TRAVAILLISTE (parti)
Parti politique anglais issu des Trade Unions (v. SYNDICATS, Le développement des syndicats dans le monde. En Angleterre). Dès 1874, deux mineurs siégèrent aux Communes, mais, jusqu'en 1900, les députés ouvriers ne constituèrent pas un groupe séparé et s'affiliaient aux libéraux. En 1881, H. M. Hyndman créa la Fédération démocratique, qui, devenue trois ans plus tard la Fédération sociale-démocrate, adhérait aux idées marxistes. Beaucoup plus influente dans la genèse du parti travailliste devait être la Fabian Society, qui groupait, avec Sidney et Beatrice Webb (v.) et G. B. Shaw, des intellectuels bourgeois convaincus que le socialisme pouvait se réaliser, progressivement, par des moyens démocratiques. En 1888 se créa un parti travailliste écossais, dont le chef, Keir Hardie, fut élu aux Communes en 1892. L'ancêtre direct de l'actuel Labour Party fut le parti travailliste indépendant (Independent Labour Party, ILP), fondé en 1893 par Keir Hardie et J. Ramsay MacDonald.
À la suite des efforts communs de l'ILP, d'autres groupes socialistes (notamment la Fabian Society) et des Trade Unions fut créé, en 1900, un Comité de représentation travailliste (Labour Representation Committee), avec Ramsay MacDonald pour secrétaire. Aux élections de 1906, ce comité prit le nom de Labour Party. Cependant, jusqu'en 1918, le parti travailliste resta une fédération de syndicats et de groupes socialistes et ne reçut pas d'adhésions individuelles. Durant la Première Guerre mondiale, la majorité du parti décida de soutenir l'effort de guerre, et Ramsay MacDonald, fidèle à ses convictions pacifistes, s'effaça devant Arthur Henderson, qui participa aux cabinets de coalition formés jusqu'en 1917. Le parti travailliste, qui avait obtenu 2 millions de suffrages et soixante députés aux élections de 1918, continua ses progrès dans l'immédiat aprèsguerre, à la faveur du chômage et des dissensions qui affaiblissaient le parti libéral. Dès 1922, le Labour était reconnu officiellement comme le parti de l'opposition, et, en janv. 1924, avec l'appui des libéraux, Ramsay MacDonald forma le premier cabinet travailliste, qui ne dura que quelques mois. En 1929, le Labour devint le premier parti des Communes, sans toutefois disposer de la majorité absolue. MacDonald, ayant obtenu l'appui des libéraux, forma un second cabinet travailliste (1929/31), qui ne résista pas aux conséquences de la crise économique mondiale. MacDonald, ayant alors accepté de former un gouvernement d'union nationale avec les libéraux et les conservateurs, fut expulsé avec ses amis du parti travailliste. Mais celui-ci subit un véritable désastre aux élections d'oct. 1931, sa représentation aux Communes se réduisant de 289 à 46 députés. Clement Attlee, à la tête du parti (1935), se montra, au contraire, de plus en plus favorable à une croisade des démocraties contre les dictatures hitlérienne et fasciste, et les travaillistes luttèrent contre la politique « munichoise » de Neville Chamberlain. À la chute de celui-ci, en mai 1940, les travaillistes entrèrent dans le cabinet de guerre de Churchill, où ils devaient siéger jusqu'à la fin des hostilités.
000200000CEF00000C44 CE9,Aux élections de juill. 1945, le Labour Party s'assura pour la première fois la majorité absolue aux Communes, avec 394 sièges sur 640. Le cabinet Attlee (1945/51) réalisa la nationalisation des industries clés et des transports, établit un système très étendu de sécurité sociale et entreprit la décolonisation dans l'Empire britannique (indépendance de l'Inde, 1947). Les travaillistes virent leur majorité parlementaire réduite à six sièges après les élections de févr. 1950. Divisés par la démission de plusieurs ministres représentant la tendance de gauche (parmi lesquels Aneurin Bevan et Harold Wilson), les travaillistes perdirent le pouvoir aux élections d'oct. 1951 et furent remplacés par les conservateurs. La direction du parti passa en 1955 d'Attlee à Hugh Gaitskell ; à la mort de ce dernier (1963), Harold Wilson devint le chef des travaillistes. De nouveau battus aux élections de 1955 et de 1959, les travaillistes revinrent au pouvoir grâce aux élections de 1964, et accrurent leur majorité en 1966.
Premier ministre de 1964 à 1970, Wilson commit l'erreur de procéder à des élections anticipées qui ramenèrent les conservateurs au pouvoir. Rejeté dans l'opposition, le Labour Party se divisa sur l'entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché commun ; en oct. 1973, le courant de gauche prévalut au congrès de Blackpool, qui se prononça pour un vaste programme de nationalisations. De nouveau au pouvoir en mars 1974, mais sans majorité absolue, Wilson renégocia les termes de l'adhésion de l'Angleterre au Marché commun et fit approuver la politique européenne par un référendum, mais il dut faire face à des difficultés économiques considérables dues à la récession mondiale. Après la surprenante démission de Wilson (16 mars 1976), c'est le modéré James Callaghan qui fut désigné comme leader.
Aux élections de mai 1979, les travaillistes subirent un échec lié pour l'essentiel à leur incapacité de venir à bout de la crise économique, et durent abandonner le pouvoir. James Callaghan démissionna de la direction du parti le 15 oct. 1980 et fut remplacé par son rival de l'aile gauche, Michael Foot. Plusieurs députés en vue quittèrent alors le Labour, pour fonder un parti social-démocrate (SDP) proeuropéen et allié aux libéraux. Les événements continuèrent, du fait de la crise, à tourner au désavantage des travaillistes. En 1983, Michael Foot, qui avait présenté un programme très axé à gauche, fut remplacé à la tête du parti par un Gallois, Neil Kinnock. Aux élections de 1987, les travaillistes obtinrent 229 sièges et 30,8 % des voix, contre 376 aux conservateurs (42,3 % des voix). Malgré leur remontée électorale, les travaillistes furent défaits aux élections d'avr. 1992. Démissionnaire, Neil Kinnock fut remplacé par John Smith en juin. Celui-ci fut emporté par une crise cardiaque le 12 mai 1994. Il fut remplacé le 21 juill. 1994 par Tony Blair, représentant du courant « modernisateur » au sein du parti. Ce dernier mena son parti à la victoire lors des élections législatives de mai 1997, à l'issue desquelles les travaillistes conquirent 419 sièges sur 659. Tony Blair devint Premier ministre. En juin 2001, pour la première fois, un chef de gouvernement travailliste obtint un second mandat consécutif après sa victoire aux législatives (412 sièges aux Communes).
0002000000EC0000192D E7,Il existe également des partis travaillistes dans plusieurs États membres du Commonwealth (Australie, Nouvelle-Zélande...). Les partis sociaux-démocrates norvégien et israélien portent le nom de parti travailliste.
TRAVAILLISTE (Parti, en angl. Labour Party). Parti socialiste britannique fondé en 1900. Réformiste, étranger à tout dogmatisme, le parti noua, dès son origine, des liens très étroits avec les syndicats dont il garde l'empreinte aussi bien dans sa structure (adhésions massives de syndicalistes dont les contributions sont essentielles au financement du parti), que dans ses méthodes d'action. D'abord arbitre entre les deux grands partis traditionnels, le Parti conservateur et le Parti libéral, le Parti travailliste (qui prit ce nom en 1906) gagna bientôt en influence. Dirigé par J. Ramsay MacDonald, il fut au pouvoir en 1924 puis de 1929 à 1931, et soutint la politique de Winston Churchill lors de la Seconde Guerre mondiale. À nouveau à la tête du gouvernement de 1945 à 1951 (C. Attlee), il fit voter d'importantes réformes économiques et sociales. Le parti revint au pouvoir entre 1964 et 1970 et à partir de 1974 (Harold Wilson) puis de 1976 à 1980 (James Callaghan). Depuis 1980, il est dans l'opposition. Voir Thatcher (Margaret).
Liens utiles
- Saint-Vincent et les Grenadines (2005-2006): Le Parti travailliste reconduit
- Australie (1982-1983) La victoire du Parti travailliste
- Bermudes (1998-1999): Le Parti travailliste progressiste (PLP) accède au pouvoir
- Société Fabienne (Fabian Society)A l'origine du parti travailliste (né en 1906), cette société socialisteanglaise fondée en 1884 s'appuie sur les idées de l'homme politiqueromain Fabius Cunctator.
- Objet d'étude : La poésie du XIX et du XX siècle. Parcours complémentaire : Alchimie poétique : réinventer le monde. Analyse linéaire 2/2 « Le Pain », Francis Ponge, Le Parti pris des choses, 1942