VATICAN (conciles du)
Premier concile du Vatican (1869/70). Ce 20e concile œcuménique fut convoqué par Pie IX par une bulle du 29 juin 1868. En un moment où la souveraineté temporelle du pape semblait condamnée en Italie, ce concile devait affirmer l'autorité spirituelle du souverain pontife par la définition de l'infaillibilité pontificale. Aussi, dès la convocation du concile, deux partis se formèrent-ils dans l'Église et l'épiscopat : les « ultramontains » (v. ULTRAMONTANISME) face à ceux, plus nombreux, qui contestaient seulement l'opportunité de la définition du dogme (c'était le cas de Mgr Dupanloup, d'Orléans, et de Mgr Darboy, de Paris). Le concile fut ouvert par Pie IX le 8 déc. 1869 ; il rassemblait dans la basilique Saint-Pierre environ 700 évêques. La constitution Dei Filius sur la foi fut promulguée le 24 avr. 1870 et le schéma sur l'infaillibilité pontificale voté le 13 juill. 1870 ; il fut approuvé par 451 voix (placet), repoussé par 88 (non placet), tandis que 62 voix réclamaient des modifications (placet juxta modum). Le 15 juill., la minorité essaya d'obtenir du pape qu'il fût stipulé que l'infaillibilité pontificale ne pouvait s'exercer qu'en accord avec l'épiscopat ; cette démarche échoua. Cinquante-cinq évêques opposants décidèrent alors de quitter Rome, ne voulant ni approuver ni formuler leur non placet. Au scrutin définitif (18 juill. 1870), la constitution Pastor aeternus définissant l'infaillibilité pontificale fut ainsi adoptée à l'unanimité, moins deux votants. Le lendemain, le 19 juill., commençait la guerre franco-allemande. Les troupes italiennes occupèrent Rome le 20 sept. et, par la bulle Postquam Dei du 20 oct. 1870, Pie IX ajourna sine die le concile, qui ne fut jamais repris. Second concile du Vatican (1962/65). Dans l'esprit de Jean XXIII, ce concile devait poser les bases de l'aggiornamento de l'Église, c'est-à-dire de l'adaptation de ses institutions traditionnelles aux nécessités du monde moderne ; d'autre part, il devait permettre à l'Église de définir son attitude en face des apports positifs de la pensée contemporaine ; enfin, il avait une orientation fondamentalement oecuménique et devait préparer la réunion de tous les chrétiens. Il rassemblait 2 540 pères conciliaires ; de plus, une quarantaine d'observateurs des autres Églises chrétiennes furent invités au concile. Dès la première session (22 oct./8 déc. 1962), deux tendances s'affirmèrent au sein du concile : l'une, conservatrice, dans laquelle se rangeaient la plupart des cardinaux de la curie romaine et de nombreux évêques italiens et espagnols ; l'autre, progressiste, qui était représentée surtout par les pères français, allemands, belges, et par ceux du tiers monde. Le second concile du Vatican a tenu quatre sessions et fut clôturé par le pape Paul VI le 8 déc. 1965. Les constitutions et décrets publiés concernent : la liturgie et les moyens de communication sociale (4 déc. 1963) ; l'Église, les Églises orientales catholiques et l'oecuménisme (21 nov. 1964) ; les évêques, la rénovation et l'adaptation de la vie religieuse, la formation des prêtres, l'éducation chrétienne, les relations de l'Église avec les religions non chrétiennes (28 oct. 1965) ; la Révélation divine, l'apostolat des laïcs (18 nov. 1965) ; la liberté religieuse, l'activité missionnaire de l'Église, le ministère et la vie des prêtres, l'Église dans le monde de ce temps (7 déc. 1965). Le concile adopta également des décrets sur l'œcuménisme, les Églises orientales, les Juifs.
Le Vatican constitue un Etat souverain appelé officiellement Etat de la Cité du Vatican. Sa superficie est de 0,44 km2, ce qui en fait le plus petit Etat du monde. Il est enclavé dans la ville de Rome et entouré de murs datant du Moyen-Age et de la Renaissance. L’Etat de la Cité du Vatican a été créé en 1929 par les accords du Latran conclus entre le gouvernement italien et le pape Pie XI, pour assurer une base territoriale à la souveraineté spirituelle du chef de l’Eglise catholique.