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Ubuesque - Ultramontanisme - Unanimisme - Underground - Unités (règle des) - Univoque - Utopie - Vanité - Vaudeville - Vénalité - Vers - Weltanschauung

Ubuesque

D’un comique et d’une absurdité énormes par allusion à Ubu personnage d’Alfred Jarry (1873-1907). UBUESQUE adj. - Qui, par son caractère grotesque et néfaste, évoque le personnage d’Ubu. ÉTYM. : d’après le nom du personnage central qu’Alfred Jarry met en scène dans sa pièce Ubu roi (1896). —► Grotesque UBUESQUE. adj. Qui a un caractère digne du «père Ubu», personnage créé par Alfred Jarry (Ubu Roi, 1896), lequel se montre grotesque, énorme, caricaturalement cruel dans l’exercice du pouvoir. Le régime de «l’empereur » Bokassa Ier était parfaitement ubuesque. Ultramontanisme Doctrine favorable à une primauté de l’autorité du pape sur celle du roi de France pour ce qui touche à l’organisation de l’Église. ULTRAMONTANISME. Nom donné à l'ensemble des doctrines favorables à l'autorité du pape. L'ultramontanisme s'oppose au gallicanisme. Unanimisme Mouvement littéraire, dont le principal animateur fut Jules Romains, qui se proposait de donner la priorité à l’évocation des états d’âme collectifs. Il s’agissait d’exprimer la « vie unanime » des communautés comme l’exprime un titre de Jules Romains (La Vie unanime, 1908), ce qui était une manière de réagir contre une littérature centrée sur l’individu. Underground Terme d’origine américaine désignant la culture « souterraine » qui s’élabore en dehors des circuits officiels ou commerciaux. Unités (règle des) Règle relative à la structure des pièces de théâtre à l’époque classique. Ces règles sont formulées par Boileau dans son Art poétique : « Qu’en un lieu, qu’en un jour, un seul fait accompli Tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli. » • L’unité de lieu exige que l’ensemble des événements se passe au même endroit. Il peut s’agir d’une même pièce, d’une place publique, mais parfois aussi d’un même palais ou d’une même ville. • « L’unité de temps exige que l’ensemble des péripéties qui constituent l’action se déroule en une seule journée. • « L’unité d’action exige que l’attention soit concentrée sur une seule crise, mais celle-ci peut comporter évidemment plusieurs péripéties. Ces règles sont appliquées avec plus ou moins de rigueur. Corneille s'y conforme moins que Racine et le genre comique prend plus de libertés avec elles que les genres sérieux (tragédie et tragi-comédie). Univoque Qui n’a qu’un seul sens, monosémique. « Touareg », « aorte », « coupe-papier » sont des mots univoques. À l’opposé, « nature » est un mot « plurivoque » ou « polysémique ». Utopie 1. Projet parfois très élaboré d’une société considérée comme idéale. Le mot est dû à Thomas Morus (ou Thomas More), penseur anglais, qui, dans L’Utopie (1516), imagina une société de ce type. L’abbaye de Thélème imaginée par Rabelais {Gargantua) ou le « phalanstère », communauté idéale conçue par Fourier (1772-1837), constituent des utopies. 2. Conceptions chimériques. Vanité Ce qui pousse un individu à se mettre en valeur aux yeux d’autrui. On oppose souvent l’individu vaniteux, préoccupé de briller devant son entourage à « l’orgueilleux », suffisamment convaincu de sa valeur pour ne pas rechercher avec avidité l’approbation d’autrui. Vaudeville 1. Au xviiie siècle, pièce comique entrecoupée de parties chantées ou dansées. 2. Aujourd’hui, pièce comique tirant surtout ses effets de situations cocasses, d’un rythme endiablé et de jeux de mots. Georges Feydeau (1862-1921) est considéré comme le maître du genre (Mais n’te promène donc pas toute nue, Le Fil à la patte). Vénalité 1. Le fait de pouvoir être obtenu contre une somme d’argent. Jusqu’à la Révolution de 1789, les emplois dans l’administration s’obtenaient contre le versement d’une somme d’argent ; c’est que l’on appelait la « vénalité des charges » ou la « vénalité des offices ». Le mot ne comportait pas, dans ce sens, l’idée de corruption. 2. Le fait de donner des avantages contre de l’argent en contrevenant aux règles en vigueur. Le mot pourra s’appliquer à un politicien qui facilite l’obtention d’un marché contre rémunération, à un présentateur de télévision, qui pour les mêmes raisons, fait de la publicité clandestine à l’écran. Verbalisme Ce qui caractérise un énoncé sans consistance, fait de mots et de développements creux. Vérisme 1. Mouvement littéraire italien de la fin du xixe siècle qui réagit contre le romantisme comme l’avaient fait en France le réalisme et le naturalisme. 2. Caractère d’une œuvre soucieuse de « coller à la réalité ». Vers Fragment d’un développement littéraire se caractérisant par le fait que la longueur des segments, la place des syllabes accentuées et de certaines sonorités obéissent à des règles (qui imposent un certain nombre de régularités). La longueur des segments est comptée en syllabes. L’alexandrin a toujours douze syllabes, l'octosyllabes huit, etc. L’alexandrin traditionnel est formé de deux hémistiches de six syllabes et comporte deux accents fixes. Les vers traditionnels comportent des rimes. En dehors de contraintes de ce type, l’écrivain est libre pour la répartition des autres accents, des sonorités, des coupes. Il faut parler de « syllabes » et non de « pieds » à propos du vers français. Le mot «pied» est employé pour les langues, comme le grec et le latin, qui comportent des syllabes longues et des syllabes brèves. Verset 1. Phrase ou petit paragraphe numéroté dans la Bible. Les citations de la Bible renvoient à ces numéros : Matthieu, II, 14 renvoie au 14e verset du second Évangile selon saint Matthieu. 2. Séquence prononcée d’une seule respiration qui, pour Claudel, constitue l’unité de base de la poésie non versifiée. Versificateur Celui qui écrit des vers. Le mot est toujours employé avec une nuance péjorative et opposé à « poète ». On sous-entend, en effet, que le versificateur possède seulement — et parfois très bien — la technique du vers, mais qu’il n’a pas les dons nécessaires pour faire véritablement œuvre de poète, de créateur. Vers libre 1. Terme employé, notamment à propos de La Fontaine, pour parler du mélange de différents types de vers sans le souci de construire des strophes de même structure. 2. Vers ne respectant pas un certain nombre de contraintes caractéristiques du vers traditionnel. Dans un premier temps (symbolisme, fin du xixe siècle), les « vers-libristes » refusent le rôle de la césure et les contraintes liées à la position des syllabes accentuées. La fonction de la rime est aussi atténuée par la prolifération des enjambements. Enfin, la rime disparaît, ce qui fait disparaître, par là même, les contraintes liées à la longueur du vers (nombre de syllabes). À ce dernier stade, on parle indifféremment de « vers libre » ou de prose poétique. Vocabulaire Ensemble des mots dont dispose un individu, des mots pouvant être répertoriés dans une œuvre ou encore des mots qui constituent une langue. Dans ces sens, le mot équivaut approximativement à « lexique ». Certains linguistes souhaitent employer le mot « lexique » pour les faits de langue (les mots disponibles pour l’ensemble des locuteurs) et le mot « vocabulaire » pour les faits de parole (les mots effectivement utilisés), mais un certain flottement demeure dans ce domaine. Vraisemblance Pour les événements, les propos, les sentiments, les pensées présentés dans une œuvre de fiction ou rapportés, le fait de donner l’impression qu’ils auraient pu effectivement se présenter de la même façon dans la réalité. Cette notion de vraisemblance est importante en littérature puisque tout le travail de l’écrivain consiste à créer une illusion. Boileau disait déjà « Le vrai peut quelquefois n’être pas vraisemblable » et Zola répondait à ses détracteurs qu’il avait dû, paradoxalement, atténuer la vérité pour que ses romans soient vraisemblables. . Attention, un seul « s ». Vulgarisateur Personne mettant à la portée du grand public les connaissances des spécialistes. Jean Rostand pour la biologie, Hubert Reeve pour la physique, Alain Decaux pour l’histoire ont fait ou font œuvre de vulgarisation. Rien à voir avec la « vulgarité » sinon une origine commune, le mot latin vulgus qui signifie « le commun des hommes ». Weltanschauung Comportement global fait à la fois d’une vision du monde et d’une attitude pratique qui lui est indissociablement liée. Ce terme, qui vient de l’allemand, signifie littéralement « vision intuitive » (anschauung) du monde (welt). Il peut être appliqué à un individu ou à une communauté.  

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