Databac

Allusion

L'allusion consiste à mentionner une chose, une idée ou une pensée, pour en suggérer indirectement une autre à laquelle elle est liée. L'allusion peut être historique, mythologique, verbale.
Exemple "Pendant que les grands négligent de rien connaître, je ne dis pas seulement aux intérêts des princes et aux affaires publiques, mais à leurs propres affaires [...], des citoyens (1) s'instruisent du dedans et du dehors d'un royaume, étudient le gouvernement, deviennent fins et politiques, savent le fort et le faible de tout un État, songent à se mieux placer, se placent, s'élèvent, deviennent puissants, soulagent le prince d'une partie des soins publics." (Jean de La Bruyère, "Des grands")
(1) Allusion à Colbert, mais aussi à tous les bourgeois, qui, sous le règne de Louis XIV occupent des postes clés dans l’administration
Commentaire L'allusion donne du mystère et de la profondeur au texte. Elle peut également avoir un pouvoir polémique d'autant plus fort qu'il est clandestin. Elle ne peut être décodée que si l'auteur et le lecteur appartiennent à la même communauté culturelle.

Allusion Figure de style consistant à s’exprimer en associant ce qu’on dit à un événement ou à un texte supposé connu du ou des interlocuteurs. Allusion littéraire : pour montrer que je connais bien un organisme dans lequel je travaille depuis longtemps, je peux citer ce vers tiré de Bajazet (Racine) : « Nourri dans le sérail, j'en connais les détours. » Les lettrés verront l’allusion à Racine et les autres penseront qu’il s’agit simplement d’une métaphore. Allusion historique : à l’occasion de la trahison par un proche, il est souvent fait allusion à la phrase de Jules César. « Tu quoque, fili » = « Toi aussi, mon fils. » César, poignardé en plein Sénat, adressa ces quelques mots à Brutus — son protégé et peut-être son fils — qui était l’un des assassins.

ALLUSION nom fém. - Figure de style qui consiste à exprimer une réalité en se référant à une autre réalité entretenant avec elle un rapport d’analogie.
ÉTYM. : du latin allusio. Se rattache au verbe latin ludere = « jouer », avec, au départ, l’idée de « jouer sur les mots ». Pris dans une acception très large, le mot allusion engloberait donc toutes les figures de style fondées sur un rapport de ressemblance (comparaison, métaphore, allégorie, etc.) et même celles pour lesquelles le lien entre les éléments est plus lâche (métonymie, synecdoque). Cependant, dans l’usage courant, le mot « allusion » est seulement employé quand on se réfère à un contexte historique, mythologique, littéraire, politique ou personnel.
EXEMPLES : toute défaite de l’équipe française de rugby contre l’Angleterre est immédiatement désignée par les journalistes sportifs comme un nouveau Waterloo (défaite de Napoléon Ier en 1815). Un Premier ministre, un peu fanfaron, évoquant les tâches qui l’attendent n’hésitera pas à parler des douze travaux d’Hercule. Un avare sera appelé un Harpagon par allusion au personnage principal de L'Avare de Molière. À noter que, dans ce cas, comme pour un Tartuffe, on se trouve à la limite de la catachrèse. Quand Bismarck disait « Je n’irai pas à Canossa», il se référait à un conflit entre l’empereur de la confédération germanique et le pape, qui ressemblait, par certains côtés, à celui qui l’opposait au souverain pontife.


Liens utiles