Databac

TURKMÉNISTAN

État d'Asie centrale situé au S. de l'Amou-Daria et bordé au N. par le Kazakhstan, à l'E. par l'Ouzbékistan, au S. par l'Afghanistan et l'Iran et à l'O. par la mer Caspienne ; capitale Achgabat. Le territoire turkmène, organisé autour de grandes confédérations tribales partagées entre les puissances persane du Khorosan et ouzbèke (khanat de Khiva), fut colonisé par la Russie à partir de 1877. En 1924, le Turkménistan devint une république fédérée de l'URSS. Le pouvoir soviétique entreprit la construction du canal du Karakoum, destiné à irriguer les plaines arides du Sud, grâce aux eaux de l'Amou-Daria (1954). La culture du coton, qui alimentait la corruption de l'élite communiste, héritière des clans traditionnels, a abouti à l'épuisement et à la salinisation des terres, et à l'assèchement de la mer d'Aral. En 1989, Achgabat fut le théâtre de pillages et de violentes manifestations contre les autorités. Après la proclamation de l'indépendance du pays (27 oct. 1991), Separmourad Niazov, ancien premier secrétaire du parti communiste (1985/91), fut élu président (21 juin 1992). Son mandat fut prolongé par référendum en 1994, alors qu'il n'existait pas d'opposition politique légale et que l'État contrôlait tous les médias. Organisateur d'un véritable culte de la personnalité, connu dans son pays sous le nom de Turkmenbashi (« le père de tous les Turkmènes »), il devint président à vie après les législatives de déc. 1999, qui ne furent pas reconnues par l'OSCE. Le Turkménistan, handicapé par les dépenses somptuaires de son président, peinait à trouver des débouchés pour son gaz naturel, tant le pays était isolé sur le plan diplomatique, malgré ses liens avec la Turquie, dont les Turkmènes sont proches par la langue et la pratique de l'islam sunnite. Pourtant les réserves gazières et pétrolières, à l'aube du IIIe millénaire, font du Turkménistan un enjeu géopolitique pour les pays émergents d'Asie, comme pour les États-Unis.

Liens utiles