Walpole, Robert, comte d'Orford (Hough-ton Hall, Norfolk, 1676-Londres 1745); homme politique anglais.
Walpole, Robert, comte d'Orford (Hough-ton Hall, Norfolk, 1676-Londres 1745); homme politique anglais.
Avant d'accéder à la pairie héréditaire, W. occupe un siège à la Chambre des communes, parmi les whigs, pour se pousser, à partir de 1705 et malgré quelques échecs, dans la carrière politique. D'abord membre du Conseil du prince Georges de Danemark, le mari de la reine Anne, il est, de 1708 à 1710, secrétaire à la Guerre, et a accès aux séances les plus restreintes du ministère. Ses liens étroits avec la reine et le duc de Marlborough, qui l'entraîne dans sa chute, ne le mettent pas à l'abri d'une brève détention à la Tour de Londres, sous prétexte de corruption, alors qu'il est innocent, ce qui lui confère aux yeux des whigs une auréole de martyr. Dès lors, la prétention de W. à jouer un rôle leader parmi les whigs se confirme. Il soutient l'accession au trône de George Ier et ainsi le transfert de la couronne à la maison de Hanovre. De 1715 à 1717, il remplit les charges de chancelier de l'Echiquier et de Premier lord de la Trésorerie. Lorsque son beau-frère Townshend, également membre des whigs, est contraint de se retirer du gouvernement sous la pression d'un petit groupe de conseillers allemands du roi, W. le suit dans l'opposition, cédant le pouvoir à une faction du parti whig, dirigée par Stan-hope et Spencer. Il mène si brillamment la résistance contre la tentative du gouvernement de limiter les droits du roi dans la nomination des pairs, qu'il peut à nouveau rentrer au gouvernement avec Townshend.
Un plan de mise sur pied d'une Compagnie des mers du Sud, échafaudé pour rembourser de façon accélérée la dette de guerre britannique et soutenu par des hommes politiques en vue et des membres de la cour, se termine par une grave banqueroute (South Sea Bubble, 1720). Parce qu'il est un des rares hommes politiques à ne pas être impliqué dans ce scandale, W. - et Townshend avec lui - se voit confier la conduite des affaires politiques. Redevenu chancelier de T Echiquier et Premier lord de la Trésorerie, il réussit en 1721 à écarter le danger d'une débâcle financière ainsi que la menace d'une panique économique, et simultanément à protéger la cour et une partie des hommes politiques concernés face aux vives critiques du Parlement et de l'opinion publique. Exposant directement au roi les décisions prises par le Conseil de cabinet, W. assume en fait jusqu'en 1742 la direction des affaires. Il est le premier dans l'histoire anglaise à mériter le nom de Prime minister (Premier ministre). Son autorité repose sur le consentement du Parlement où il peut se constituer une majorité confortable grâce à la corruption et au « patronage » royal. En politique étrangère, le traité de Herren-hausen entre l'Angleterre, la Prusse et la France (1725) marque le premier pas vers la politique de paix clairement affirmée par l'Angleterre dans les dix années suivantes. En effet, même après le retrait de Townshend de la conduite des affaires publiques en 1730, le principe de base de la politique de W. reste de laisser l'Angleterre à l'écart des querelles continentales et de poursuivre l'essor économique du pays. Il mécontente par là les jeunes whigs, qui veulent contrer la prétention de l'Espagne à l'hégémonie sur le continent américain. Ce n'est qu'à partir de 1737 que l'opposition, dirigée par Bolingbroke, William Pitt et le prince de Galles, prend des proportions menaçantes ; en 1739, W., dont le roi refuse la démission, doit se résigner à déclarer la guerre à l'Espagne, bien à contrecoeur, puis à la France, alliée de l'Espagne (1740). Malgré les succès militaires des Anglais, W., qui ne dispose plus aux Communes que d'une faible majorité, ne parvient pas à retrouver sa popularité et abandonne sa charge en 1742. Nommé pair, il anime dès lors, jusqu'à sa mort, l'opposition au gouvernement Newcastle-Carteret. Son ministère marque avant tout une étape capitale dans le développement du parlementarisme anglais : cumulant les fonctions de Premier ministre et de principal leader du parti au pouvoir, W. accrédite l'idée que le chef du gouvernement tient son pouvoir, non du souverain, mais de son accord avec la majorité des Communes.
Bibliographie : P. Vaucher, Robert Walpole et la politique de Fleury (1731-1742), 1924.
WALPOLE, Robert, 1er comte d'Oxford (Houghton, Norfolk, 1676-Londres, 1745). Homme politique anglais. Fidèle au parti whig, il domina la vie politique anglaise entre 1721 et 1742. Issu de la gentry du Norfolk, il fit ses études à Eton et Cambridge, et commença sa carrière comme député whig aux Communes (1701). Lors du retour des tories, il fut entraîné dans la chute de Marlborough et enfermé quelque temps à la Tour de Londres. Rappelé au pouvoir à l'avènement de la dynastie de Hanovre (1714), sous George Ier, il devint premier lord et chancelier de l'Échiquier (1715-1717), charges qu'il retrouva en 1721 et garda jusqu'en 1742. Favorisé par le jacobitisme (hostilité à la dynastie de Hanovre) des tories et le désintérêt de George Ier et de George II à l'égard des affaires anglaises, Walpole établit les bases du régime parlementaire britannique en faisant du Premier ministre le responsable devant le Parlement. Défendant ainsi les acquis de la révolution de 1688, il pensa assurer la prospérité économique du pays par une politique extérieure de paix et de réconciliation avec la France, vues d'ailleurs partagées par le cardinal de Fleury. Cependant, le parti belliciste, conduit notamment par le Premier Pitt, le contraignit à déclarer la guerre à l'Espagne, riche en colonies (guerre de Succession d'Autriche, 1740-1748). Malgré le soutien de George II, Walpole démissionna. Voir Révolution d'Angleterre (Seconde).
Liens utiles
- Sackville Thomas , vers 1530-1608, né à Buckhurst, écrivain et homme politique anglais.
- Robert Dudley, comte de Leicester1532-1588Fils du duc de Northumberland, Dudley fut envoyé à la Tour de Londres pour avoir, en 1553,soutenu la cause de sa belle-soeur, lady Jane Grey.
- CHOISEUL, Etienne François, comte de Stainville, duc de (28 juin 1719-8 mai 1785) Homme politique Militaire, diplomate, courtisan, c'est à son esprit, à son irrévérence irréligieuse et à sa prodigalité qu'il doit d'être proche de Mme de PompadourF179.
- VILLELE, Jean-Baptiste Guillaume Joseph, comte de (1773-1854)Homme politique, il est chef des ultras sous la Restauration.
- MOLE, Louis Mathieu, comte (1781-1855)Homme politique, il assume de nombreuses fonctions sous l'Empire avant de se rallier aux Bourbons.