Washington, George (Pope's Creek, Westmoreland County, Virginie, 1732-Mount Vemon, Virginie, 1799) ; premier président des États-Unis [1789-1797].
Washington, George (Pope's Creek, Westmoreland County, Virginie, 1732-Mount Vemon, Virginie, 1799) ; premier président des États-Unis [1789-1797].
« Premier à la guerre, premier à la paix, premier dans le coeur de ses compatriotes », c'est ainsi que John Marshall qualifie cet homme dont l'oeuvre en faveur de la création et du maintien des États-Unis est d'une importance capitale ; le respect dû à W. est toujours resté très vif dans la conscience historique de l'Amérique.
Sa nomination comme commandant en chef des troupes américaines par le second Congrès continental de l'été 1775, ce propriétaire terrien de Mount Vernon, député de la Virginie, la doit surtout à son expérience militaire acquise à partir de 1752 dans les combats frontaliers contre Indiens et Français, notamment en tant que commandant de la milice de son État d'origine, entre 1755 et 1759 ; mais c'est aussi le voeu des représentants de la Nouvelle-Angleterre d'obtenir, par l'élection d'un homme du Sud, le soutien complet de toutes les colonies pour un combat ne se déroulant jusque-là qu'au Massachusetts. Ce n'est qu'un an plus tard que la rébellion armée du Nord devient la guerre des treize colonies, avec pour but déclaré une totale indépendance vis-à-vis de la métropole anglaise.
La position de l'Angleterre dans ce conflit qui va durer jusqu'en 1783 est très défavorable. L'avantage initial de la maîtrise des mers et d'une armée de métier bien exercée est plus que contrebalancé par l'importance de la tâche à accomplir : reprendre à grande distance des mains de l'ennemi un territoire gigantesque, d'autant qu'une politique maladroite s'ajoutant aux fautes des généraux britanniques joue en faveur des Américains. En contrepartie, W. rencontre lui aussi des difficultés considérables dans l'accomplissement de sa mission de défense, pourtant théoriquement plus facile. Le général doit consacrer presque plus de temps et d'énergie à arracher recrues, argent et équipement au Congrès et aux différents États qu'à mener la guerre contre les Britanniques. Il se heurte à l'absence d'une direction politique centrale et, plus encore, au manque général d'abnégation (même parmi les populations qui n'appartiennent pas à la minorité inébranlablement fidèle à l'Angleterre). Si on réussit malgré tout à faire d'une milice indisciplinée et de recrues peu enthousiastes une armée combative, capable de vaincre les soldats de métier anglais, et si cette armée ne se défait pas complètement en dépit du découragement causé par les défaites et les retraites, des désertions et des mutineries dues au ravitaillement catastrophique des troupes, on le doit d'abord aux efforts infatigables, à l'inébranlable confiance et à l'énorme autorité morale de W. Dans l'histoire de l'indépendance américaine, son mérite est plus grand sur ce point que son action comme général au sens propre du terme, pourtant considérable malgré quelques erreurs. Même si les quelques batailles importantes au cours de cette guerre ne sont pas dénuées de toute portée -c'est ainsi que la victoire de Saratoga donne en 1777 le signal de l'entrée en guerre de la France - elles ne suffisent pas pour chasser les Britanniques de leurs points d'appui situés le long de la côte. C'est surtout l'obstination des Américains aux côtés de leurs alliés français qui est décisive dans la résolution prise par les Anglais en 1783 de mettre fin à un combat qui ne promet plus aucun succès et entraîne d'énormes dépenses.
Bien que W. tire plus de fierté de la remarquable mise en valeur de ses propriétés terriennes que de sa participation à la politique, il ne peut se dérober au désir du pays de le voir servir, même après la paix de Paris en 1783. En 1787, il préside aux débats de la Convention constitutionnelle de Philadelphie, et sa grande réputation n'est pas de trop pour faire accepter par chaque État cette Constitution âprement discutée. Il est ensuite élu à l'unanimité premier président des États-Unis d'Amérique le 4 mars 1789.
Les tâches de W. dans sa nouvelle fonction ne sont pas moindres que pendant la guerre.
À l'intérieur, il s'agit de tirer pratiquement du néant l'appareil administratif indispensable, une administration des finances saine et une monnaie stable, de réglementer le commerce extérieur et la colonisation des territoires de l'ouest, et d'imposer l'autorité du nouveau gouvernement fédéral aux différents États et aux individus. W. doit le large succès des efforts déployés durant les huit années de sa présidence à sa politique mesurée mais conséquente, à la composition judicieuse de son cabinet (Hamilton) et, point non négligeable, à sa grande réputation personnelle qui rejaillit sur la fonction présidentielle. Bien conscient que chacun de ses pas constitue un précédent déterminant pour la position future du président et qu'il suffit de quelques erreurs pour donner l'avantage à ceux qui s'opposent à une autorité fédérale forte, il veille constamment à consolider et à renforcer la position du gouvernement fédéral et à assurer à sa fonction la nécessaire autorité, grâce à tout un cérémonial public, sans toutefois franchir le moins du monde les limites imposées par la Constitution.
En refusant obstinément de se présenter pour la troisième fois à l'élection présidentielle (1797), W. fonde la tradition de la limitation à deux mandats présidentiels, interrompue seulement par Franklin D. Roosevelt, et inscrite ensuite dans la Constitution (1951).
Le général voit, plus clairement que bon nombre d'hommes politiques, que si l'on veut réussir à consolider la jeune République, l'Amérique doit d'autant plus se tenir à l'écart des conflits européens que ses divisions intérieures s'approfondissent sous l'effet de la Révolution française. Par sa déclaration de neutralité de 1793, qui répond à l'offre française d'alliance, et son approbation du traité avec l'Angleterre négocié par Jay et peu favorable aux États-Unis (1795), W. parvient à empêcher la guerre qui menace, malgré l'attitude agressive de l'Angleterre et la forte opposition dans le pays même. Dans son célèbre discours d'adieu de 1797, qui contient déjà en germe la doctrine de Monroe, il s'élève à nouveau résolument contre les alliances à long terme avec les Etats européens, dont les intérêts particuliers et les conflits fréquents n'ont rien à voir, selon lui, avec l'Amérique.
L'importance exceptionnelle de W., leader reconnu aussi bien en temps de guerre qu'en temps de paix, repose moins sur des dons particuliers, des prouesses spectaculaires ou une pensée théorique profonde que sur ses qualités de caractère, son sens du devoir, sa volonté inflexible lorsqu'il s'agit d'atteindre des buts estimés justes, en faisant fi de toutes les difficultés, et sur la popularité et l'autorité qu'il a su gagner, et mettre au service de la cause de l'indépendance et de celle du gouvernement fédéral durant la phase critique initiale.
Bibliographie : J. Lessay, George Washington ou la Grâce républicaine, 1985 ; M. Cunliffe, George Washington. L'homme et la légende, 1966 ; D.K. Bruce, Les Présidents des USA de G. Washington à A. Lincoln, 1789-1863, 1954, p. 9-44.
WASHINGTON, George (comté de Westmoreland, 1732-Mount Vernon, 1799). Général et homme politique américain. Personnage de légende aux Etats-Unis, il fut le plus illustre des pères fondateurs de la démocratie américaine, le premier président des États-Unis (1789-1797). Fils de planteurs aisés, ingénieur arpenteur, il fut nommé en 1752 « adjudant » d'un district militaire de la Virginie. Officier de l'armée britannique lors de la guerre contre la France (guerre de Sept Ans), il s'opposa aux forces françaises retranchées au fort Duquesne (future Pittsburgh). Après un premier échec en 1755, il obtint la reddition du fort trois ans plus tard puis, la guerre finie, revint dans sa plantation de Mount Vernon, sur les rives du Potomac. Membre du Parlement de Virginie (1759-1774), il devint bientôt le chef de l'opposition à la politique coloniale britannique, s'engageant dans la guerre d'indépendance (1775-1782) comme commandant en chef de la nouvelle armée continentale (1775). Il s'illustra à la tête des Insurgents, volontaires inexpérimentés et mal armés, moins par ses qualités de stratège que par son extraordinaire courage et sa ténacité. Après avoir chassé les Anglais de Boston (1776), il dut abandonner New York (1776) et, après quelques brèves victoires (1776-1777), dut subir de graves revers jusqu'à l'arrivée du corps expéditionnaire français commandé par Rochambeau. Leurs efforts conjugués permirent la capitulation des forces britanniques de Cornwallis à Yorktown (1781). La paix signée en 1783, Washington, considéré comme le héros de la guerre d'indépendance, abandonna son commandement militaire, se retirant à Mount Vernon pour reprendre la direction de la plantation. Cependant, son immense prestige lui fit accepter la présidence de la Convention de Philadelphie (1787) et il signa la Constitution des États-Unis. Deux ans plus tard (1789), il fut élu par un vote unanime contre John Adams, premier président des États-Unis, réélu en 1792, restant ainsi huit ans au pouvoir. Durant son premier mandat, Washington dut arbitrer le conflit entre deux tendances divergentes concernant l'interprétation de la Constitution, les fédéralistes (Hamilton), partisans du renforcement du pouvoir fédéral, et les républicains (futurs démocrates) représentés par Jefferson. Plutôt favorable aux premiers, il soutint la politique nationale et conservatrice de Hamilton, ce qui lui aliéna le soutien des partisans de Jefferson dont l'opposition devint encore plus virulente lors de son second mandat lorsqu'il marqua ses préférences pour l'Angleterre en guerre contre la France révolutionnaire. Déçu de la vie politique, Washington refusa un troisième mandat. Dans son « message d'adieu » (1796), il recommanda aux Américains de se tenir en dehors des querelles européennes. Immortalisé par la capitale du nouvel État et par de nombreuses autres localités, places, boulevards qui portent son nom, il est considéré aux États-Unis comme le père de l'anticolonialisme, le fondateur d'une démocratie modèle et l'archétype du grand homme d'État. Voir Fédéraliste (Parti).
Liens utiles
- George Washington I INTRODUCTION George Washington (1732-1799), first president of the United States (1789-1797) and one of the most important leaders in United States history.
- États-Unis 1988-1989: George Bush: prudence ou inertie?
- Les " Quatorze Points "Propositions que le président américain Woodrow Wilson a présentéesdevant le Congrès en janvier 1918, pour définir les objectifs de guerredes États-Unis ; ce pour quoi il fallait se battre.
- George Bush fit fortune dans le pétrole avant de devenir président des Etats-Unis.
- Le président des États-Unis d'Amérique, clé de voûte du régime présidentiel ?