UHLAND Ludwig
UHLAND Ludwig. Poète lyrique allemand. Né à Tübingen (Wurtemberg-Hohen-zollern) le 26 avril 1787, mort dans cette même ville le 13 novembre 1862. Son grand-père était professeur à la faculté de théologie et son père secrétaire de l’université. L’enfant grandit donc dans un milieu de bourgeoisie cultivée qui laissa des traces dans son comportement, calme et rationnel. Il fut reçu docteur en droit en 1810; mais il s’occupait en même temps de poésie et d’études littéraires. A peine âgé de vingt ans, il avait déjà écrit quelques-uns de ses plus beaux poèmes. La première édition (1815) comprend deux bons tiers de toute sa production lyrique. Cependant, les années passées à Heidelberg — où entre autres il se lia d’amitié avec Justinus Kerner — l’avaient introduit dans le cercle des romantiques et lui avaient donné le goût de la poésie médiévale. Aussi le long séjour à Paris, qu’il fit aussitôt après sa licence, fut-il consacré à des études philologiques et à des recherches de bibliothèque. Le résultat en fut un essai sur l’ancienne poésie épique française et des traductions de poèmes français du Moyen Age. Pendant une brève période, il fut fonctionnaire, de 1812 à 1814; puis il devint avocat; mais cette dernière activité passa au second plan lorsque se présenta le problème politique de la constitution, oui devait passionner les intellectuels d’Allemagne de 1815 à 1849. D’abord par son activité de journaliste, puis comme député à partir de 1819, Uhland se rangea du côté des libéraux et combattit par ses écrits et ses discours, en conservant une position de centre gauche. En 1820, il épousa Emilie Vischer, qui pendant quarante-deux ans fut sa fidèle compagne et son intelligente collaboratrice (elle lui survécut dix-neuf ans et lui consacra une biographie). Cependant, en 1818, le meilleur de ses drames historiques, Ernest de Souabe, était publié, et en 1822 paraissait sa remarquable étude sur Walther von der Vogelweide, suivie d’une série d’études sur la langue et la littérature germaniques médiévales. En 1829, Uhland fut nommé à la chaire de littérature allemande de sa ville natale, où il fut pendant quatre ans un excellent maître (le recueil de ses cours en témoigne); mais, une fois encore, il préféra abandonner ses fonctions pour se consacrer plus librement à la lutte politique. Cependant, lorsque en 1849 les séances de 1 Assemblée nationale furent empêchées par la force des baïonnettes, il se réfugia pour toujours dans la vie privée. Il consacra les dernières années de sa vie à ses chères études sur le Moyen Age, et écrivit surtout des essais sur la mythologie nordique. Des trois activités où se déploya sa personnalité : poésie, politique et philologie, ce fut pourtant sûrement la première qui lui valut une place importante dans l’histoire du romantisme allemand — v. ses Ballades.