VALENTINIEN Ier, Flavius Valentinianus
Empereur romain (364/75). Frère de Flavius Valens, il fut proclamé empereur par l'armée à la mort de Julien. Il laissa l'Orient à Valens et se consacra à la défense de l'Occident avec l'aide d'un brillant général, Théodose (père de Théodose le Grand). Établissant dès 367 sa résidence à Trèves, il renforça la frontière du Rhin et fit pacifier la province de Bretagne par Théodose. Opposé aux riches latifundiaires, il mena une politique favorable à la plèbe en multipliant les distributions à Rome et en instituant des avocats des pauvres dans la cité. Sa politique religieuse fut tolérante. Il mourut au cours d'une campagne contre les Quades des régions danubiennes.
Valentinien Ier (321-375) ; empereur romain [364-375].
Lorsque V., né en Pannonie, cultivé, coléreux et officier sous Julien l’Apostat, commandant des gardes sous Jovien, est proclamé empereur en 364 par les armées à Nicée, il décide d’associer à ses pouvoirs son frère cadet Valens [364-378]. Aux frontières de l’Empire, affaibli par les luttes intestines et des querelles religieuses, se dessine la situation qui conditionne, en partie, son histoire pendant des siècles : luttes défensives sur deux fronts, contre les Sassanides en Orient (ils ont reconquis l’Arménie après la mort de Julien sur le champ de bataille, en Mésopotamie) et contre les Germains le long du Rhin supérieur et du Danube. Réunis à Constantinople, les deux frères chrétiens établissent dès leur avènement un régime de tolérance pour les païens comme pour les chrétiens. Puis ils se partagent l’Empire : V., chrétien nicéen, conserve le gouvernement de l’Occident (y compris l'Illyricum) en tant qu’aîné et réside à Trèves ; Valens, arien fanatique, celui de T Orient avec comme résidence principale à partir de 370 Antioche. Par l’édification et la restauration systématiques de fortifications (368-374), V. réussit à empêcher les Alamans de percer le limes, les bat en deux campagnes ; il repousse en Bretagne les Pictes et les Scots, refoule sur les côtes de la Gaule les pillards francs et saxons et rétablit en Afrique, avec l’aide d’un officier espagnol qui s’était déjà illustré en Bretagne, Théodose le Père, une situation délicate (raids contre les ports de Tripolitaine, insurrection de Firmus, 372-375). De son côté, Valens, aux capacités plus limitées, est d’abord confronté, en Thrace et Bithynie, à Procope (365-366), un usurpateur parent de Julien, qui avait mis à profit ses origines et les troubles engendrés par les mesures de faveur, dont Valens a fait bénéficier les ariens. A peine l’usurpateur est-il vaincu que se déclenche en 367 la guerre contre les avant-postes des Wisigoths déjà sédentarisés en Mésie sous Constantin. Un traité de paix, conclu à la hâte, maintient la frontière danubienne. La pression exercée par les Perses sur l’Arménie appelle Valens en Mésopotamie, où il apprend la mort de son frère, survenue au cours d’une campagne menée en novembre 375 contre les Quades et les Sarmates en Pannonie. Son fils Gratien, élevé au rang d’Auguste en 367 (il a 8 ans), doit lui succéder. Il doit accepter que lui soit associé son demi-frère Valentinien II (âgé de 4 ans). Dès 376, Gratien se débarrasse des amis pannoniens de son père et prend pour conseiller principal son vieux précepteur, le poète gaulois Ausone, de Bordeaux. En Orient, la guerre reprend (377) lorsque des peuplades de Wisigoths et d’Ostrogoths, poussés par l’attaque des Huns en 375, rejoignent les Wisigoths menés par Fritigern et christianisés par Ulfila, que Valens avait installés en Thrace (376) en leur accordant les privilèges de fédérés. Mécontents de leurs conditions, affamés, les Wisigoths se révoltent. Valens qui veut les anéantir est battu et tué le 9 août 378 à la bataille d’Andrinople. Les vainqueurs s’installent sur l’ensemble des territoires situés entre mer Noire et Adriatique et ne seront soumis que par Théodose Ier. Dénués d’ambitions personnelles, V. et Valens ont tenté de soulager les classes inférieures (humiliores) écrasées par la pression fiscale et la corruption des fonctionnaires (création d’avocats des pauvres ; distributions gratuites à Rome). Ils ont également essayé d’améliorer le sort des curiales mais leur règne voit malgré tout s’alourdir le poids de l’armée, de la bureaucratie et pour V. tout du moins, une affaire de magie le prive à Rome de l’appui du Sénat.
Bibliographie : A. Chastagnol, Le Bas-Empire, 2e éd., 1991.
Liens utiles
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- Gratien, Flavius GratianusFils de Valentinien Ier, il monta sur le trône de l'empire romain d'Occident en 367.
- Valentinien Ier
- Valentinien II370-392Fils cadet de Valentinien Ier, il eut une destinée malheureuse : désigné pour succéder à sonpère en 375, à l'âge de cinq ans, il fut assassiné en 392 par les soldats du général Arbogast, quioffrit l'empire à l'usurpateur Eugène .
- Théodose Ier le Grand, Flavius Théodosius347-395Comme Constantin, le premier empereur chrétien, Théodose, qui fut le dernier empereurchrétien d'Occident et d'Orient avant la prise de Rome par Alaric, mérite également lesurnom de Grand.