ANTOINE, Marcus Antonius
ANTOINE, Marcus Antonius (v. 82-30 av. J.-C.). Homme politique romain, célèbre par sa passion pour la reine d’Égypte, Cléopâtre. Il tenta de constituer un empire en Orient, mais fut vaincu par son rival, Octave. Consul à Rome en 44 av. J.-C., après l’assassinat de Jules César dont il avait été le fidèle soutien, Antoine dut faire face à Octave désigné comme héritier, mais finit par s’entendre avec lui. Ils formèrent, en 43 av. J.-C., avec Lépide, le second triumvirat, éliminèrent le parti républicain (partisan des meurtriers de César) par de sanglantes persécutions, dont Cicéron fut la plus illustre victime, puis se partagèrent le monde romain. Antoine reçut l’Orient. Abandonnant sa femme Octavie (sœur d’Octave), il s’installa avec Cléopâtre à Alexandrie, se comporta en roi oriental plus qu’en général romain et livra à l’Égypte toutes les provinces romaines d’Asie. Exploitant l’indignation des Romains, Octave engagea la lutte. Antoine, vaincu sur mer à Actium (31 av. J.-C.), puis assiégé dans Alexandrie, n’opposa aucune résistance à l’avancée triomphale d’Octave en Asie. Il se donna la mort en se transperçant de son épée sur la fausse annonce du suicide de Cléopâtre. Voir Auguste.
Homme politique romain. Tribun de la plèbe en 50 av. J.-C. et lieutenant principal de César dans la campagne des Gaules, il le soutint lors de sa dictature et devint, après son assassinat en 44 av. J.-C., son héritier politique. Il forma, en 43, le second triumvirat avec Octave et Lépide. Achevant l'élimination brutale des partisans de la République, les triumvirs écrasèrent Brutus et Cassius à Philippes, en Macédoine (nov. 42). Dans le partage du monde qui s'ensuivit, Antoine obtint la Grèce et l'Asie. Il s'éprit de Cléopâtre et abandonna à l'Égypte, en 34, les plus belles conquêtes d'Asie. Octave (v.) organisa la guerre devenue inévitable et le défit à Actium, en 31. Antoine se donna la mort un an plus tard.
Marc Antoine, Marcus Antonius (v. 83-30 av. J.-C.) ; général et homme d’État romain. Né dans la famille plébéienne Antonia dont le représentant le plus illustre avait été le grand-père de M., l’orateur Marcus Antonius, consul en 99, gouverneur de Cilicie (103), censeur (97) et égorgé (87) par les partisans de Marius, M. était par sa mère apparenté à la gens Iulia. Enfance troublée, jeunesse dissipée, premier mariage, amitié avec l’agitateur Clodius dont l’épouse Fulvie deviendra (47 ou 46) la deuxième femme de M., découverte de la Grèce (58), premières armes en Palestine et en Egypte (57-55) où selon une tradition il croisa la toute jeune Cléopâtre, tels sont les moments importants de sa formation intellectuelle et militaire. En 54, il rejoint César en Gaule. Tournant décisif : l’amitié de César joue désormais un rôle déterminant dans la carrière de M. qui s’illustre à Alésia (52) et bat, alors qu’il est questeur, le dernier chef insoumis - le Belge Comur avec qui il négocie (51). En 50, il est augure ; en 49, tribun de la plèbe : il fait l’apprentissage de la vie politique, défend les intérêts de César pour qui il contrôle l’Italie. Pendant la guerre civile entre César et Pompée, il assure d’abord l’administration et la sécurité de la péninsule, puis participe aux opérations contre Pompée en Illyrie où il déploie (48) sur mer comme sur terre des dons de tacticien et de stratège (il commande l’aile gauche césarienne à Pharsale) avant de revenir en Italie comme « maître de cavalerie » (48-47) du dictateur, c’est-à-dire son lieutenant et son représentant en son absence. Suit une période de disgrâce (46-début 45) qui précède le consulat qu’il revêt (en 44) avec César à qui il propose en février le diadème royal. César assassiné, M. resté seul consul est la seule autorité légale. Mais le soir du meurtre (15 mars 44) il se cache, ne sachant que faire, négocie avec les conjurés, se fait remettre les papiers et le testament de César, propose la validation des lois de César. Il semble alors avoir sauvé la paix civile. Le 20, au cours des funérailles de César et malgré son absence sur le testament du dictateur, M. prononce l’éloge du défunt, suscite la colère populaire et paraît dominer la situation, les conjurés quittant Rome. Pourtant, se pose bientôt en rival l’héritier désigné, Octave. Soutenu par Cicéron qui déteste M. (cf. ses Philippiques) et par le Sénat, Octave déclenche la guerre de Modène (43), oblige M. vaincu à se retirer dans la Provence actuelle. Malgré tout, à la fin de l’année, Octave, M. et Lépide concluent un accord. Une magistrature à trois est instituée pour cinq ans (lex Titia, 23 nov.) en leur faveur (elle sera renouvelée en 37) : c’est le second triumvirat à qui revient la mission de procéder à une réforme de l’Etat. Trois aspects en sont clairs : une proscription (mort de Cicéron voulue, semble-t-il, par M.) ; un partage du monde, l’Italie restant indivise (à M. la Gaule chevelue, la Cisalpine et 20 légions) ; la guerre contre les césaricides menée essentiellement par M. (bataille de Philippes, oct. 42). Nouveau partage du monde, nouvelles missions : M. qui se retrouve à la tête de toute la Gaule est aussi chargé de faire régner l’ordre triumviral en Orient. En 41, il effectue une tournée de normalisation (Athènes, Ionie) : il y est accueilli comme le Nouveau Dionysos, y prélève des sommes importantes pour approvisionner la caisse des triumvirs, rencontre à Tarse Cléopâtre VII d’Égypte dont il s’éprend. Il la suit à Alexandrie où ils mènent une « vie inimitable » (hiver 41-40). Deux événements troublent ce séjour égyptien : l’invasion de la Syrie par les Parthes ; les intrigues du frère (L. Antonius) et de l’épouse (Fulvie) de M. en Italie (guerre de Pérouse, 41-40). À Blindes (oct. 40), M. et Octave confirment leur entente et leurs sphères d’influence (l’Orient au premier ; l’Occident au second) : le mariage de M. avec Octavie, la sœur d’Octave, scelle leurs accords. Et Virgile chante l’espoir de la paix retrouvée (IVe Églogue). Tandis qu’Octave affirme avec l’aide de la flotte de M. (lutte contre Sextus Pompée en Sicile, 38-36) son pouvoir en Occident, M. entreprend une expédition contre les Parthes. Il y associe Cléopâtre qu’il a retrouvée à Antioche (37) et avec laquelle il se serait marié. En 36, avec seize légions, M. prend l’offensive. Échec, retraite, triomphe malgré tout à Alexandrie (34). Rêve-t-il alors d’une politique personnelle centrée sur un accord entre Rome et l’Égypte ? Poursuit-il la politique césarienne ? Est-il le simple jouet de Cléopâtre, comme l’affirme la propagande d’Octave ? Toujours est-il que M. réorganise l’Orient (34), vit en prince hellénistique à Alexandrie avec Cléopâtre et mène une campagne en Arménie, mais se coupe de plus en plus de l’Italie et de l’Occident. En 33, la rupture avec Octave est officielle. En 32, M. répudie Octavie alors que par séna-tus-consulte la guerre est déclarée à Cléopâtre et M. est déchu de tous ses pouvoirs. Le choc des deux forces a lieu dans la mer Adriatique, le 2 septembre 31, à Actium. Rude engagement pour les uns, faux combat pour les autres. Cléopâtre se serait enfuie, suivie de M. qui donne à son armée l’ordre de se retirer en Macédoine. Du moins la victoire est-elle incontestable, au point de vue psychologique et politique : la flotte d’M. se rend et ses légions se rallient à Octave. Abandonné par ses légions de Cyrénaïque où il s’est replié, M. parvient à Alexandrie où il vit en misanthrope. Pressé par les troupes d’Octave avec qui Cléopâtre essaie de négocier, M., malgré un succès initial, est battu (1er août 30). Il croit la reine morte, se poignarde. Quelques jours plus tard, Cléopâtre le suivra dans la mort. Généreux et cruel, grand militaire mais nonchalant, plus aventurier que grand politique, rêvant de l’union de l’Orient et de l’Occident, M. apparaît à bien des égards comme le dernier prince de l’Orient grec, une sorte d’héritier d’Alexandre qu’il admirait.
Bibliographie : F. Chamoux, Marc Antoine, 1986 ; P.M. Martin, Antoine et Cléopâtre. La fin d’un rêve, 1990.
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