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TRANSNISTRIE

En créant, le 12 octobre 1924, la république autonome de Moldavie sur la rive gauche du Dniestr - 7 516 km2 (par la suite 8 434 km2), capitale Balta, ensuite Tiraspol (1928) -, l’URSS fonde « le berceau de la Roumanie soviétique », un Piémont conçu sur le même modèle que les républiques carélo-finnoise et tadjike, et destiné à préparer le rattachement de la Bessarabie, voire de la Roumanie toute entière, à l’URSS. La république autonome comporte une forte minorité (30,3 %) moldave (roumaine), mais 48,8 % de sa population est ukrainienne et 8,6 % russe. Une partie de son territoire (3 400 km2) est réunie à la Bessarabie pour former (2 août 1940) la République socialiste soviétique de Moldavie.

Cette Moldavie « transnistrienne » (1935) est appelée « Transnistria » à partir de 1936 par les Moldaves réfugiés en Roumanie, qui défendent le caractère roumain de cette province conquise par la Russie sur les Ottomans (traité de Iaşi, 1792).

Occupée par les armées allemande et roumaine en juillet 1941, la Transnistrie, entre la mer Noire au sud et les rivières Nemija, Ljadova et Riv au nord (environ 40 000 km2, capitale Odessa), est administrée de 1941 à 1943 au nom de la Roumanie par un civil nommé gouverneur, George Alexianu (1897-1946). Durant cette période, elle sert de lieu de déportation à plus de 200 000 Juifs et à environ 25 000 Tsiganes de Roumanie que le régime Antonescu installe dans des camps (Dalnik, Mohilev), sans les livrer aux autorités allemandes. Plus de la moitié des déportés ont péri à la suite de maladies, de faim ou des massacres perpétrés par les troupes roumaines et allemandes en 1941-1942. Reconquise par l’armée soviétique en août 1944, elle est à nouveau rattachée à l’Ukraine, à l’exception de 4 200 km2 réunis à la Moldavie soviétique (23 avril 1947).