VILLA
Les Romains désignaient sous le nom de villa deux types d'habitation très différents. La villa urbana était la résidence d'été que les citoyens fortunés se faisaient construire dans les fraîches vallées des environs de Rome, dans la région de Tivoli, ou près de Naples, sur les rives du golfe de Baies, ou en Toscane, ou sur les rives des lacs du nord de l'Italie. Cicéron ne possédait pas moins de sept villas. Pline le Jeune a longuement décrit dans ses lettres ses deux villas, l'une bâtie sur la mer, entre Laurentum et Ostie, l'autre en Toscane, au pied des Apennins. Ces résidences comportaient tous les agréments du luxe et du confort : d'immenses salons, plusieurs salles à manger, plusieurs atria, des bibliothèques, des bains, le tout chauffé par des conduites souterraines, de nombreux péristyles, de larges promenades, des terrasses, des bassins, des terrains de jeux, etc. Le plus somptueux exemple de ce type d'habitation est la villa de l'empereur Hadrien à Tivoli.
La villa rustica était une exploitation agricole, sur laquelle vivaient le propriétaire, sa famille et ses esclaves, qui pratiquaient ensemble la polyculture. La villa de Boscoreale, près de Pompéi, mise au jour en 1893, donne l'exemple d'une exploitation de moyenne importance au Ier s. de notre ère. Elle comportait des champs de céréales, des vignobles, une olivette, une aire où l'on battait le grain, des pressoirs pour la fabrication de l'huile et du vin. Des chais et des entrepôts stockaient les produits de ces fabrications destinées à la vente. Ce type de domaine rural s'est formé à partir du IIe s. av. J.-C., en Italie, à mesure qu'a décliné la petite exploitation paysanne. La villa rustica demandait une nombreuse main-d'uvre servile que les conquêtes romaines ont fournie en abondance. Au Bas-Empire, époque marquée par la prédominance des grandes exploitations, beaucoup de villas couvraient plusieurs centaines sinon plusieurs milliers d'hectares. Grand propriétaire, le maître n'exploitait directement par ses esclaves qu'une partie de son domaine ; le reste du sol cultivable était concédé en parcelles à des esclaves ou à des colons ; la villa possédait aussi ses ouvriers, ses artisans et, de plus en plus, suffisait à tous les besoins de sa population. Déjà s'esquissait la transition vers l'économie domaniale du haut Moyen Âge. À l'époque mérovingienne, le terme de villa, appliqué parfois à une petite agglomération, à un hameau (le village plus important était un vicus), continua à désigner le grand domaine, soit royal, soit ecclésiastique, soit privé.
La villa mérovingienne appartenait à un seul maître, auquel revenait, directement ou indirectement, la plus grande partie des profits du sol. Une partie du domaine, l'indominicatum, était exploitée directement par le maître, sa famille et ses esclaves. Cette portion comprenait la maison du maître, ses dépendances et les ateliers (forge, menuiserie, brasserie, atelier de tissage, filature, teinturerie, etc.) qui faisait de la villa du haut Moyen Âge une cellule économique autonome. Du fait de la diminution de la main-d'uvre servile, l'indominicatum diminua d'importance, et, à l'époque carolingienne, la plus grande partie du territoire de la villa était répartie en manses ou lots dont le produit était laissé à des familles de cultivateurs qui acquittaient au maître des redevances en nature (une part de la récolte et des journées de travail sur la réserve du maître). Les villas carolingiennes, dont l'étendue variait de 1 000 à 2 000 ha, devinrent le centre de toute la vie économique.
00020000021A00000DE9 214,Dans l'Italie de la Renaissance, on vit resurgir la villa de plaisance telle que l'avait connue l'Antiquité. Les grandes familles, les cardinaux se firent construire des demeures luxueuses, entourées de jardins, d'ombrages, de fontaines et de cascades. Telles furent la villa Médicis à Rome (1540), la villa d'Este à Tivoli (1549), la villa Farnèse, à Caprarola, les villas Mondragone (1575) et Aldobrandini (1598/1603) à Frascati, et les villas élevées à partir de 1560 en Vénétie par Palladio, pour ne citer que les plus célèbres.
villa. Chez les Romains, le mot villa recouvrait à la fois : I. la villa rustica, domaine rural comprenant une ferme, ses différents bâtiments et un logement destiné aux séjours du propriétaire; et à partir du deuxième siècle av. J.-C. : II. la villa urbana, résidence à la campagne de riches Romains désirant fuir la ville. Scipion l'Africain occupa, à la fin de sa vie, une résidence de ce genre, quoique modeste et Cicéron en posséda jusqu'à neuf. Sous l'Empire, cette mode se répandit et les villas devinrent de plus en plus luxueuses. La plus somptueuse et la plus célèbre d'entre elles fut la villa d'Hadrien à Tivoli, dont on admire encore les ruines.
Liens utiles
- Heitor Villa-Lobos (1887-1959)
- Anton-Raphael Mengs1728-1779Né à Aussig, mort à Rome ; établi à Rome, il séjourna à Dresde et en Espagne, publia, commeson ami Winckelmann, des écrits académiques, décora la Villa Alboni : le Parnasse.
- Niccolo PizzoloXVe sièclePeintre padouan né à Villa Ganzevia, près de Vicence vers 1440-1450, élève de Squarcionequ'il aida dans ses travaux, notamment à la chapelle des Eremitani à Padoue.
- villa.
- Pancho Villa