VENDÉE (guerres de)
Nom donné aux guerres menées par les catholiques et les royalistes de l'ouest de la France contre la Révolution. Ces guerres eurent pour théâtre le Bas-Poitou, l'Anjou, le Bas-Maine et la Bretagne méridionale. Si la Vendée n'avait pas accueilli la Révolution avec le même enthousiasme que d'autres régions de la France, elle n'avait pas montré non plus une hostilité systématique aux réformes de l'Assemblée constituante. La vente des biens du clergé n'y avait pas suscité de révolte, et, parmi les acquéreurs, il y eut même des nobles tels que Bonchamps et Lescure, qui se firent plus tard les chefs de l'insurrection. C'est la Constitution civile du clergé (été 1790) qui provoqua la rupture morale entre la Vendée et le nouveau régime ; la plupart des prêtres vendéens refusèrent de prêter serment et, dès 1791, l'agitation se répandit dans la région. Les esprits étaient déjà exaspérés lorsque, en mars 1793, la Convention, qui venait d'ordonner une levée de 300 000 hommes, décida de procéder au tirage au sort des jeunes Vendéens. Le jour fixé, 10 mars 1793, les paysans prirent les armes dans de nombreux villages. De graves échauffourées eurent lieu à Cholet, Saint-Florent, Machecoul. Des chefs s'improvisèrent, nobles (Bonchamps, Lescure, d'Elbée, puis La Rochejaquelein et Charette) ou roturiers, tels le colporteur Cathelineau et le garde-chasse Stoffet. Dès le mois de mai, l'« armée catholique et royale » comptait 40 000 hommes. La Convention, qui faisait face au même moment à la guerre étrangère, ne put d'abord opposer aux Vendéens que des recrues décontenancées par la guérilla, où excellaient les soldats paysans de la Vendée. Déjà maîtres de Cholet, les Vendéens s'emparèrent de Thouars (1er mai 1793), remportèrent la victoire de Fontenay (24 mai), prirent Saumur (9 juin) et passèrent la Loire ; mais à la fin juin, leur attaque sur Nantes échoua et Cathelineau trouva la mort. Devant l'ampleur du mouvement, la Convention prit les mesures les plus rigoureuses : elle décréta la peine de mort contre tous les Vendéens pris les armes à la main (19 mars), puis décida d'appliquer en Vendée la tactique de la terre brûlée (1er août). Deux puissantes armées républicaines furent rassemblées : l'une, l'armée des côtes de La Rochelle, sous le commandement de Rossignol, devait attaquer par le sud ; l'autre, l'armée des côtes de Brest, sous Canclaux, devait opérer depuis Nantes ; en outre, la garnison de Mayence, avec Kléber, fut envoyée en Vendée. Parmi les chefs républicains se trouvait également Marceau. Les Bleus (c'est le nom que les Vendées donnaient aux soldats républicains à cause de la couleur de leur uniforme), après avoir remporté les victoires de Cholet (17 oct.) et du Mans (13 déc.), mirent les Vendéens en déroute à Savenay (23 déc. 1793). Aux excès des Vendéens répondirent ceux des forces de la République : des milliers de Vendéens prisonniers furent fusillés ou noyés à Nantes par Carrier ; à partir de déc. 1793, toute la Vendée fut sillonnée par les « colonnes infernales » de Turreau. Cependant, La Rochejaquelein avait réussi à sauver l'armée vendéenne d'une ruine totale, mais il devait être tué au combat en mars 1794. La guerre changea alors de caractère, les insurgés s'éparpillèrent par petites bandes, ce fut l'époque des chouans, qui obstruaient les routes, arrêtaient les voitures, faisaient peser une menace permanente sur l'administration républicaine. Après la chute de Robespierre, les thermidoriens s'efforcèrent de mettre un terme à la guerre civile : à des conditions honorables, Charette put accepter les termes de la pacification de La Jaunaye (17 févr. 1795), et Stofflet celle de Saint-Florent (2 mai 1795). La Vendée revenait au calme, grâce aux efforts de Hoche. Mais l'expédition des émigrés à Quiberon (juin 1795) ralluma l'insurrection. Cependant, les Vendéens, partout battus par Hoche, perdirent leurs deux derniers chefs, Charette et Stofflet (févr./mars 1796). En juill. 1796, la Vendée était de nouveau pacifiée et l'état de siège put être levé dans les provinces de l'Ouest.
En 1799/1800, de nouveaux mouvements furent réprimés par Brune. La Vendée resta dans le calme durant tout l'Empire, mais pendant les Cent-Jours eut lieu un dernier soulèvement, qui fut mis en échec par le général Lamarque (mai/juin 1815). En 1832, les tentatives de la duchesse de Berry pour soulever les provinces de l'Ouest n'eurent que peu de succès et l'arrestation de la duchesse fit tout rentrer dans l'ordre.
VENDÉE (Guerre de, 1793-1796). Lors de la Révolution française, nom donné à l'insurrection contre-révolutionnaire qui se développa dans l'ouest de la France (Vendée, Maine-et-Loire, confins du Poitou et de la Charente). Provoquée par le décret de la Convention (février 1793) sur la levée de 300 000 hommes, mais plus profondément par l'hostilité à la Constitution civile du clergé et les difficultés économiques, la révolte des Vendéens prit d'abord naissance dans les populations paysannes, très catholiques, soutenues par la noblesse et de nombreux prêtres réfractaires. La « grande armée vendéenne » fut commandée par des roturiers (Cathelineau, Stof-flet) et des nobles (Bonchamp, d'Elbée, Lescure, La Rochejaquelein). Après plusieurs victoires favorisées par le soutien des émigrés et de la première coalition, le Comité de Salut public décida la formation de l'armée de l'ouest (Kléber) qui remporta bientôt la victoire décisive de Cholet (octobre 1793). La lutte contre la République, menée en particulier par Charette, La Rochejaquelein et Stofflet, se poursuivit néanmoins jusqu'en 1795-1796, une armée d'émigrés débarquant même à Quiberon en juin 1795. La Vendée resta calme durant tout le Premier Empire puis se souleva lors des Cent-Jours, vite réprimée par le général Lamarque (mai-juin 1815). On estime à environ 550 000 le nombre des victimes de la guerre de Vendée qui fut marquée, de part et d'autre, par de nombreuses atrocités. Avec la Contre-Révolution s'enracina dans certaines régions, l'ouest en particulier, une droite traditionnelle et catholique qui mit la défense de la religion et des intérêts de l'Église au premier rang de ses préoccupations. Voir Chouannerie.
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