ascension des juristes s'affirme, les provinces s'enrichissent. Quelques ombres cependant : des troubles en Égypte, en Maurétanies, des expéditions en Dacie, un renforcement du limes rhéno-danubien et la création d'un nouveau mur en Bretagne. Rien de grave, mais une série de petits mouvements sur le pourtour de l'Empire, facilement contrôlés. De tempérament peu militaire, sédentaire (le seul empereur à ne pas quitter l'Italie), peu imaginatif, A. ne pouvait y voir l'annonce d'un danger.

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