VERSAILLES
Ville de France, chef-lieu du département des Yvelines, au S.-O. de Paris. Versailles est une création des rois de France. Louis XIII, qui aimait chasser dans les bois de la région, y fit construire dès 1624 un pavillon de chasse par Lemercier ou Salomon de Brosse, et le fit remanier en 1632 par Philibert Le Roy. Ce pavillon devint le centre du château actuel, dont les premiers travaux furent ordonnés par Louis XIV en 1661. Traité de Versailles (28 juin 1919). Traité de paix qui mit fin à la Première Guerre mondiale, entre l'Allemagne et les Alliés. Ce traité fut préparé par la conférence de la paix qui siégea à Paris à partir du 18 janv. 1919 et dont les travaux furent dominés par les représentants français, anglais, italien et américain, Clemenceau, Lloyd George, Orlando et Wilson. L'Allemagne avait été exclue des débats où devait être réglé son sort (et c'est pourquoi le traité devait être qualifié outre-Rhin de Diktat). Les tractations entre les Alliés furent assez difficiles : Clemenceau, qui voulait préserver la sécurité de la France par l'annexion de la rive gauche du Rhin, le contrôle de la Ruhr et l'assurance de réparations considérables, se heurta à l'Angleterre et aux États-Unis, soucieux, pour des raisons d'équilibre européen, d'éviter la ruine complète de l'Allemagne ; les exigences japonaises sur les concessions allemandes de la province chinoise du Chan-tong provoquèrent un conflit avec la Chine, dont la délégation quitta la conférence (mai 1919) ; enfin, contrairement aux engagements pris par le traité de Londres (26 avr. 1915), les Alliés, sur les instances de Wilson, refusèrent à l'Italie l'annexion de Fiume et de la Dalmatie, ce qui entraîna un départ momentané de la délégation italienne (avr./mai 1919). Cependant, le 17 juin, les Alliés purent transmettre au gouvernement allemand le texte définitif du traité. Les clauses territoriales amputaient l'Allemagne du huitième de son territoire et du dixième de sa population de 1914. À l'O., l'Alsace-Lorraine était restituée à la France, la Belgique recevait les petits territoires d'Eupen et Malmédy, la Sarre était placée sous le contrôle de la SDN pour une durée de quinze ans, au terme desquels un plébiscite devait décider de son destin, et la France obtenait la propriété du bassin houiller. À l'E., le territoire allemand était coupé en deux ; la Pologne reconstituée obtenait un accès à la mer Baltique par l'annexion de la Posnanie et de la Prusse-Occidentale ; la Prusse-Orientale, amputée de Memel, se trouvait séparée du reste de l'Allemagne par le fameux corridor de Dantzig (qui devenait une ville libre). Pour la Haute-Silésie, un référendum déciderait si cette province deviendrait polonaise ou resterait allemande. L'Allemagne perdait toutes ses colonies, dont la SDN confiait le mandat à la France, à l'Angleterre, à l'Union sud-africaine et au Japon. Les clauses militaires comportaient la dissolution du grand état-major ; l'abolition du service militaire ; l'interdiction de l'artillerie lourde, de l'aviation de guerre, des chars, des sous-marins, des cuirassés ; les forces terrestres allemandes étaient limitées à 100 000 hommes, les forces navales à 16 000 hommes. Les Alliés devaient occuper pendant quinze ans la rive gauche du Rhin ainsi que les trois têtes de pont de Mayence, Coblence et Cologne ; sur la rive droite était établie une zone démilitarisée de 50 km de profondeur.
Les clauses économiques et financières imposaient à l'Allemagne le paiement de « réparations ». Mais les Alliés n'avaient pu s'entendre sur le chiffre exigé et seulement convenir que le montant des réparations serait fixé avant mai 1921 ; cependant, l'Allemagne devait verser, à titre de provision, 20 milliards de marks-or. Les voies d'eau allemandes (fleuves et canaux) étaient internationalisées. L'Allemagne devait livrer une importante partie de la flotte de commerce, des machines, du matériel ferroviaire Les clauses morales comportaient la reconnaissance par l'Allemagne de sa responsabilité dans la guerre et la livraison de l'ex-empereur Guillaume II et d'un certain nombre de ses sujets tenus par les Alliés pour des « criminels de guerre ». Le traité de Versailles était précédé du pacte constitutif de la SDN. Le traité fut accueilli en Allemagne avec une violente hostilité. Pendant quelques jours, à la suite d'un ultimatum des Alliés, l'état-major allemand songea à lancer le pays dans une résistance militaire désespérée. Le chancelier Scheidemann, après avoir fait campagne contre la signature du traité, démissionna, mais, finalement, l'Assemblée de Weimar accepta le texte (22 juin 1919), et, le 28 juin 1919, le traité fut signé dans la galerie des Glaces du château de Versailles. Le traité de Versailles, qui prétendait établir une paix durable en Europe, fut un échec complet. La France, obligée de renoncer à la rive gauche du Rhin, devait bénéficier d'un pacte de garantie anglo-américain pour sa sécurité. Le Sénat américain en refusa la signature. Dès sa signature, il fut attaqué, en Angleterre et aux États-Unis, pour sa dureté excessive. Le traité de Versailles préparait une nouvelle flambée des nationalismes et devait conduire, vingt ans après sa signature, à une nouvelle guerre mondiale plus sauvage encore que la première.
VERSAILLES (Château de). Château situé à Versailles, au sud-ouest de Paris. Il est le modèle de l'art classique français et symbolise la grandeur du règne de Louis XIV. Ce fut à partir du pavillon de chasse de Louis XIII ( 1624-1632) que Louis XIV décida, à partir de 1667, la transformation puis l'agrandissement de l'édifice primitif, centre du château actuel. Les travaux durèrent plus de 30 ans, et le roi, quittant le Louvre et la capitale (il gardait des souvenirs douloureux de la Fronde), s'y installa à partir de 1682, faisant de Versailles le siège de la cour et du gouvernement. La construction fut successivement dirigée par les architectes Le Vau ( 1661 -1670), F. d'Orbay (1670-1677), et Jean Hardouin-Mansart (à partir de 1670), les jardins et le parc ayant été réalisés par Le Nôtre et la décoration intérieure par Le Brun. Les bâtiments entourent, du côté de la ville, trois cours successives : la cour des Ministres, la cour Royale et la cour de Marbre, ornée de 84 bustes, les façades occidentales du château se déployant sur 580 m de longueur. Avec la chapelle et le grand appartement du roi, la partie intérieure la plus célèbre est la Galerie des glaces qui doit à Le Brun autant qu'à Mansart. Sur la voûte du plafond (73 m de long et 10 m de large), Le Brun a représenté l'histoire des conquêtes de Louis XIV. La galerie proprement dite se déroule entre deux salons, le salon de la Guerre et celui de la Paix, et est éclairée par 17 grandes fenêtres auxquelles correspondent 17 panneaux de glace (coulés à la manufacture de Saint-Gobain) ; sur le mur opposé, Hardouin-Mansart acheva son oeuvre à Versailles avec la nouvelle Orangerie ( 1684-1686), la construction du Trianon de marbre ( 1687 ; réaménagé sous Napoléon Ier) et la chapelle. Sous le règne de Louis XV, J.A. Gabriel éleva la salle de l'Opéra (1753-1770), le pavillon français (1750) et le Petit Trianon (1762-1768). Ce dernier pavillon fut la résidence favorite de la reine Marie-Antoinette, qui fit construire à quelque distance le Hameau. Jusqu'à la fin de la monarchie, Versailles fut associé à tous les événements de la vie politique.
VERSAILLES (Traités de, 1756, 1757, 1759). Série de traités conclus entre la France et l'Autriche contre la Prusse, alliée à l'Angleterre. Ils confirmaient le renversement des alliances qui suivit la guerre de Succession d'Autriche. Ces traités mettaient fin à la lutte séculaire entre la France et la maison d'Autriche. Voir Sept Ans (Guerre de), Louis XV.
VERSAILLES (Traité de, 1783). Traité conclu entre l'Angleterre, les Etats-Unis, la France, l'Espagne et les Provinces-Unies. Il mettait fin, avec celui de Paris, à la guerre d'indépendance américaine. L'Angleterre reconnaissait l'indépendance des États-Unis, auxquels elle cédait tous les territoires situés au sud du Canada. Elle faisait, d'autre part, des concessions coloniales à la France (confirmation de la possession de ses comptoirs en Inde, au Sénégal et aux Antilles) et à l'Espagne (restitution de Minorque et de la Floride).
VERSAILLES (Traité de, 28 juin 1919). Traité signé dans la Galerie des glaces du château de Versailles - là où l'Empire allemand avait été proclamé en 1871 - entre la France (Clemenceau), ses alliés (États-Unis avec Wilson, Royaume-Uni avec Lloyd George et Italie avec Orlando) et l'Allemagne. Ce traité, particulièrement sévère, fut imposé à l'Allemagne qui n'avait pas été admise aux délibérations. La dénonciation du « diktat » de Versailles fut l'un des thèmes majeurs de la politique de Hitler. Le traité de Versailles comportait des clauses territoriales, économiques, financières et militaires. Il restituait à la France l'Alsace-Lorraine. La Sarre était administrée pour une période de 15 ans en attendant un plébiscite permettant de définir son statut définitif. La Belgique recevait les cantons d'Eupen et de Malmédy. À l'est, la Haute-Silésie, grande région industrielle fut, après plébiscite, partagée au profit de la Pologne tandis que la Prusse orientale restait allemande. La Posnanie et une partie de la Prusse orientale furent cédées par l'Allemagne à la Pologne, lui procurant ainsi un accès à la mer jusqu'à la ville libre de Dantzig placée sous contrôle de la SDN. Au nord, la partie septentrionale du Schleswig devint, après plébiscite, danoise. Hors d'Europe, l'Allemagne devait aussi renoncer à ses colonies africaines (Sud-Ouest africain, Est-Afrique, Togo et Cameroun) et asiatique (Shandong). Les clauses économiques et financières du traité furent aussi sévères. L'Allemagne accordait aux alliés le traitement de la nation la plus favorisée et ses voies fluviales étaient internationalisées. Elle s'engageait à verser des réparations qui furent ensuite fixées à 132 milliards de marks-or. Des clauses militaires imposaient enfin le désarmement à l'Allemagne : les effectifs de l'armée ne devaient pas dépasser 100 000 hommes et le service militaire obligatoire était aboli. L'armement était limité, l'aviation de guerre et l'artillerie lourde interdites. Afin de garantir ces clauses, la rive gauche du Rhin était occupée pendant 15 ans par les alliés, la Rhénanie devant être ensuite démilitarisée jusqu'à 50 kilomètres à l'est du fleuve. Le traité de Versailles, précédé du pacte de la SDN, ne fut pas ratifié par le Sénat américain. Voir Paris (Conférence de).
VERSAILLES (la cour royale à) • 6 mai 1682 En 1661, alors que Louis XIV prend les rênes du pouvoir (voir Louis XIV au pouvoir), qu’il veut quitter Paris (la Fronde parlementaire et la Fronde des princes, de 1648 à 1653, l’ont rendu méfiant), il lui faut un palais digne du roi de France où installer son Conseil et sa cour. L’architecte Louis Le Vau sera le maître d’œuvre général de cet immense chantier pour lequel Louis XIV engage 1 500 000 livres, qui durera quarante ans et mobilisera près de 36 000 ouvriers. L’ensemble, situé à Versailles sur un parc de 8 000 hectares aménagé par Le Nôtre, s’articulera autour du château, décoré par Le Brun, et célébrera la magnificence du Roi-Soleil, à l’image de la somptueuse galerie des Glaces. Le 6 mai 1682, alors que les travaux ne sont pas totalement achevés, la cour s’installera officiellement, et pour le siècle à venir, en ces lieux, faisant ainsi de Versailles le centre de tout, des grandes décisions politiques autant que des plus extravagants divertissements.Liens utiles
- Versailles, lieu de rencontres diplomatiques
- activité traité de Versailles 3ème (sans corrigé)
- CORRIGE: L’impromptu de Versailles MOLIERE (scène d'exposition)
- « L'affaire de la comédie est de représenter, en général, tous les défauts des hommes » (Molière, L'Impromptu de Versailles). Cette définition correspond-elle à ce que vous attendez d'une comédie ?
- « Je verrai le roi, je lui ferai connaître la vérité ; il est impossible qu'on ne se rende pas à cette vérité quand on la sent ». Voltaire, L'Ingénu, chapitre 8. Vous imaginerez le discours tenu au roi par l'ingénu une fois parvenu devant lui à Versailles, pour lui faire part de tous les désordres du royaume tels qu'il a pu lui-même les observer. Ce discours visera à convaincre ou à persuader le roi d'y mettre un terme.