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TYRANNIE

Régime politique qui exista dans de nombreuses cités de la Grèce antique. Le tyran grec (tyrannos) n'était pas toujours un souverain despotique, injuste et cruel. C'était essentiellement un dictateur populaire, qui luttait contre l'aristocratie ou les citoyens riches. La tyrannie prépara souvent l'établissement de la démocratie en brisant l'oligarchie, en confisquant les terres ou en frappant de lourds impôts les propriétaires fonciers et en favorisant au contraire les petits cultivateurs par l'abolition des dettes. Ce qui distinguait le tyran du roi, c'est que le pouvoir du tyran n'était pas légitime, c'est-à-dire qu'il n'était pas revêtu d'un caractère religieux. Le tyran, généralement un chef de faction, s'emparait de l'État par un coup de force et régnait par la contrainte et par la démagogie. Ses réformes sociales lui valaient la faveur populaire, et, de fait, la tyrannie fut le plus souvent favorable aux citoyens les plus pauvres. Elle a mis la violence et l'arbitraire au service de la démocratie sociale. Les premiers tyrans sont apparus au début du VIIe s. av. J.-C. dans les villes grecques d'Asie Mineure (Milet, Éphèse, Chio, Lesbos), puis, en Grèce propre, entre 670 et 640, à Sicyone, Corinthe, Mégare. À Athènes, Pisistrate et ses fils établirent la tyrannie de 560 à 510. Après leur défaite dans la guerre du Péloponnèse, les Athéniens connurent le régime des Trente Tyrans (404/03) (v.), qui ne fut, à vrai dire, qu'une réaction aristocratique imposée par le vainqueur spartiate. À l'époque classique, la terre d'élection de la tyrannie fut la Grande-Grèce (Sicile et Italie du Sud). À Syracuse, où le conflit entre aristocrates et démocrates fut particulièrement long et violent, la tyrannie s'imposa dans la première moitié du Ve s. avec Gélon et Hiéron, puis pendant presque tout le IVe s. avec Denys l'Ancien et Denys le Jeune. À la même époque, Tarente avait pour tyran Archytas.

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