WALSCHAP Gérard
WALSCHAP Gérard. Romancier, dramaturge et poète belge d’expression néerlandaise. Né à Londerzeel le 8 juillet 1898. Ses débuts sont marqués par la publication de quelques recueils de vers, de pièces de théâtre et d’un roman expressionniste, Waldo (1928). Mais c’est après cette date qu’il se signale comme un des pionniers du renouveau romanesque en Flandres. Comme Roelants, il rejette le régionalisme ancestral et place au centre de ses romans l’étude de l’homme et de ses grands problèmes psychologiques, moraux et sociaux. Il refuse cependant l’analyse psychologique et se fait le chaud défenseur de « l’histoire » dans le roman, celle-ci devant extérioriser les problèmes psychologiques par son seul contenu épique. De plus, Walschap accélère le rythme de la narration, comprime le temps et perfectionne à ces fins un style qui lui est propre. Pas plus que la description ni le lyrisme, le dialogue ne prend pied dans une narration où foisonnent récits d’action, styles indirect et direct. Walschap atteint par là à une spontanéité d’expression qui fait écho à la fois à sa philosophie vitaliste — il admire Hamsun — et à la mentalité assez primaire de ses protagonistes. Ce vitalisme tant formel que thématique s’élabore en une série de romans qui resteront le meilleur de son œuvre : Adélaïde (1929), Eric (1931) et Carla (1933), groupés plus tard en une trilogie (De Familie Roothooft, 1939), chronique de trois générations marquées par la maladie, la folie et la dépravation morale mais réalisant en dernier ressort une saine régénération. Décadence et catharsis sont aussi les thèmes de Mariage (1933) et de Célibat (1934). Les valeurs fondamentales auxquelles il convient aux héros de donner leur adhésion pour être sauvés témoignent, comme chez Dostoïevski — qui a fortement influencé Walschap — d’une nostalgie du christianisme original. On les trouve à nouveau exprimées dans Un homme de bonne volonté [1936] et L’Enfant [ 1939], ainsi que dans Houtekiet (1939), considéré comme un chef-d’œuvre. Ici, Walschap confronte son héros, incarnation de l’instinct, à la naissance et au développement d’une société qu’il a créée mais qu’il ne peut faire prospérer sur la seule base d’un vitalisme à l’état brut. Dans Sibylle (1938), A la rencontre du Christ [1940] et Sœur Virgilia [1951], Walschap traite des problèmes de la foi — il expliquera son rejet du catholicisme dans deux essais : Adieu [1940] et Salut en merci (1955). Signalons encore Denise (1942), Le Consul [1943], Notre bonheur [1946], Noir et blanc [1948], Soulèvement au Congo [1953], La Française [1957], Le Nouveau Deps [1961], Le Banquet [1967] et Le Souper [1968].