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Alexandre III, Rolando Bandinelli (mort en 1181); pape [1159-1181].

Alexandre III, Rolando Bandinelli (mort en 1181); pape [1159-1181]. Siennois, lettré (même si l'on doute aujourd'hui qu'il ait enseigné le droit canon à Bologne autour de 1140), créé cardinal en 1150 et chancelier du pape en 1153, Rolando Bandinelli est à la Curie romaine l'un des animateurs du parti le plus intransigeant face aux prétentions de l'empereur Staufen Frédéric Ier Barberousse, comme il le montre lors de la diète de Besançon (1157), où il se heurte au chancelier impérial Rainald de Dassel. Elu pape le 7 septembre 1159, consacré le 20 septembre, il voit aussitôt se lever contre lui les partisans d'une politique philoimpériale, qui suscitent comme antipape leur chef de file à la Curie, le cardinal Ottaviano (antipape sous le nom de Victor [IV], de 1159 à 1164). Une bonne part du pontificat est consacrée à la résorption du schisme, prolongé par les antipapes Pascal [III] [1164-1168] et Calixte [III] [1168-1178]. Dès 1160, l'empereur condamne le pape, qui excommunie celui-ci. Les succès diplomatiques rapides d'A. en France et Angleterre et sa reconnaissance comme pape légitime dans la plupart des pays de la chrétienté, Empire excepté, sont contrebalancés par l'opposition acharnée du Staufen qui mène en même temps une vigoureuse politique de réimplantation en Italie. Le pape, chassé de Rome par une révolte (il séjourne en France de 1162 à 1165), y rentre en novembre 1165 mais en est dès 1167 chassé par les troupes impériales. Il mise sur les communes d'Italie septentrionale (c'est en son honneur qu'on baptise en 1168 la ville nouvelle d'Alessandria) : la Ligue lombarde défie le pouvoir impérial qu'elle défait le 29 mai 1176 à Legnano. L'Empereur est contraint à la négociation et signe le 24 juillet 1177 la paix de Venise : il reconnaît A. comme pape légitime contre la levée de l'excommunication qui pèse sur lui. Ces soucis n'ont pas empêché le pape de demeurer ferme vis-à-vis du roi d'Angleterre Henri II : en 1172 celui-ci révoque les « Constitutions de Clarendon » qui lui assujettissaient plus strictement le clergé de l'île, et obtient en retour son absolution du meurtre de Thomas Becket. A., rentré dans Rome en 1178, y réunit l'année suivante le IIIe concile de Latran,z qui entérine son oeuvre d'organisation de l'Église, des règles plus fermes d'élection du pape par le Sacré Collège (majorité des deux tiers), mais aussi les premières mesures significatives de lutte contre les nouvelles hérésies. Il meurt le 30 août 1181. De ce pape constamment sollicité par les luttes politiques, de nombreuses lettres décrétales, précisant des points de droit ecclésiastique, ont été intégrées aux collections canoniques, faisant de lui l'un des grands artisans et théoriciens de la construction de la « monarchie pontificale » du Moyen Age classique. Bibliographie : M. Pacaut, Alexandre III : recherche sur la conception du pouvoir pontifical dans sa pensée et dans son oeuvre, 1956.

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